1 (Modifié par Kakui 20/04/2019 à 13:04)

Pourquoi certains maîtres de conférences enseignent l'histoire ou la philo alors qu'ils ont un parcours de lettres ?

Bonjour,

Loin de moi l'idée de vouloir mettre des étiquettes sur tel ou tel enseignant. Cependant, lorsqu'il m'est arrivé de lire un ouvrage quelconque d'un professeur d'université ou d'un maître de conférence, après avoir regardé le profil de ces derniers j'ai découvert que :

- L'un est doyen de la fac de philosophie et enseigne Descartes alors qu'il a fait une licence de lettres modernes et a ensuite fait un master en philosophie puis un doctorat. Comment a-t-il pu basculer en master en philo ? Je pensais que c'était, non pas interdit, mais très difficile et sélectif.

- Un autre avait tout un parcours en philosophie (licence + master) mais qui a fait ensuite un doctorat d'histoire sur le Moyen âge et enseigne cette matière à l'université.

- Une autre enseignante à l'université a fait une licence de droit, un master de lettres modernes et enseigne aujourd'hui Kundera en tant que doctorante en lettres.

- Pour finir, une autres enseignante a fait des études de lettres (licence), master d'histoire pour enseigner la sociologie au final.

Je n'ai absolument rien contre ces parcours, loin de là, j'admire ces parcours mais ma question porte sur le "droit" ou "pas droit". Je pensais que l'université était stricte et que si on commence par une licence en lettres par exemple, on était censé y rester jusqu'au bout. Je précise que les deux premiers ont été à l'ENS et agrégés, est-ce que ça joue dans la volonté de changer de filière ?

Si des enseignants peuvent m'éclairer là-dessus; merci !

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Pourquoi certains maîtres de conférences enseignent l'histoire ou la philo alors qu'ils ont un parcours de lettres ?

Il n'est pas très difficile de changer de filière, il y a plein de possibilités ; quand on a une licence ou un master dans une matière on peut demander par exemple à avoir des équivalences dans une autre matière, et on ne recommence pas en L1 directement. Ensuite, dans le cas de personnes passées par les classes prépa, on demande à la fin de la khâgne une équivalence à bac + 2 dans une matière mais en réalité on peut souvent poursuivre directement dans une autre filière puisque la prépa est pluridisciplinaire. On peut donc apparaître comme ayant un bac + 2 ou +3 en lettres et continuer en Histoire. Tout cela dépend des facs, du niveau, et du profil au cas par cas, il faut faire la demande, mais c'est fréquent. Ensuite, au niveau du doctorat, si on fait un doctorat en Histoire mais en utilisant beaucoup de sociologie par exemple, on peut demander à être recruté en tant que prof de socio (je simplifie, ça s'appelle la procédure de qualification). Donc heureusement tout n'est pas figé dans le marbre dès la L1 ou la L3

Pourquoi certains maîtres de conférences enseignent l'histoire ou la philo alors qu'ils ont un parcours de lettres ?

Je précise que les deux premiers ont été à l'ENS et agrégés, est-ce que ça joue dans la volonté de changer de filière ?

Dans la volonté je ne sais pas, mais dans la facilité sûrement.
Heureusement que le temps des études est celui où l’on peut s’ouvrir à divers domaines et que rien n’est figé dans le marbre comme l'écrit Sohanelle.

Pourquoi certains maîtres de conférences enseignent l'histoire ou la philo alors qu'ils ont un parcours de lettres ?

Je suis d'accord avec les réponses au-dessus.

D'un point de vue institutionnel, être normalien facilite les passages d'un département à un autre au niveau du master / doctorat.

D'un point de vue intellectuel, l'étiquette du master ne montre pas forcément adéquatement le contenu de la formation. Par exemple, j'ai un master d'histoire de la philosophie et je suis maintenant en doctorat de relations internationales. Certes, ça a été une transition importante (et qui m'a demandé beaucoup de travail pour me remettre à niveau), mais mon mémoire de philo était déjà sur la théorie des relations internationales chez tel philosophe, donc j'avais en réalité déjà un pied dans le domaine à l'époque, ce qui ne se verra pas nécessairement sur mon CV.

Bref, rien d'étonnant !

5 (Modifié par Jehan 20/04/2019 à 23:00)

Pourquoi certains maîtres de conférences enseignent l'histoire ou la philo alors qu'ils ont un parcours de lettres ?

Les disciplines sont comme des flaques d'eau : plus le niveau monte, plus elles se rejoignent...
Ce type de parcours est loin d'être rare !

6 (Modifié par Ascagne 22/04/2019 à 01:28)

Pourquoi certains maîtres de conférences enseignent l'histoire ou la philo alors qu'ils ont un parcours de lettres ?

Il ne faut pas en rester au parcours initial quand on pense à des maîtres de conférences (et encore plus à des professeurs). On peut être qualifié dans plus d'une section ; il y a des domaines transversaux ; il existe des équipes pluridisciplinaires ; on peut publier dans d'autres domaines que celui de son doctorat (ce qui compte, c'est la relecture par les pairs) et on peut enseigner au-delà de sa stricte spécialité (évidemment, cela dépend beaucoup du niveau concerné, aussi).