Hypokhâgne et concours général

malgré des résultats assez bons (18,57 de moyenne générale)

Lorsque 18, 57 devient une note assez bonne, je me demande ce qu'on appelle aujourd'hui une bonne note...
Quant à une très bonne note, je n'ose même pas l'imaginer.
D'ailleurs, pourquoi met-on encore des notes ? Des appréciations seraient plus crédibles.

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Hypokhâgne et concours général

Bonjour,
CCCC, je t'expose mon dossier entier, pour que tu puisses mieux comprendre ma remarque... (Il faut savoir que je ne travaille pas énormément, mais je n'en ressens pas le besoin non plus...).
Puisque la CPGE qui jugera - ou pas - de m'accepter n'aura pas accès à ces informations, je (permettez-moi l'usage de quelques prétéritions) ne vais pas vous dire que si la moyenne de classe de français est aussi haute, c'est parce que ma professeur évite toujours de mettre en dessous de la moyenne à un élève - ayant une classe travailleuse, les élèves les plus en difficulté obtiennent donc 10, tandis que la très grande majorité de la classe a un 12 et trois élèves, un 14, un 15 et un 17... Je ne vous préciserai pas non plus que si je suis deuxième en littérature anglaise, c'est parce que j'ai totalement rédigé la dissertation du premier - en difficulté à l'écrit et manquant beaucoup de méthodes -, qui a donc eu la même note que moi, mais un point de plus à l'oral...
Je vous préciserai cependant que nous ne sommes que 11 en spé maths, et que le 15 de moyenne (la moins bonne note que j'ai obtenu sur un devoir de tout le trimestre, d'ailleurs...) en DNL et son appréciation sont basées sur un seul travail de groupe uniquement.

Français/Littérature : 19,09/20 (1ère) / Moyenne de classe : 13,26
« De très grande capacités dans la matière et un grand désir de savoir... C'est très bien ! »

Histoire-Géographie : 18,73/20 (1ère) / MC : 11,06
« Excellent travail. Félicitations. »

Anglais Section Européenne : 19,90/20 (1ère) / MC : 16,08
« Excellente élève qui cherche toujours à donner le meilleur d'elle-même. Bravo. »

Allemand LV2 : 17,91/20 (1ère) / MC : 14,54
« Très bon trimestre, la participation est active en cours et le travail régulier, poursuivez ainsi ! »

Spé maths : 18,30/20 (3ème, la meilleure moyenne étant 19,40) / MC : 16,30
« Excellent trimestre. Élève très motivée. »

Littérature anglaise : 17,50/20 (2ème, la meilleure moyenne étant de 18,50) / MC : 15,00
« Très bien. »

DNL Histoire : 15/20 (2ème, la meilleure moyenne étant de 18) / MC : 12
« Un travail trimestriel très correct mais qui souffre un peu d'un manque d'approfondissement. »

EPS : 18/20 (1ère) / MC : 12,46
« Excellent trimestre. De gros efforts ont été fournis à chaque séance et les résultats sont au rendez-vous ! Félicitations. »

SVT : 19,50/20 (1ère) / MC : 7,85
« Excellent en tous points (aussi bien à l'écrit qu'à l'oral) ! Félicitations ! » (appréciation commune à la discipline Sciences)

Physique-Chimie : 18,5/20 (1ère) / MC : 12,22
« Excellent en tous points (aussi bien à l'écrit qu'à l'oral) ! Félicitations ! » (appréciation commune à la discipline Sciences)

Général : 18,57 (1ère) - la deuxième ayant 15,63 et la troisième 15,40 - / MC : 13,30
« Un travail et un investissement de très grande qualité dans toutes les matières. C'est très bien, félicitations ! »
Mention : Félicitations
Absences : 3 demi-journées
Retards : Aucun

J'ai été, comme une autre amie souhaitant entrer en prépa, très chagrinée à la lecture de mes appréciations. Cela peut paraître étrange mais je m'explique : nous avions lu que pour entrer en CPGE, il fallait être dans le trio de tête dans toutes les matières ainsi qu'en général (jusqu'ici, tout va bien pour nous), mais qu'il fallait surtout avoir d'excellentes appréciations qui mettent en évidence des qualités attendues par les examinateurs. Je ne me faisais pas de souci au vu de mes appréciations de seconde (florilège ci-dessous) :
- « Un ensemble excellentissime. [Mon prénom] montre une culture et une vivacité intellectuelle remarquables, qu'elle fait partager grâce à une application sans faille dans le cours. A l'écrit, elle possède toutes les capacités. Félicitations ! » (Histoire, T1)
- « Excellent trimestre ! Beaucoup de finesse et de pertinence dans l'analyse. Une formidable participation orale et des écrits qui ne cessent de se perfectionner. Félicitations ! » (Français, T2)
- « Un troisième trimestre excellentissime ! [Mon prénom] manifeste un sens de plus en plus aiguisé de l'analyse littéraire qui se conjugue à une impressionnante capacité de travail. Bravo [mon prénom], et sachez profiter de votre réussite ! » (Français, T3)
- « Un très bon trimestre qui termine une excellente année. [Mon prénom] est une élève intelligente, curieuse, cultivée, appliquée, soucieuse de faire de son mieux et elle s'implique dans toutes ses activités avec enthousiasme et ardeur. Félicitations ! » (Histoire, T3)

