1

Par quels moyens les auteurs des textes du corpus invitent-ils à réfléchir à la condition féminine de leurs temps ?

Bonjour/Bonsoir
Alors voilà j'ai une question de corpus à faire sauf que j'ai beaucoup de mal à trouver un plan surtout par rapport au fait que je ne comprennes pas très bien la question en elle-même.
Par quels moyens les auteurs des textes du corpus invitent-ils à réfléchir à la condition féminine de leurs temps ?
Voici les textes du corpus:
Texte 1: Molière, L'école des Femmes, acte III scène 2
   

Le mariage, Agnès, n’est pas un badinage.
À d’austères devoirs le rang de femme engage :
Et vous n’y montez pas, à ce que je prétends,
Pour être libertine et prendre du bon temps.
Votre sexe n’est là que pour la dépendance.
Du côté de la barbe est la toute-puissance.
Bien qu’on soit deux moitiés de la société,
Ces deux moitiés pourtant n’ont point d’égalité :
L’une est moitié suprême, et l’autre subalterne :
L’une en tout est soumise à l’autre qui gouverne.
Et ce que le soldat dans son devoir instruit
Montre d’obéissance au chef qui le conduit,
Le valet à son maître, un enfant à son père,
À son supérieur le moindre petit frère,
N’approche point encor de la docilité,
Et de l’obéissance, et de l’humilité,
Et du profond respect, où la femme doit être
Pour son mari, son chef, son seigneur, et son maître.
Lorsqu’il jette sur elle un regard sérieux,
Son devoir aussitôt est de baisser les yeux ;
Et de n’oser jamais le regarder en face
Que quand d’un doux regard il lui veut faire grâce.

Texte 2: Jaucourt, Article "Femmes" de l' Encyclopédie

Femme, (Droit nat.) en latin uxor, femelle de l’homme, considérée en tant qu’elle lui est unie par les liens du mariage. Voyez donc Mariage & Mari.

L’Etre suprème ayant jugé qu’il n’étoit pas bon que l’homme fût seul, lui a inspiré le desir de se joindre en société très-étroite avec une compagne, & cette société se forme par un accord volontaire entre les parties. Comme cette société a pour but principal la procréation & la conservation des enfans qui naîtront, elle exige que le pere & la mere consacrent tous leurs soins à nourrir & à bien élever ces gages de leur amour, jusqu’à ce qu’ils soient en état de s’entretenir & de se conduire eux-mêmes.
Mais quoique le mari & la femme ayent au fond les mêmes intérêts dans leur société, il est pourtant essentiel que l’autorité du gouvernement appartienne à l’un ou à l’autre : or le droit positif des nations policées, les lois & les coûtumes de l’Europe donnent cette autorité unanimement & définitivement au mâle, comme à celui qui étant doüé d’une plus grande force d’esprit & de corps, contribue davantage au bien commun, en matiere de choses humaines & sacrées ; ensorte que la femme doit nécessairement être subordonnée à son mari & obéir à ses ordres dans toutes les affaires domestiques. C’est-là le sentiment des jurisconsultes anciens & modernes, & la décision formelle des législateurs.
Aussi le code Frédéric qui a paru en 1750, & qui semble avoir tenté d’introduire un droit certain & universel, déclare que le mari est par la nature même le maître de la maison, le chef de la famille ; & que dès que la femme y entre de son bon gré, elle est en quelque sorte sous la puissance du mari, d’où découlent diverses prérogatives qui le regardent personnellement. Enfin l’Ecriture-sainte prescrit à la femme de lui être soûmise comme à son maître.
Cependant les raisons qu’on vient d’alléguer pour le pouvoir marital, ne sont pas sans replique, humainement parlant ; & le caractere de cet ouvrage nous permet de le dire hardiment.
Il paroît d’abord 1°. qu’il seroit difficile de démontrer que l’autorité du mari vienne de la nature ; parce que ce principe est contraire à l’égalité naturelle des hommes ; & de cela seul que l’on est propre à commander, il ne s’ensuit pas qu’on en ait actuellement le droit : 2°. l’homme n’a pas toûjours plus de force de corps, de sagesse, d’esprit, & de conduite, que la femme : 3°. le précepte de l’Ecriture étant établi en forme de peine, indique assez qu’il n’est que de droit positif. On peut donc soûtenir qu’il n’y a point d’autre subordination dans la société conjugale, que celle de la loi civile, & par conséquent rien n’empêche que des conventions particulieres ne puissent changer la loi civile, dès que la loi naturelle & la religion ne déterminent rien au contraire.

Texte 3 : Voltaire, Femmes, soyez soumises à vos maris!

