Est-il possible de passer et réussir l'agrégation sans devoir enseigner ?

Bonne journée à toi aussi, Fleur de Lys.
J'espère qu'on va en rester là.
L'essentiel a été dit de part et d'autre.
Inutile de prolonger davantage cette discussion.

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Est-il possible de passer et réussir l'agrégation sans devoir enseigner ?

J'ai lu le fil et je dois dire ceci : au début j'éprouvais une vague sympathie pour les propos de Fleur de Lys (je vais ensuite dire pourquoi). Mais au vu de comment il ou elle a traité des membres anciens et assez éminents de ce forum et puisqu'il ou elle a, au final, ignoré les conseils qu'il ou elle avait demandés, je trouve qu'il ou elle est passé(e) du côté du tort.

Je m'explique : je passerai l'agrégation l'année qui vient malgré moi. Je n'ai nulle envie d'enseigner dans le secondaire en France (pour un tas de raisons personnelles, dont, au premier chef, une formation beaucoup plus exigeante au sein du secondaire italien) mais je dois passer ce concours pour espérer avoir accès à des postes dans le supérieur (bien sûr j'envisage de m'expatrier si jamais cela ne devait pas marcher après la thèse), ne serait-ce qu'en prépa ou comme PRAG ou AGPR. Je comprends donc qu'on ait envie de passer l'agrégation (ou on y soit quelque peu obligé) malgré le manque d'envie d'enseigner dans le secondaire. Voilà ce qui m'a fait ticter : Fleur de Lys ne veut point enseigner tout court ; et vouloir passer un concours comme "défi intellectuel" n'est, au final, comme l'a dit Laoshi, qu'une vanité.

Je pense donc qu'en principe on peut (ou on doit) passer l'agrèg sans avoir envie d'enseigner, mais partir d'emblée et se dire qu'on le fait pour rajouter une ligne au CV sans vouloir même pas enseigner dans le supérieur, je trouve, c'est un peu vain et inutile. Je rejoins ceux qui conseillent de se lancer en thèse, c'est beaucoup plus stimulant. Ou alors essayer de faire un MPhil ou un MSt dans une prestigieuse université anglo-saxonne, ce qui donne, pour le coup, autant, voire plus, de prestige qu'une agrégation de philosophie.

63 (Modifié par mikomasr 24/06/2019 à 13:36)

Est-il possible de passer et réussir l'agrégation sans devoir enseigner ?

On peut aussi vouloir passer l'agrégation pour enseigner en dehors du cadre de l'Éducation nationale. Par exemple en donnant des cours de soutien privés, ou en créant des manuels (je pense à l'apprentissage des langues). Quand on ouvre des manuels de langue de chez Assimil par exemple, on trouve systématiquement que l'auteur est agrégé de XYZ. Ce qui met beaucoup plus en confiance le lecteur que si l'auteur ne pouvait se prévaloir que d'un master de je-ne-sais-quoi inconnu du grand public. J'y ai moi-même vaguement pensé à une époque, et j'avoue ne m'être pas fait le moindre cas de conscience à ce sujet : si jamais j'avais tenté et réussi ce concours (probabilité infime au demeurant), les perdants, a plus forte raison s'ils avaient la prétention d'enseigner au sein de l'EN, n'avaient qu'à être meilleurs que moi.

64 (Modifié par Laoshi 24/06/2019 à 19:59)

Est-il possible de passer et réussir l'agrégation sans devoir enseigner ?

On peut aussi vouloir passer l'agrégation pour enseigner en dehors du cadre de l'Éducation nationale

Sauf que l’agrégation est, (faut-il dire était ? )un concours de recrutement de l’éducation nationale...
Ce sujet qui revient sur le nombre croissant de jeunes qui ne veulent plus enseigner ne laisse pas de m’inquiéter...

65 (Modifié par mikomasr 24/06/2019 à 20:17)

Est-il possible de passer et réussir l'agrégation sans devoir enseigner ?

Je sais bien, mais je voulais dire qu'il existe des raisons (malheureusement) légitimes à mon sens pour vouloir le passer sans désir d'intégrer l'EN par la suite. Je pense que ça ne serait pas le cas si la réussite à ce concours n'était pas devenu un titre, comme on peut le constater dans la signature virtuelle de certains participants à ce forum (qui sont agrégés). Que personne n'y voie une critique, c'est juste un fait, et le cas de Fleur de Lys n'en est que la conséquence logique.

