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Milieu social, confiance et études

Il m'arrive de donner des cours et j'aime dire aux élèves qu'ils peuvent chercher des tutoriels sur Internet mais la plupart des élèves que j'ai sont réticents à l'idée de le faire. Je leur dis ensuite qu'ils ont intérêt aussi à s'inscrire dans des forums de façon à pouvoir poser pile la question qui les gêne au lieu de chercher un tutoriel répondant exactement à leurs questions. Mais la plupart, malgré mon avis, refusent de le faire, peut-être parce qu'ils sont gênés par le fait de discuter avec des inconnus.
J'insiste et leur dis que ceux qui le feront progresseront plus que les autres.
J'ajoute enfin qu'il est très rare qu'une question basique entraîne des moqueries. Il n'y a qu'à voir ici les gens qui demandent comment on accorde le participe passé dans le cas simple ("la pomme que j'ai mangé" ou "la pomme que j'ai mangée"). Ils sont bien reçus et ont la réponse attendue.
Conclusion : posez des questions dans des forums !
Mais la plupart des gens ne le font quand même pas. Et ratent des occasions de faire des progrès.

Ceux qui le font progressent régulièrement.

Pourquoi ce refus de la part des autres ? Mystère.

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Milieu social, confiance et études

Coucou!
Si tu as des bonnes notes et de l'envie d'y rentrer, tu as tout à fait ta place en prépa! Déjà tu ne seras sans doute pas la seule à venir d'un milieu modeste, je connais des gens issus d'un milieu modeste qui réussissent très bien en prépa, les lacunes culturelles peuvent se rattraper! Tu devrais aussi te renseigner sur l'internat Jean Zay à Paris qui accueille les boursiers et qui offre un excellent cadre de travail et de vie!

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Milieu social, confiance et études

anais.lestrange a écrit :

Pourquoi ne pourrais-je pas tenter cela ? Est-ce si difficile de sortir de son milieu ? C'est comme si ce que je faisais n'était pas légitime...

Il faudrait mettre une affiche dans les salles de classes, qui indiquerait quelque chose comme "L'autocensure en raison de l'origine sociale doit être âprement combattue". Bien entendu, cette autocensure est en partie due aux représentations que les autres plaquent sur soi, et que l'on finit par intégrer.
La différence entre les élèves favorisés et les élèves issus de milieux non avantagés, c'est que les premiers peuvent être dans le privé, ou dans des établissements publics plus côtés que les autres, et sont susceptibles de profiter des cours particuliers et du capital culturel familial. Cela donne aux premiers un avantage qui peut parfois être énorme, mais ça n'a rien à voir avec le fait d'être plus légitimes que les seconds, qui peuvent clairement être beaucoup plus méritants (dans l'absolu) s'ils parviennent à obtenir de très bons résultats malgré une situation de départ bien moins favorable. L'environnement social et familial est déterminant, l'enfant, l'élève puis l'adolescent ne les choisit pas. Les personnes qui ont des moyens peuvent envoyer leurs enfants dans les établissements calmes / où l'on peut vraiment faire cours / voire, s'ils sont vraiment favorisés, dans les institutions qui peuvent proposer un cadre d'excellence et élitiste. Ceux qui ne les ont pas doivent composer avec le public, où des problèmes divers font que les conditions d'enseignement peuvent être beaucoup, vraiment beaucoup, moins bonnes.
Une manière "simple" de lutter contre les inégalités, c'est d'enseigner les "codes", ce que l'on ne fait sans doute pas assez dans le public (je vais être direct : dans certaines classes difficiles, enseigner tout court est un défi, et c'est bien le problème). En réalité, entre autres grâce à Internet, les codes sont beaucoup plus accessibles que par le passé... à condition de savoir chercher et que l'idée de chercher vienne, ce qui n'est pas automatique...

24 (Modifié par Ajacc 03/02/2019 à 21:13)

Milieu social, confiance et études

CCCC a écrit :

Je n'arrive plus à remettre la main sur un article que j'avais lu selon lequel la mixité sociale dans les prépas était moindre aujourd'hui que dans les années 60... Je continue à chercher.


Oui, cela me disait aussi clairement quelque chose ! J'ai écumé vite fait Google, et ai retrouvé cela :

http://factoscope2017.blog.lemonde.fr/2 … ui-cest-5/

Addendum plus complet, et aussi parce que les choses ont dû changer (empirer...) depuis 2011 :
https://actu-ses.editions-hatier.fr/sit … 20CPGE.pdf


Sinon les réactions sont vraiment intéressantes quant au système de l'école (jusqu'aux grandes écoles, nous sommes d'accord)... Il serait très intéressant de faire un fil de conversation là-dessus un jour, à la réflexion.



Bref, anais.lestrange, j'ai envie de te dire qu'il n'y a qu'une question à te poser : en as-tu envie, au fond ? Est-ce quoi, entrer en hypokhâgne l'an prochain te botte ? Si oui, alors fonce ; tu ne perds rien à essayer. Si non, eh bien ! Y a des tas d'autres voies, et sur le plan intellectuel on peut très bien s'épanouir ailleurs qu'en prépa', et heureusement ; sur le plan personnel, idem ; quant à la prospective « boulot »... Idem !


Tout ce que je conseille, et même, j'ose le dire, te demande, c'est de réfléchir à ce que c'est, au besoin à demander conseil (ici, par exemple), et ensuite de faire ton choix en écoutant ton propre cœur. Au fond, je crois que c'est le meilleur conseil à donner en matière d'orientation : fais ce que t'aime. Après c'est comme tout, il faut travailler dur. Mais on travaille toujours d'autant mieux que l'on aime son travail, au fond. Et puis, on n'est pas obligé de « travailler » que pour son travail à faire (tàf) !
La prépa', c'est surtout une question d'atmosphère, d'ambiance, de choix personnel.
Le domaine, tu sembles l'avoir déjà plus ou moins trouvé, c'est la sphère intellectuelle tournée vers les disciplines des sciences humaines, etc.

Aie surtout confiance en toi ! Et écoute-toi... en écoutant les avis extérieurs, bien sûr.
Courage,