L’abbé de Châteauneuf la rencontra un jour toute rouge de colère. « Qu’avez-vous donc, madame ? » lui dit-il.
— J’ai ouvert par hasard, répondit-elle, un livre qui traînait dans mon cabinet ; c’est, je crois, quelque recueil de lettres ; j’y ai vu ces paroles[2] : Femmes, soyez soumises à vos maris ; j’ai jeté le livre.
— Comment, madame ! Savez-vous bien que ce sont les Épîtres de saint Paul ?
— Il ne m’importe de qui elles sont ; l’auteur est très impoli. Jamais Monsieur le maréchal ne m’a écrit dans ce style ; je suis persuadée que votre saint Paul était un homme très difficile à vivre. Était-il marié ?
— Oui, madame.
— Il fallait que sa femme fût une bien bonne créature : si j’avais été la femme d’un pareil homme, je lui aurais fait voir du pays. Soyez soumises à vos maris ! Encore s’il s’était contenté de dire : Soyez douces, complaisantes, attentives, économes, je dirais : Voilà un homme qui sait vivre ; et pourquoi soumises, s’il vous plaît ? Quand j’épousai M. de Grancey, nous nous promîmes d’être fidèles : je n’ai pas trop gardé ma parole, ni lui la sienne ; mais ni lui ni moi ne promîmes d’obéir. Sommes-nous donc des esclaves ? N’est-ce pas assez qu’un homme, après m’avoir épousée, ait le droit de me donner une maladie de neuf mois, qui quelquefois est mortelle ? N’est-ce pas assez que je mette au jour avec de très grandes douleurs un enfant qui pourra me plaider quand il sera majeur ? Ne suffit-il pas que je sois sujette tous les mois à des incommodités très désagréables pour une femme de qualité, et que, pour comble, la suppression d’une de ces douze maladies par an soit capable de me donner la mort sans qu’on vienne me dire encore : Obéissez ?
« Certainement la nature ne l’a pas dit ; elle nous a fait des organes différents de ceux des hommes ; mais en nous rendant nécessaires les uns aux autres, elle n’a pas prétendu que l’union formât un esclavage. Je me souviens bien que Molière a dit  :
Du côté de la barbe est la toute-puissance.
Mais voilà une plaisante raison pour que j’aie un maître ! Quoi ! Parce qu’un homme a le menton couvert d’un vilain poil rude, qu’il est obligé de tondre de fort près, et que mon menton est né rasé, il faudra que je lui obéisse très humblement ? Je sais bien qu’en général les hommes ont les muscles plus forts que les nôtres, et qu’ils peuvent donner un coup de poing mieux appliqué : j’ai peur que ce ne soit là l’origine de leur supériorité.
« Ils prétendent avoir aussi la tête mieux organisée, et, en conséquence, ils se vantent d’être plus capables de gouverner ; mais je leur montrerai des reines qui valent bien des rois. On me parlait ces jours passés d’une princesse allemande[4] qui se lève à cinq heures du matin pour travailler à rendre ses sujets heureux, qui dirige toutes les affaires, répond à toutes les lettres, encourage tous les arts, et qui répand autant de bienfaits qu’elle a de lumières. Son courage égale ses connaissances ; aussi n’a-t-elle pas été élevée dans un couvent par des imbéciles qui nous apprennent ce qu’il faut ignorer, et qui nous laissent ignorer ce qu’il faut apprendre. Pour moi, si j’avais un État à gouverner, je me sens capable d’oser suivre ce modèle. »

Texte 4: Simone de Beauvoir, Le Deuxième Sexe

Comment les femmes auraient-elles jamais eu du génie alors que toute possibilité d’accomplir une œuvre géniale – ou même une œuvre tout court – leur était refusée ? La vieille Europe a naguère accablé de son mépris les Américains barbares qui ne possédaient ni artistes ni écrivains : « Laissez-nous exister avant de nous demander de justifier notre existence », répondit en substance Jefferson. Les Noirs font les mêmes réponses aux racistes qui leur reprochent de n’avoir produit ni un Whitman ni un Melville. Le prolétariat français ne peut non plus opposer aucun nom à ceux de Racine ou de Mallarmé. La femme libre est seulement en train de naître ; quand elle se sera conquise, peut-être justifiera-t-elle la prophétie de Rimbaud : « Les poètes seront ! Quand sera brisé l’infini servage de la femme, quand elle vivra pour elle et par elle, l’homme – jusqu’ici abominable – lui ayant donné son renvoi, elle sera poète elle aussi ! La femme trouvera l’inconnu ! Ses mondes d’idées différeront-ils des nôtres ? Elle trouvera des choses étranges, insondables, repoussantes, délicieuses, nous les prendrons, nous les comprendrons ». Il n’’est pas sûr que ces « mondes d’idées » soient différents de ceux des hommes puisque c’est en s’assimilant à eux qu’elle s’affranchira ; pour savoir dans quelle mesure elle demeurera singulière, dans quelle mesure ces singularités garderont de l’importance, il faudrait se hasarder à des anticipations bien hardies. Ce qui est certain, c’est que jusqu’ici les possibilités de la femme ont été étouffées et perdues pour l’humanité et qu’il est grand temps dans son intérêt et dans celui de tous qu’on lui laisse enfin courir toutes ses chances.

