1

Hésitation entre psychologie et prépa littéraire

Bonjour,
Je poste ce message en sachant bien que j'ai encore du temps pour penser à Parcoursup, mais j'aimerais obtenir quelques conseils.
Je suis actuellement en première littéraire et tout se passe pour le mieux. Je m'épanouis et j'adore toutes les matières, en dehors de la physique qui m'intéresse moins. J'ai environ 16,5 de moyenne générale (c'était pour contextualiser)
Je suis vivement intéressée par la classe préparatoire littéraire. Je suis persuadée, ainsi que mon encourage -profs, parents- que ce choix d'études serait le plus adapté au vu de mon profil et il me fait très envie. Mais voilà, je suis actuellement tiraillée avec un "métier de coeur" qui me pousse à revoir mes envies d'orientation, c'est à dire le métier de psychologue. Étant malade depuis de longues années les psychiatres et les psychologues qui me suivent ont été d'une aide formidable et m'ont donné l'envie d'aider à mon tour les autres.
Je me demandais donc si il serait judicieux de réfléchir à des études de psychologie au vu de mon profil (littéraire avant tout ! Curieuse énormément de choses et déterminée dans mes études). Je précise que je n'aime pas vraiment les maths, j'avais de bons résultats dès que je prenais confiance mais j'ai préféré abandonner cette spécialité en L. De même je ne suis pas vraiment branchée "physique". En revanche j'aime beaucoup les SVT. J'apprécie beaucoup les langues également.
Je sais bien que ce sont deux univers radicalement opposés mais je souhaiterais obtenir quelques conseils pour poursuivre ma réflexion en vue de l'année prochaine...
Merci d'avance

Hésitation entre psychologie et prépa littéraire

Salut!

La licence de psychologie c'est particulier et très différent selon les facs... Il faut que tu te poses plusieurs questions:

- Es-tu prête à te replonger dans des cours de biologie (ou de neurobiologie, de physiologie, etc) qui peuvent être très présents dans certaines facs ?
- Les maths te repoussent-ils? Parce qu'en licence de psychologie il y aura forcément 1 semestre avec des statistiques... Le niveau n'est pas insurmontable et les littéraires s'en sortent très bien mais tu dis que tu "n'aime vraiment pas les maths" donc je pose la question   

En clair est-ce que l'aspect scientifique de ces études (qui est bien présent dans la plupart des facs) pourrait te convenir?

Si jamais la réponse est non, il existe aussi des licences de psychologie plus littéraires et centrées sur l'étude de textes et de la psychanalyse (on m'a dit que Paris 7 Diderot était comme ça et il me semble que la faculté de Nice c'est un peu le même genre) qui te satisferaient peut-être plus.

Mais quoi qu'il en soit, la question principale que tu dois te poser c'est de savoir si tu as envie ou pas de te lancer dans un cursus plus spécialisé (type licence) ou de conserver une certaine pluridisciplinarité (type prépa). Et même si ça paraît évident, il faut bien y réfléchir parce que ça évite des erreurs d'aiguillage 

3

Hésitation entre psychologie et prépa littéraire

Bonjour,

Il y a aussi la question des débouchés qui se pose, en psycho... ce n'est pas une raison pour t'en décourager, mais il faut que tu sois au courant qu'il peut être très difficile d'en vivre, et que c'est un métier qui nécessite de la détermination et un certain sens des affaires quand on est à son compte (et donc qu'on se retrouve obligé d'être tout à la fois psy, commercial, comptable, fiscaliste et secrétaire de son propre cabinet !).

Hésitation entre psychologie et prépa littéraire

Je voulais juste rajouter par rapport à mon précédent message et par rapport au message de mikomasr que les facultés qui aujourd'hui permettent le maximum de débouchés dans ce secteur plus que saturé sont les facultés à dominante scientifique... (du moins c'est ce que m'avait dit ma conseillère d'orientation)

La psychanalyse est attaquée de toutes parts et la psychologie semble de plus en plus tournée vers une approche scientifique (IRMs, neuropsychologie) qui constituera selon toute probabilité l'avenir de la profession. Donc réfléchis bien avant de choisir 

Et juste un dernier truc, il ne faut pas oublier qu'après une année d'hypokhâgne on peut toujours facilement se réorienter dans une bonne faculté de psychologie alors que l'inverse est vraiment beaucoup moins évident (encore une fois je cite ma conseillère d'orientation).

5 (Modifié par Jehan 13/04/2019 à 14:15)

Hésitation entre psychologie et prépa littéraire

Clairement la psychanalyse, grande spécificité française, est en train de perdre du terrain. Cela dit, si tu me permets cette nuance, Jujubee, l'approche scientifique n'est pas forcément synonyme d'ingénierie et de technique de pointe. Certes ça concerne la neuropsychologie, mais c'est une spécialisation particulière. On peut tout à fait se spécialiser dans les thérapies cognitivo-comportementales par exemple, qui pour le coup ne nécessitent pas du tout d'être particulièrement matheux. Je ne suis pas psy mais c'est ce que j'ai pu constater après avoir parcouru le programme d'enseignement de la L1 à la L3 en psycho à Paris 8 (d'approche intégrative). Ce que j'ai pu y voir c'est :
-un cours de physiologie axé sur le système nerveux, certes plus poussé que ce qu'on voit en 2nde, mais rien d'insurmontable (c'est vraiment du par cœur bête et méchant, pas de raisonnement tordu à comprendre)
-une grosse partie statistiques, et là effectivement il ne faut pas être allergique aux maths, mais là encore ce n'est pas plus horrible que quand on force un littéraire à faire du droit (par exemple).

