Diderot, Jacques le fataliste

Bonjour à tous, j'ai actuellement un commentaire de texte à réaliser en temps libre sur Jacques Le Fataliste et son maître, et plus précisément sur l'épisode où Jacques offre des jarretières à Denise (p123-124-125). Je n'ai aucune idée de problématique ou encore de plan, pour l'introduction je suis bon. J'ai beau lire le texte, j ne trouve rien à analyser...

Si quelques personnes peuvent me donner des pistes,...

Merci à vous.

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Diderot, Jacques le fataliste

Est-ce cet extrait ? Peux-tu en préciser les limites exactes ?

Denise rougit, se méprit à mon discours, crut que les jarretières étaient pour une autre, devint triste, fit maladresse sur maladresse, cherchait tout ce qu'il fallait pour mon pansement, l'avait sous ses yeux et ne le trouvait pas, renversa le vin qu'elle avait fait chauffer, s'approcha de mon lit pour me panser, prit ma jambe d'une main tremblante, délia mes bandes tout de travers, et quand il fallut étuver ma blessure, elle avait oublié tout ce qui était nécessaire ; elle l'alla chercher, me pansa, et en me pansant je vis qu'elle pleurait.


« Denise, je crois que vous pleurez ; qu'avez-vous ?
— Je n'ai rien.
— Est-ce qu'on vous a fait de la peine ?
— Oui.
— Et qui est le méchant qui vous a fait de la peine ?
— C'est vous.
— Moi ?
— Oui.
— Et comment est-ce que cela m'est arrivé ?


Au lieu de me répondre, elle tourna ses yeux sur les jarretières.


« Eh quoi ! lui dis-je, c'est cela qui vous a fait pleurer ?


— Oui.
— Eh ! Denise, ne pleurez plus, c'est pour vous que je les ai achetées.
— M. Jacques, dites-vous bien vrai ?
— Très vrai ; si vrai que les voilà » ; au même temps je les lui présentai toutes deux, mais j'en retins une. A l'instant il s'échappa un sourire à travers ses larmes. Je la pris par le bras, je l'approchai de mon lit, je pris un de ses pieds que je mis sur le bord, je relevai ses jupons jusqu'à son genou où elle les tenait serrés avec ses deux mains ; je baisai sa jambe, j'y attachai la jarretière que j'avais retenue, et à peine était-elle attachée, que Jeanne sa mère entra.


LE MAÎTRE
Voilà une fâcheuse visite.
JACQUES
Peut-être qu'oui, peut-être que non. Au lieu de s'apercevoir de notre trouble, elle ne vit que la jarretière que sa fille avait entre ses mains. « Voilà une jolie jarretière, dit-elle, mais où est l'autre ?

— A ma jambe, lui répondit Denise. Il m'a dit qu'il les avait achetées pour son amoureuse, et j'ai juré que c'était pour moi. N'est-il pas vrai, maman, que puisque j'en ai mis une, il faut que je garde l'autre ?
— Ah ! M. Jacques, Denise a raison, une jarretière ne va pas sans l'autre, et vous ne voudriez pas lui reprendre celle qu'elle a.
— Pourquoi non ?
— C'est que Denise ne le voudrait pas, ni moi non plus.
— Mais arrangeons-nous, je lui attacherai l'autre en votre présence.
— Non, non, cela ne se peut pas.
— Qu'elle me les rende donc toutes deux.
— Cela ne se peut pas non plus. » »
Mais Jacques et son maître sont à l'entrée du village où ils allaient voir l'enfant et les nourriciers de l'enfant du chevalier de Saint-Ouin. Jacques se tut. Son maître lui dit : « Descendons, et faisons ici une pause.
— Pourquoi ?
— Parce que, selon toute apparence, tu touches à la conclusion de tes amours.
— Pas tout à fait.
— Quand on est arrivé au genou, il y a peu de chemin à faire.
— Mon maître, Denise avait la cuisse plus longue qu'une autre.
— Descendons toujours. »
Ils descendent de cheval, Jacques le premier, et se présentant avec célérité à la botte de son maître, qui n'eut pas plus tôt posé le pied sur l'étrier, que les courroies se détachent et que mon cavalier, renversé en arrière, allait s'étendre rudement par terre, si son valet ne l'eût reçu entre ses bras.


LE MAÎTRE
Eh bien ! Jacques, voilà comme tu me soignes ! Que s'en est-il fallu que je me sois enfoncé un côté, cassé le bras, fendu la tête, peut-être tué ?
JACQUES
Le grand malheur !
LE MAÎTRE
Que dis-tu, maroufle ? Attends, attends, je vais t'apprendre à parler.