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Je n'arrête pas d'abandonner la fac

dépassement de plusieurs échecs, aussi nombreux soient-ils

N'exagérons rien...

Deux ou trois échecs, ça va, ça peut être fortifiant ; vingt ou trente, c'est destructeur. Je ne suppose pas que Kakui ait encore une longue liste d'échecs à venir. Il est temps pour lui de commencer à piger le pourquoi de ses ratages.

J'aimerais bien être un vieux de 29 ans. 

Je n'arrête pas d'abandonner la fac

J'aimerais bien être un vieux de 29 ans.

Comme je le disais dans mon premier message, tout est relatif, et l'on peut avoir l'impression que sa vie est finie même à cet âge qui peut faire envie à certains d'entre nous.
Je me répète donc, mais Kakui doit avant tout dépasser son mal-être pour entreprendre quelque chose.
Si l'on est au fond du trou et qu'on n'a pas de corde pour en sortir, on reste au fond du trou.
Pour cela, il a besoin de médicaments peut-être, de professionnels sûrement... et de professionnels de qualité.

13 (Modifié par Kakui 23/11/2018 à 23:06)

Je n'arrête pas d'abandonner la fac

@ floreale :

Bonjour et merci d'être bienveillant.

Professionnellement c'est dans le domaine de l'éducation scolaire que je me vois. Depuis mon DAEU il y a une dizaine d'années c'est toujours ce domaine qui m'a intéressé.
La littérature est ma principale passion que je concilie avec le contexte historique et philosophique. En somme, l'histoire littéraire est vraiment ce que j'aime le plus c'est dans ce domaine que j'épanouis, mes motivations sont d'ordre littéraire. Je lis énormément.

En dehors de ces loisirs, j'aime beaucoup la musique et j'aime composer des instrumentales et des arrangements c'est le second loisir que j'aime beaucoup mais c'est plus de façon amateur.
Tu as raison je dois faire un bilan de compétence car le souci est que je dois trouver un travail (je suis au chômage) stable mais en même temps il y a un envie en moi de réussir mes études.

Je me suis acharné à m'inscrire années après années alors que je dois d'abord travailler sur ma confiance en moi.

Qu'en penses-tu ? 

@ CCCC :

Bonsoir,

Je te remercie beaucoup pour ce message. Tu as parfaitement ciblé le cœur de mon problème. Tu penses donc que je devrai remettre mes études entre parenthèse le temps de "soigner" mon mal-être ? En effet lors de ma reprise d'études (DAEU) des membres de ma famille mon littéralement cassé en disant que je ne valais rien avec des phrases du genre "tu veux faire lettres alors que t'as même pas réussi tes études secondaires ?" et des agissements cassant ma confiance en moi. Plus les années passent moins je crois en moi et moins je suis persuadé de réussir.

Je dois donc, comme tu l'as souligné, que je travail sur ce sac que je porte, ce fardeau chargé d'épisodes traumatisants. Je te remercie beaucoup pour ton message.

Je vais légèrement mieux, mais envies suicidaires se sont atténuées.
Je suis allé au CMP, ils m'ont emmené dans un hôpital psychiatrique j'y suis resté une nuit et j'ai demandé à le quitter le lendemain contre l'avis du psychiatre. Cela ne m'a pas aidé, je pense qu'en quittant ma ville natale (là où il y a les gens qui m'ont fait du mal) est la bonne solution en plus de réaliser mes projets.

Au Cmp je me suis d'abord entretenu avec un infirmier, puis avec un psychiatre et à l'hôpital, à nouveau avec un psychiatre suivi de deux infirmiers et le lendemain encore avec le même psychiatre, un médecin et une infirmière. En un jour j'ai dû me livrer, raconter tout ça à 7 personnes différentes et j'ai trouvé ça impudique. 

J'ai du mal à parler de ma vie privée, enfin bref, merci beaucoup pour ton soutien. Je cherche une ville dans laquelle je pourrai m'épanouir désormais. Mais je le vois comme un éternel recommencement et c'est ça qui me stress aussi.

Pour mes études, je ne sais plus quoi faire : travailler et suivre des études le soir ou par correspondance ... mes allocations chômage se terminent dans un an. Je dois me relever rapidement.

@ Jacques Vassier :

Je pense avoir une véritable vocation pour le métier d'enseignant et une réelle appétence à l'idée de transmettre un savoir. C'est pas un projet de roue de secours.

@ Laoshi :

Merci beaucoup pour vos conseils. Je dois apprendre à ne plus vivre à travers le regard des gens et à vouloir correspondre à une "belle" image car ça m'a détruit de chercher à être aimé, accepté, mais c'est ainsi que ma mère m'a éduqué. 
Me reconstruire par mes passions, mes loisirs, mes projets est ma thérapie. Comme vous le dites j'ai ressenti de la lassitude est une "haine" envers moi en me disant "en 10 ans t'es pas foutu de faire des études" avec un sentiment de honte quand hélas, je me comparais à d'autres personnes. C'est aussi ce sentiment que je dois corriger. 

