Jean de Sponde, Le tombeau du corps

Bonjour,
Je suis en première S et j'ai commencé à travailler mes textes de français pour le BAC,je ne trouve pas que ma prof faille de bon commentaire voir pas du tout.
Je dois travailler sur la poésie LE TOMBEAU DU CORPS de Jean de Sponde mais il m'est impossible de trouver des commentaires sur internet ou d'être satisfait de se que je trouve. Personne autour de moi arrive à analyser la poésie.
Merci de me répondre et pour votre aide

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Jean de Sponde, Le tombeau du corps

Bonsoir,

Avec le texte ce serait plus facile.

Sonnets de la Mort – 01 – Mortels, qui des mortels avez pris vostre vie
Jean de SPONDE
Recueil : "Essai de quelques poèmes chrétiens"

Mortels, qui des mortels avez pris vostre vie,
Vie qui meurt encor dans le tombeau du Corps,
Vous qui r’amoncelez vos tresors, des tresors
De ceux dont par la mort la vie fust ravie :

Vous qui voyant de morts leur mort entresuivie,
N’avez point de maisons que les maisons des morts,
Et ne sentez pourtant de la mort un remors,
D’où vient qu’au souvenir son souvenir s’oublie ?

Est-ce que votre vie adorant ses douceurs
Deteste des pensers de la mort les horreurs,
Et ne puisse envier une contraire envie ?

Mortels, chacun accuse, et j’excuse le tort
Qu’on forge en vostre oubli. Un oubli d’une mort
Vous monstre un souvenir d’une éternelle vie.

Le texte est ardu.
Il s'agit d'une exhortation et d'une prédication poétiques.
Le fil conducteur est similaire au divertissement pascalien : "Les hommes n’ayant pu guérir la mort, la misère, l’ignorance, ils se sont avisés, pour se rendre heureux, de n’y point penser."
Toute la thématique du sonnet s'inspire d'une pensée chrétienne sur les fins dernières. Sponde manie les termes opposés de vie et de mort pour affirmer qu'il y a folie à vouloir oublier la mort, seule porte vers l' "éternelle vie", placée en conclusion. D'où cette réflexion sinueuse entre les termes opposés pour démontrer que l'homme n'est pas fait pour la vie terrestre qui passera mais pour la vie éternelle qui ne passera pas. Avec en écho ces paroles évangéliques suggérées dans Jean 12. 25 : « Celui qui aime sa vie la perd et celui qui hait sa vie dans ce monde la gardera dans la vie éternelle ».

3 (Modifié par Jehan 10/02/2019 à 22:15)

Jean de Sponde, Le tombeau du corps

Merci Jean-Luc pour votre réponse, je vais développer mon commentaire et tenter d'approfondir dans ce sens.
Je vous remercie

Bonsoir,
Voici le plan que j'ai rédigé sur ce poème,pourriez vous me dire se que vous en pensez svp.

1:Un cycle sans fin
-les destinataires sont désignés par "mortels" et Sponde les replacent dans un groupe plus large qui se distingue sur un aspect temporel.
"Mortels, qui des mortels avez pris votre vie"v.1
"Vous qui voyant de leur morts entresuivies,"v.5
Chacun est un maillon d'une chaine définie par le critère de la mort
-le poème lui meme produit une impression de boucle en revenant régulièrement sur certains mots.
"Mortels"v.1
"Trésors"v.3
La vie est en mouvement mais c'est un mouvement qui revient perpétuellement sur lui meme

2.Un caractère inéluctable
-les négations appliquées au champs de la vie imposent une mise à distance.
"N'avez point de maisons que les maisons des morts"v.6
"Et ne sentez pourtant de la mort un remord"v.7
Tous les biens qu'apportent la vie paraissent dérisoires au regard de la dernière étape incontournable et universelle,la mort.
-Sponde s'appuie sur l'idée commune d'une mort menaçante pour inviter à inverser cette conception
"Est ce votre vie adorant ses douceurs
Déteste de penser la mort les horreurs,
Et ne puisse envier une contraire envie?"v.9 à 11
Il faut accepter la mort avec sérénité comme un ultime événement de la vie

3.Le souvenir

Sponde reconnaît la tendance naturelle à éviter de penser à la mort par crainte
"Est ce que votre vie adorant ses douceurs,
Déteste de penser de la mort les horreurs"v.9/10
C'est parce que l'homme se fait une représentation effrayante de la mort qu'il s'efforce de la chasser de son esprit.
-Il préconise le souvenir comme un remède qui permet de prolonger la vie.
"Qu'on forge en votre oubli.Un oublie d'une mort
Vous montre d'un souvenir d'une éternelle vie."v.13/14
Oublier ceux qui sont partis c'est renoncer à la vie qu'ils ont eue, sue l'on a partagée et par conséquent c'est renoncer à une part de notre propre vie.


Merci pour votre reponse et le temps que vous m'accorderez

4 (Modifié par Jean-Luc 11/02/2019 à 04:57)

Jean de Sponde, Le tombeau du corps

C'est un bon début.

Je regrette que jamais n'apparaisse le fondement chrétien calviniste du propos de Sponde.
Tu n'as pas assez exploité le thème de l'oubli et du souvenir résumé dans l'opposition finale : implicitement le divertissement pascalien, l'exil du pécheur, le désir de la Terre promise.
Je crois que tu te trompes dans ton explication.

Oublier ceux qui sont partis c'est renoncer à la vie qu'ils ont eue, sue l'on a partagée et par conséquent c'est renoncer à une part de notre propre vie.

Sponde vise plutôt à dénoncer l'inanité de vies qui s'ancrent dans les biens mortels. Il est absurde de vouloir tirer la vie de la mort :

Mortels, qui des mortels avez pris vostre vie,
Vie qui meurt encor dans le tombeau du Corps,
Vous qui r’amoncelez vos tresors, des tresors
De ceux dont par la mort la vie fust ravie :

Vous qui voyant de morts leur mort entresuivie,
N’avez point de maisons que les maisons des morts,

En outre, il faudrait relever le caractère baroque du poème qui s'appuie sur l'illusion. Ce mouvement a largement été inspiré par la méditation sur la mort.
Regarde ce lien
https://www.etudes-litteraires.com/chas … aroque.php
Enfin tu n'exploites pas assez les reprises, les figures de symétrie et d'opposition qui rythment le poème, éventuellement appuyées sur la paronymie :
- la vie fust ravie
- la mort un remors.

5 (Modifié par Jehan 11/02/2019 à 17:43)

Jean de Sponde, Le tombeau du corps

Merci encore pour votre réponse.
Je vais étudier votre réponse plus calmement et vous faire part dès que possible de mes avancées.
Merci