Au bout de compte, je constate de manière générale en lisant les étudiants ici que beaucoup ont pour priorité de choisir un "bon cursus" (à définir...) en oubliant que ce n'est pas une fin en soi, et que l'objectif est d'accéder à un bon métier, adapté à leurs attentes. Donc je me permets de rappeler encore une fois la difficulté de s'insérer sur le marché du travail en tant que psy, et qu'à l'inverse les difficultés et/ou matières peu emballantes d'un cursus ne doivent pas être un facteur de dissuasion, du moment qu'à la clé on a le métier de nos rêves qui nous attend.

6 (Modifié par Plumeverte 13/04/2019 à 17:02)

Hésitation entre psychologie et prépa littéraire

Bonjour,

Je vais essayer d'apporter à mon tour quelques éléments d'éclairage avec mon point de vue d'étudiante en psychologie.

Sur le cursus de psychologie et les débouchés : il est vrai que l'approche scientifique et TCC prend de plus en plus d'importance dans l'enseignement, et dans les institutions. Concrètement, les structures (hôpitaux, IME...) exigent de plus en plus des thérapies de type cognitivo-comportementale ou neuro et recrutent les psychologues spécialisés dans ces approches. De plus, dans la société actuelle, il y a plus de demandes pour des thérapies brèves et actives basées sur des preuves que pour la recherche introspective et symbolique de son fonctionnement psychique inconscient, donc je pense que ça impacte aussi la pratique libérale. Donc pour avoir du travail après le diplôme, c'est important de connaître et maîtriser les bases scientifiques, qui sont maintenant enseignées dans toutes les facs.

Cela ne veut pas dire que tout ce qui est psychanalytique est à proscrire, ou que ça va totalement disparaître. Simplement, il faut être conscient de la réalité actuelle pour ensuite tracer sa voie. Il existe des masters intégratifs qui permettent de concilier les différentes approches. Et une fois le titre de psychologue obtenu, on peut aussi s'inspirer de plusieurs spécialités dans sa vie professionnelle, en plus de ce qui a été enseigné à la fac. C'est un jonglage entre la réalité du terrain et la vision qu'on a d'une profession, comme dans tout métier dans les sciences humaines.

Comme l'a dit Mikomasr, les sciences "dures" enseignées en psychologie sont tout à fait accessible aux bacs littéraires. Je suis en neuropsychologie et il y a pas mal d'ex bacheliers L dans ma promotion et parmi les profs, et ils s'en sortent très bien.

Concernant l'emploi, il est vrai que les études de psychologie sont "bouchées", mais il se peut que ça diminue un peu depuis que la sélection en master est plus stricte (ça aussi, il faut le savoir, c'est un peu la course aux notes et aux entretiens après la L3). Selon les statistiques des universités, il peut y avoir jusqu'à un an et demi de chômage après le diplôme. C'est un élément non négligeable à prendre en compte. Mais c'est variable selon les spécialités, et on peut toujours trouver des manières de réduire les risques à son échelle (en candidatant partout en France, en s'investissant dans des formations, contacts extérieurs...)

La prépa littéraire : ça permet de rester ouvert à plein de voies, c'est riche et intéressant, plus dense aussi. Je connais une fille de prépa L qui s'est orientée vers un parcours de philosophie en vue de devenir psychanalyste (la psychanalyse n'étant pas accessible que par la psychologie). Mais là encore, au niveau emploi, c'est "risqué", dans la mesure où elle ne peut pas être embauchée par des structures et ne pourra qu'ouvrir un cabinet à son compte.

Donc, je conclurais comme Mikomasr que le plus important est de réfléchir avant tout au métier qu'on veut exercer : à la fois, sur ce qu'on veut faire, sur ce qu'on se sent capable de faire et sur les conditions socio-économiques. Après, la motivation et l'investissement pour les études suivent. Si tu veux plus d'informations, tu peux m'écrire un MP.

7

Hésitation entre psychologie et prépa littéraire

mikomasr a écrit :

Clairement la psychanalyse, grande spécificité française, est en train de perdre du terrain.

Pardon, c'est peut-être un peu HS, mais la question m'intéresse... Si je comprends tout à fait pourquoi tu dis que la psychanalyse perd du terrain, je ne comprends pas pourquoi tu dis que c'est une spécificité française. Pourrais-tu développer un petit peu ?

8

Hésitation entre psychologie et prépa littéraire

Parce qu'à ma connaissance la France (avec peut-être l'Argentine je crois ?) est le seul pays à avoir institutionnalisé la psychanalyse et à en avoir fait un enseignement incontournable intégré au cursus de psycho, alors que dans les autres pays elle est plutôt abordée sous un angle historique,  en tant qu'étape dans le développement historique de la psychologie, sans se voir accorder le moindre poids scientifique à l'heure actuelle. Dans les autres pays elle a été presque rabaissée à une simple forme d'analyse littéraire.

9 (Modifié par TheRedRoom 13/04/2019 à 20:29)

Hésitation entre psychologie et prépa littéraire

D'accord, donc si je te comprends bien, c'est la place de la psychanalyse dans la formation institutionnelle en psychologie qui est une spécificité française. Je ne savais pas du tout, c'est intéressant, merci.

10

Hésitation entre psychologie et prépa littéraire

C'est vrai que l'approche psychanalytique a été très dominante dans le cursus universitaire et les institutions particulièrement en France et en Amérique du Sud.

Mais je nuancerais un peu : des notions de psychanalyse sont encore enseignées en Allemagne, en Belgique et au Québec (sous le nom de psychodynamique) dans le parcours classique, ou dans des matières optionnelles.

Et pour information, Elsa, il y a aussi une double licence "philosophie-psychologie" à Nice.