@ Hippocampe :

Je te remercie beaucoup pour ton témoignage et ça me soulage de voir que je ne suis pas le seul à avoir connu ces remises en question. Je veux être aidé mais d'une manière différente que de parler à un psy, ça ne m'a jamais aidé. Au contraire.

Je dois apprendre à m'aimer et m'accepter car on m'a toujours renvoyer l'image de quelqu'un de "bizarre", qui n'est pas "commun", on m'a toujours dis que j'étais "à part", à moi ... qui voulait toujours être dans la norme. Même un psy (celui qui s'est moqué de moi) m'a dit que j'étais un extraterrestre ! 

Je dois donc apprendre à ne pas vivre à travers le regard des autres.

Je veux à nouveau fuir, quitter ma ville natale (une seconde fois) et retrouver un équilibre que j'avais trouvé de manière très éphémère.

@ Simon UA:

En effet, j'aime tellement à la fois la littérature, l'histoire et la philosophie que je ne sais pas dans laquelle rester. Un exemple, quand je lis un auteur, je ne peux pas m’empêcher de faire un long travail sur le contexte d'historique de l'oeuvre et la rapprocher du contexte philosophique. Les enseignants à l'université m'ont toujours encouragé et soutenu mais je continue à ne pas croire en moi. Cette contradiction est difficile à vivre.

@ Korax :

Je vous remercie pour votre message et votre bienveillance. en 10 ans j'ai connu des périodes d'activités et d'errances que je qualifierai de oisiveté et j'en ai honte. Effectivement on apprend beaucoup de nos échecs.

@ Artz :

Merci pour vos encouragements !

@ Embu :

Merci pour ce message,  je suis quelqu'un d'hypersensible, je ressens trop fortement et trop facilement les ondes négatives et positives.

Je me sens pas totalement mieux, mais l'envie de me tuer se calme, de part votre bienveillance à tous. Je suis allé au CMP en urgence mais ça m'a pas aidé. Je dois trouver réponse en moi et en parler à des gens de confiance.

14 (Modifié par Jehan 23/11/2018 à 23:49)

Je n'arrête pas d'abandonner la fac

Je dois trouver réponse en moi et en parler à des gens de confiance.

Tu tiens effectivement la solution.
On ne résoudra jamais un problème de fond dans un service d’urgences. De même une consultation isolée une fois à jamais avec un psychiatre lambda ne peut être d’un grand secours.
Un suivi régulier avec un médecin de qualité  ne fait pas forcément de miracle mais peut se révéler plus efficace. Même si parfois on en sort avec l’impression  que c’est totalement inutile. Les médicaments peuvent aider. C’est aussi chimique ces affaires-là. En plus  d’être parfois cyclique...
Retrouver l’estime de soi, c’est très important. Cela te permettra d’avancer.
Il n’y a pas de raison pour que les choses ne s’arrangent pas.
Bon courage !

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Je n'arrête pas d'abandonner la fac

Kakui a écrit :

@ Jacques Vaissier :

Je pense avoir une véritable vocation pour le métier d'enseignant et une réelle appétence à l'idée de transmettre un savoir. C'est pas un projet de roue de secours.

Je ne vais pas aller de mon couplet traditionnel sur la mission de l'enseignant, ça finirait par lasser. Il faut malgré tout que vous sachiez que l'enseignant du secondaire n'a pas seulement pour mission de transmettre des savoirs, mais aussi et surtout des savoir-faire.
C'est cette mission de l'enseignant - la plus belle, mais aussi de loin la plus difficile - qui doit être déterminante dans votre vocation.

Pour le reste, je vous souhaite bon courage.

16 (Modifié par Embu 27/11/2018 à 01:16)

Je n'arrête pas d'abandonner la fac

Kakui a écrit :

Merci pour ce message,  je suis quelqu'un d'hypersensible, je ressens trop fortement et trop facilement les ondes négatives et positives.

Je comprends tout à fait. Moi-même je suis assez sensible sur bien des aspects : voir quelqu'un terminer sa phrase par un point par exemple, je le prends parfois comme le témoignage d'un dérangement ou d'un agacement de sa part. Cela peut paraître curieux, mais je sais que je ne suis pas le seul à penser ainsi. Heureusement, je sais également que sur ce forum on met des points plus par souci de respecter l'orthographe que par souci de marquer son mécontentement   

Kakui a écrit :

Je me sens pas totalement mieux, mais l'envie de me tuer se calme, de part votre bienveillance à tous. Je suis allé au CMP en urgence mais ça m'a pas aidé. Je dois trouver réponse en moi et en parler à des gens de confiance.