66 (Modifié par Jehan 24/06/2019 à 22:31)

Est-il possible de passer et réussir l'agrégation sans devoir enseigner ?

Je peux être d'accord avec Laoshi : il est triste que nous, les jeunes, ne voulons plus enseigner. Mais il faut tout de même dire deux choses : si on la demande de facto pour un recrutement dans le supérieur, il est naturel que des gens qui n'y portent aucun intérêt la passent. Mon cas est exemplaire : je veux enseigner dans le supérieur et outre une bonne thèse, les publications etc. on me demande d'avoir l'agrégation. Je ne porte aucun intérêt à enseigner le français dans le secondaire (à la limite les LA, mais on ne les enseigne pratiquement plus), la seule utilité de l'agrégation serait éventuellement enseigner en prépa, si jamais le supérieur en France (ou à l'étranger, je n'exclus rien) ne veut pas de moi. Il est clair que des personnes dans mon cas n'ont pas vocation à enseigner dans le secondaire, mais il est aussi clair que l'agrégation devient obligatoire pour espérer le supérieur, ce qui entraîne devant les classes des personnes n'ayant pas envie d'enseigner. Ce n'est pas du tout par snobisme : si l'on demande à un électricien de faire le plombier, il n'en aura pas envie et ne comprendra pas pourquoi il devrait passer le concours de plombier pour devenir électricien (comparaison un peu tirée par les cheveux, mais elle se tient, j'espère, tout de même).

Est-il possible de passer et réussir l'agrégation sans devoir enseigner ?

Moi je trouve ta comparaison tirée par les cheveux  mais ce n’est que moi. Enseigner à tous les niveaux me paraît une expérience
à tenter. Mais bien sûr les préférences de chacun sont à prendre en compte ; et les conditions d’enseignement dans certains collèges et lycées sont bien difficiles.
Je suis inquiète pour l’enseignement, mais je n’ai pas dit que je ne vous comprenais pas.

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Est-il possible de passer et réussir l'agrégation sans devoir enseigner ?

Oui Laoshi, c'est sans doute une expérience et c'est très formateur; je conteste seulement le fait qu'on fasse exercer ce métier à des gens qui, fondamentalement, ne veulent pas l'exercer : ceux qui se destinent à l'enseignement supérieur. C'est pour cela que j'ai choisi la comparaison avec la situation de l'électricien : si l'on veut faire électricien, faire plombier sera sans doute intéressant et utile, mais au début on voulait faire électricien, donc un certain dépaysement est naturel à mon sens. Après il y en a qui se plaisent bien à faire plombier et ne veulent plus devenir électricien.

Mais en tout cas je comprends ton point de vue : c'est désolant de voir que aucun (très peu) de jeunes veulent, avec la vocation, enseigner. Le problème du double concours à mon sens n'aide pas et le CAPES reste très (trop?) peu attractif (et donc sélectif), tandis que l'agrégation est prise d'assaut par de gens qui se disent qu'ils vont enseigner agrégés ou ils ne vont pas enseigner (peut-on les blâmer? je ne pense pas).

Mais merci de ta réponse   

Est-il possible de passer et réussir l'agrégation sans devoir enseigner ?

Umberto, encore une fois électricien et plombier sont deux métiers qui n'ont rien à voir. Mais peut-être es-tu plus éloigné de ces professions que moi dont le père était électricien.
Enseigner, où que ce soit, cela reste tout de même enseigner. Seules les conditions différent.

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Est-il possible de passer et réussir l'agrégation sans devoir enseigner ?

Euh, je ne suis pas si sûr. Mon oncle est plombier et sa femme est électricienne, donc je ne suis pas si éloigné de ces professions. Voulez-vous dire qu'enseigner en CP, à la fac et à des adultes en reprise d'études c'est la même chose et que seuls les conditions diffèrent? Je serais bien en peine de voir un de mes Professeurs tâcher d'enseigner à lire à des enfants, il en serait parfaitement incapable. Ainsi qu'un PE enseigner du thème grec à Normale pour des agrégatifs, il en serait bien en peine. Si c'était le même métier et seulement le cadre changeait, les deux pourraient s'habituer relativement rapidement.

J'ai l'intime conviction que ce sont deux métiers très différents qui demandent connaissances et compétences différentes, très différentes et que l'un ne pourrait faire le travail de l'autre. Comme électricien et plombier.