1 (Modifié par Jehan 27/12/2018 à 15:52)

Gaudé, Eldorado - Ils levèrent l’ancre au milieu de la nuit...

Bonjour je dois faire un commentaire de texte en français sur Eldorado de Laurent Gaudé chapitre I page 26-27
Les axes proposés :I Un récit qui nous livre le point de vue des migrants
                             II Quand le rêve tourne au cauchemar

Voici l'extrait

Ils levèrent l’ancre au milieu de la nuit. La mer était calme. Les hommes, en sentant la carcasse du navire s’ébranler, reprirent courage. Ils partaient enfin. Le compte à rebours était enclenché. Dans quelques heures, vingt-quatre ou quarante – huit au pire, ils fouleraient le sol d’Europe. La vie allait enfin commencer. On rigolait à bord. Certains chantèrent les chants de leur pays. Elle ne se souvenait plus avec précision de cette première nuit sur le navire – ni de la journée qui suivit. Il faisait chaud. Ils étaient trop serrés. Elle avait faim. Son bébé pleurait. Mais ce n’était pas ce qui comptait. Elle se serait sentie capable de tenir des jours entiers ainsi. Le nouveau continent était au bout. Et la promesse qu’elle avait faite à son enfant de l’élever là-bas était à portée de main. Elle aurait tenu, vaille que vaille, pourvu qu’elle ait pu se raccrocher à l’idée qu’ils se rapprochaient, qu’ils ne cessaient, minute après minute, de se rapprocher. Mais il y eut ces cris poussés à l’aube du deuxième jour, ces cris qui renversèrent tout et marquèrent le début du second voyage. De celui-là, elle se rappelait chaque instant. Depuis deux ans, elle le revivait sans cesse à chacune de ses nuits. De celui-là, elle n’était jamais revenue.Les cris avaient été poussés par deux jeunes Somalis. Ils s’étaient réveillés avant les autres et donnèrent l’alarme. L’équipage avait disparu. Ils avaient profité de la nuit pour abandonner le navire, à l’aide de l’unique canot de sauvetage. La panique s’empara très vite du bateau. Personne ne savait piloter pareil navire. Personne ne savait, non plus, où l’on se trouvait. A quelle distance de quelle côte ? Ils se rendirent compte avec désespoir qu’il n’y avait pas de réserve d’eau ni de nourriture. Que la radio ne marchait pas. Ils étaient pris au piège. Encerclés par l’immensité de la mer. Dérivant avec la lenteur de l’agonie. Un temps infini pouvait passer avant qu’un autre bateau ne les croise. Les visages, d’un coup, se fermèrent. On savait que si l’errance se prolongeait, la mort serait monstrueuse. Elle les assoifferait. Elle les éteindrait. Elle les rendraient fou à se ruer les uns contre les autres.
Tout était devenu lent et cruel. Certains se lamentaient. D’autres suppliaient leur Dieu. Les bébés ne cessaient de pleurer. Les mères n’avaient plus d’eau. Plus de force. Plus les heures passaient et plus les cris d’enfants faiblissaient d’intensité – par épuisement- jusqu’à cesser tout à fait. Quelques bagarres éclatèrent, mais les corps étaient trop faibles pour s’affronter. Bientôt, ce ne fut plus que silence.

2 (Modifié par Jehan 27/12/2018 à 15:55)

Gaudé, Eldorado - Ils levèrent l’ancre au milieu de la nuit...

Bonjour.

As-tu commencé à relever, dans l'extrait, les passages qui se rapportent à chacun des axes proposés  ? As-tu observé les champs lexicaux  ?

Gaudé, Eldorado - Ils levèrent l’ancre au milieu de la nuit...

Je ne trouve pas les sous partie donc sa m'embête.

4 (Modifié par floreale 03/01/2019 à 13:38)

Gaudé, Eldorado - Ils levèrent l’ancre au milieu de la nuit...

I.
- focalisation externe/focalisation interne
- Ils /Elle/ On (Plan général/gros plan)
- Le registre pathétique : les pleurs, les prières

II.
Le champ lexical de l'espoir
Le chant lexical du désespoir
Isolement et abandon

5 (Modifié par nisha77 03/01/2019 à 14:43)

Gaudé, Eldorado - Ils levèrent l’ancre au milieu de la nuit...

Voici pour l'instant mon intro et ma première partie.
Je pense que ce n'est pas encore complet.

Laurent Gaudé est un auteur contemporain. Dans Eldorado, publié en 2006, il s’inspire d’une réalité, celle de l’immigration clandestine, et essaye,  par  la  fiction,  de  nous  immerger  dans  cette  réalité.  Dans  ce roman, deux histoires sont racontées en récit alterné, celle de Salvatore Piracci, qui commande une frégate chargée de garder les côtes italiennes,et celle de Soleiman, le migrant qui finira par arriver à Ceuta. L’extrait que  nous  allons  étudier  se  trouve  au  chapitre 1. Il correspond au moment où une migrante du Victoria raconte son histoire  à Salvatore Piracci . Nous  allons  nous  demander  comment  dans  ce  passage, Laurent  Gaudé donne à son roman, à l’origine inspiréde  la  réalité,  la dimension d’un conte initiatique.Dans un premier temps, nous étudierons le récit qui nous livre les point de vue des migrant.Et par la suite le rêve tourné au cauchemar.

Dans ce passage 2 focalisation son présente :la focalisation externe qui se situe au début de l'extrait,l'auteur ne fait que de décrire la scène. La focalisation interne: on se met à la place de la femme du Victoria.
Ce voyage est si violent qu'il transformé les Hommes en ombre.La femme du Victoria est désigné,tout au long de l'extrait, par le pronom personnel "elle":"elle serrait de plus en plus fortement son enfant dans ses bras"(l 18-19).son enfant, nommé lui-aussi soit à l’aide de périphrases : « le nourrisson » (l 21), « son enfant » (l 19) soit par le biais du pronom personnel : « il » : « mais il ne réagit pas » (l 21).L’auteur nous donne à voir l’agonie des clandestins: « On savait que si l’errance se prolongeait, la mort serait monstrueuse. Elle les assoifferait. Elle les éteindrait. Elle les rendrait fous à se ruer les uns contre les autres.(l 8) »Le registre pathétique montre que les migrants ont souffert
. Le superlatif : « ces corps plongés à l’eau furent de plus en plus nombreux. » est significatif de l’horreur qui prend possession du bateau. La mort guette chaque passager qui sait que sa vie est en jeu : « chacun se demandait s’il ne serait pas le prochain. » (l 18) Nous pouvons remarquer que l’idée d’une fatalité voulue par les Dieux contre laquelle les êtres ne peuvent rien est un motif emprunté à la tragédie. Effectivement, les migrants ont beau prier : « D’autres suppliaient leur Dieu » (l 10).