N'hésite pas à t'ouvrir aux autres, même si tu as l'impression de révéler tes faiblesses. Parfois, la réponse viendra des autres et pas de soi-même, car on ne peut pas avoir réponse à tout. Ce n'est qu'à travers autrui qu'on se réalise.

D'ailleurs, ce fil de discussion l'a bien prouvé !

17 (Modifié par CCCC 27/11/2018 à 17:44)

Je n'arrête pas d'abandonner la fac

J'ai bien réfléchi avant de de répondre : il est fort difficile de dire à quelqu'un "arrête des études" ou "persiste". C'est une question très personnelle et tu es la seule personne à pouvoir décider de ton orientation. Mais tel que je vois les choses, si tu ne tentes pas de comprendre le fond du problème et de travailler là-dessus, alors les mêmes causes ayant les mêmes effets, tu risques surtout d'essuyer un nouvel echec, qui te plongeait à nouveau dans les abysses. Un tel travail sur soi (pas aux urgences, comme il te l'a été signalé plus haut) peut être douloureux donc si tu es mal entouré, cela ne peut pas t'aider à aller mieux.
J'ai repensé à tes messages en deux occasions les jours passés :
La première fois, c'est quand j'abordais en cours la définition de l'oxymore, cette figure de style qui fait coexister les contraires (comme "le soleil noir"). je cherchais quelques exemples et... C'est le titre de ton sujet qui m'est venu en tête. "Ne pas arrêter de" et "abandonner" sont de parfaits antonymes. Comme si tu étais pris dans des injonctions paradoxales. Alors à défaut de parler à un bon psy (il faut le trouver, il faut le payer, il faut parfois attendre qu'il ait de la place...) as-tu pensé à de confier à un bon vieux carnet ? Pas pour être lu ! Au contraire : jamais un carnet ne te jugera, jamais il ne se moquera, jamais il ne te dira que tu n'est pas capable. L'absence de lecteur est très importante.
La deuxième fois, c'est en lisant "la promenade au phare", de Virginia Woolf, un passage où Lily Briscoe repense aux voix entendues par le passé, dire qu'elle était incapable de peindre, de créer. Ces voix restent dans son flux de conscience, bien qu'elle ignore qui les a prononcées au départ. Je trouve ce passage très beau, et j'ai repensé à ce que tu nous as dit sur ta famille.

18 (Modifié par emmanuellela 27/11/2018 à 19:19)

Je n'arrête pas d'abandonner la fac

Bonjour Kakui
Voici un peu de mon expérience au cas où cela pourrait aider
J ai passé mon DAEU à 36 ans et  obtenu ma licence de lettres à 57 ans. J ai toujours exercé mon travail de monitrice-éducatrice excepté pendant ces 3 années de licence. Ma licence ne me sert pas du tout dans mon travail et ne m a pas permis d exercer dans un autre domaine que celui que je connais depuis longtemps. J ai vu en revanche que même si je ne m inscris pas socialement dans quelque chose qui m aurait plus valorisée (à mes yeux seulement) j ai appris dans tous les domaines que ce soit (mon travail ou ailleurs) les choses essentielles qui m ont fait avancer dans la vie. Je dirais d ailleurs que mon psychiatre m a beaucoup aidée. Tu es jeune et certainement désorienté, pour ces mêmes raisons j ai eu besoin d aide de la part d un professionnel...un psy.. .c est une porte intéressante. Sinscrire socialement tu l as déjà fait... .Tu as maintenant toute la vie pour ouvrir toutes les portes qui se présenteront à toi.. il n existe pas qu un seul chemin...

Je n'arrête pas d'abandonner la fac

Embu :

Je te remercie pour ton message. En effet certaines personnes utilisent le point pour faire comprendre quelque chose. Ton conseil m'est utile, tu as sans doute raison, mais je dois rencontrer des personnes bienveillantes, je sais que ça existe. 

CCCC :

Je te remercie également pour ton message et tes conseils. Le fait que t'es pensé à ce sujet pendant ton cours me fait plaisir et me flatte. J'ai déjà essayé de me "confier" à un carnet mais j'ai arrêté au bout de la quatrième page car ça devenait trop dur et je ressentais trop de douleur, comme si je revivais les moments traumatisants de mon enfance et de mon adolescence. Je dois peut-être recommencer. En effet je dois faire un travail sur moi, il sera long et éprouvant.

Emmanuellela :

Merci pour ton témoignage et ton soutien. Je te félicite pour ton parcours et ta détermination, au moins tu t'es prouvée à toi-même que tu pouvais y arriver.  Effectivement je dois me reconstruire car là c'est vraiment difficile à vivre, le manque de projet, le manque d'estime de soi ...