Voilà, à vrai dire j'ai bien analysé tout les textes et compris le sens global de chacun d'eux: le texte 1 montre la vision de Arnolphe sur le mariage, c'est surtout une vision qui met en avant les hommes et qui dit que les hommes sont supérieurs au femmes.
Le texte 2 défend justement la cause des femmes
Le texte 3 défend également la cause des femmes avec de nombreux arguments d'autorité
Le texte 4 la même chose que le texte 3 sauf que c'est d'autant plus une oeuvre autobiographique

Le gros problème dans ce corpus pour moi c'est le terme par "quels moyens"? Sachant que ce chapitre se base sur l'argumentation. A vrai dire j'avais déjà pensé au fait que la condition féminine invitait à réfléchir par rapport à la forme des textes qui sont tous argumentatifs comme l'essai (texte 4) ou encore le dialogue (texte 3) sauf que je ne suis vraiment pas sur de cela.
C'est pour cela que j'aimerais vôtre aide, et savoir s'il est possible que vous m'éclaircissez sur la problématique mais aussi si vous pouviez m'aider à trouver un plan convenable  (je ne vous demande pas la réponse, juste que vous puissiez me donnez quelque pistes que je reformulerai bien sûr)
J' espère que vous pourrez répondre à mon aide.
Merci d'avance pour votre aide et votre compréhension!

2

Par quels moyens les auteurs des textes du corpus invitent-ils à réfléchir à la condition féminine de leurs temps ?

Chaque auteur a utilisé un genre différent.
Texte I : il s'agit d'une tirade dans une pièce de théâtre (Comédie de Molière)
Texte II : un article de l' Encyclopédie
Texte III : un pamphlet satirique écrit par Voltaire
Texte IV : un essai de Simone de Beauvoir

Tu peux chercher aussi qui prend en charge le discours : un personnage, un auteur, une philosophe .../..

3

Par quels moyens les auteurs des textes du corpus invitent-ils à réfléchir à la condition féminine de leurs temps ?

Je vois merci par conséquent je pourrais faire une partie sur le fait que c'est au travers de différent genre que les auteurs amène une réflexion sur la condition de la femme? C'est donc un "moyen" ?
Et quand on parle de genre c'est bien le genre littéraire?

4 (Modifié par floreale 14/05/2019 à 16:07)

Par quels moyens les auteurs des textes du corpus invitent-ils à réfléchir à la condition féminine de leurs temps ?

I. Oui, ce sont des genres littéraires.

II. Tu peux aussi chercher qui parle, qui porte la thèse.

III. Enfin tu peux voir si les textes cherchent à convaincre ( Appel à la raison) ou à persuader (Appel aux sentiments, aux émotions).

Tu aurais alors trois axes pour ta réponse sur les "moyens".

5

Par quels moyens les auteurs des textes du corpus invitent-ils à réfléchir à la condition féminine de leurs temps ?

D'accord merci j'avais une autre question si sa ne te dérange pas?
Grâce à ton aide j'ai pu avoir un axe qui confronte les textes du corpus mais on m'a toujours dit qu'il fallait aussi trouver les similarités entre eux à part la thèse qui est la condition de la femme j'avais pensé au fait que le texte 2 et 4 défendent les conditions de la femme tandis que le 1 et 3 valorisent plutôt l'homme. Cependant je ne vois pas très bien comment formuler ce possible axe auquel j'ai pensé? À moins que ce ne soit hors sujet par rapport aux "moyens" ?

6 (Modifié par floreale 14/05/2019 à 16:17)

Par quels moyens les auteurs des textes du corpus invitent-ils à réfléchir à la condition féminine de leurs temps ?

Le point commun c'est que les quatre textes parlent des relations hommes/femmes.
Certains se réfèrent à l'usage, d'autres au texte biblique, d'autres à l'évolution des lois et à l'évolution du droit des femmes.
Dans les différences, note également l'époque pour chaque texte et tu as raison sur les thèses différentes selon les textes.

7

Par quels moyens les auteurs des textes du corpus invitent-ils à réfléchir à la condition féminine de leurs temps ?

Je vois merci, juste pour savoir et m'assurer: Lors d'une question de corpus pour la conclusion est-il nécessaire de faire une ouverture?

8

Par quels moyens les auteurs des textes du corpus invitent-ils à réfléchir à la condition féminine de leurs temps ?

Seulement si tu trouves une remarque pertinente et en rapport avec les textes.
Le sujet fait toujours débat même aujourd'hui dans l'entreprise, dans le spectacle, en politique ... Et le débat pourrait se prolonger si l'on comparait la situation entre pays même aujourd'hui. Mais tout cela, je crois, sort vraiment de la question posée.

9

Par quels moyens les auteurs des textes du corpus invitent-ils à réfléchir à la condition féminine de leurs temps ?

D'accord encore merci pour ton aide et tes réponses rapides
Grâce à toi j'ai mieux compris son sujet et j'ai pu trouver pas mal de pistes de travail.
Encore merci!

10

Par quels moyens les auteurs des textes du corpus invitent-ils à réfléchir à la condition féminine de leurs temps ?

Tu as bien réfléchi et posé les bonnes questions.