En effet, mes appréciations peuvent paraître excellentes ("Excellent travail" revenant très souvent). Nonobstant je pense que tous ceux qui candidatent en classe préparatoire a "Excellent travail", et je comprends que les professeurs de prépa recherchent des "mots-clés" insistant sur les qualités attendues dans les appréciations des élèves.
Seulement voilà, je pense que cela dépend aussi des professeurs et même si cela m'a été généralement dit à l'oral, ils n'évoqueront pas ces qualités à l'écrit, et je suppose que les bulletins du troisième trimestre de seconde (où il y avait de bien meilleurs élèves que moi, mais qui sont comme 4/5e de ma classe sont partis en 1ère S...) ne sont pas sur Parcoursup...
Un autre très gros problème dans mes appréciations : la DNL histoire. L'appréciation est certes celle d'un travail et pas du trimestre, mais un manque d'approfondissement sous-entend un manque de travail et de curiosité, ce qui, il me semble, est vraiment nuisible à mon admission en classe préparatoire.
J'ai exprimé mes inquiétudes à ma professeur de DNL qui m'a dit qu'ils n'iraient jamais regarder les appréciations du bulletin du premier trimestre de première avec les notes que j'ai, mais j'en doute... Je me demande même si mon dossier n'aurait pas été meilleur si je n'avais pas été en section européenne, à ce niveau... Tout cela me démoralise donc un peu pour le prochain trimestre, car au vu de mes appréciations, et malgré des activités extra et intra-scolaires (atelier théâtre, je vais très souvent voir des spectacles, j'ai pour projet de mettre en oeuvre un goûter littéraire qui pourra permettre de réunir les élèves du lycée autour de la lecture...) il me semble que mon dossier ne fait pas le poids...

Cordialement,

Reminiscence.

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Reminiscence, tu te mets une pression folle. C'est bien de toujours vouloir faire mieux, mais ce que tu dis va au-delà du raisonnable.
Ton dossier serait accepté dans n'importe qu'elle bonne prépa. Non, tous les candidats n'ont pas "excellent" à toutes les matières. Non, le fait que ton prof d'histoire note un "manque d'approfondissement" ne met pas en péril ta candidature !  En tant qu'enseignant, quand on rédige une appréciation, on doit aussi donner des piste pour progresser : c'est la seule chose qu'il faut y voir et c'est exactement cela que la commission de sélection verra. Les appréciations qui peuvent peser négativement sur un dossier font état de bavardages, d'absentéisme, de manque d'investissement, d'arrogance ou d'insolence, aucun ne transparaît dans ton bulletin. Et puis on a quand même le droit de ne pas être parfait tout le temps  !
Excuse-moi je vais être un peu personnelle et je vais tirer une sonnette d'alarme, mais j'imagine ce que je dirais à ma fille si c'était elle qui écrivait tes messages...
Ton manque de confiance en toi risque de te pénaliser a long terme... Pas forcément dans l'immédiat, car à ton âge, rares sont ceux qui ont confiance en eux. Et puis tu verras quand tu seras en prépa, tu sera entourée de personnes qui manquent aussi de confiance en elles (remarqué fondée scientifiquement sur.... Ma propre constatation très empirique et l'observation de mes propres élèves de prépa littéraire et scientifique). Alors si tu veux vraiment réussir tes études et prendre ta vie en main, travaille dès aujourd'hui la confiance en toi comme si c'était une matière du bac. Cela t'aidera non seulement à mieux réussir les grandes étapes de ton parcours scolaire (examens et concours peuvent générer beaucoup de stress - il faut parfois un mental de sportif de haut niveau), mais cela t'aidera aussi à faire face à tes échecs de manière plus sereine, car des échecs il y en aura et ils sont même nécessaires, formateurs et positifs. Parce que franchement, si tu es demoralisée par ton bulletin, alors ta santé est tout simplement en danger pour les années à venir !
Entre deux dissertations facultatives pour préparer le concours général, tu peux te renseigner sur "les 4 accords toltèques", un bon début pour gagner confiance en soi. (je te laisse faire une petite recherche sur Internet...).
Ah et je suis assez curieuse de connaître les mécanismes psychologiques qui t'ont menée à rédiger une dissertation pour un autre élève, mais ça c'est une autre histoire (quoique).
Voilà, encore une fois excuse-moi de détourner la conversation mais ça me fend le coeur de voir des élèves intellectuellement très avancés de sentir en situation d'échec.

Hypokhâgne et concours général

J'ai été, comme une autre amie souhaitant entrer en prépa, très chagrinée à la lecture de mes appréciations

Alors, là, je commence à m'inquiéter pour toi. il serait temps d'aller consulter.
Tes appréciations sont excellentes.
Que veux-tu de plus ? Que les professeurs qui ont nombre de bulletins à remplir écrivent une dissertation sur l'unicité de ta petite personne ?
Pour moi, il ne s'agit pas ici de manque de confiance en soi, mais simplement du regret que l'on ne fonde pas d'admiration devant toi avec davantage de détails.
C'est ridicule.
Tes notes sont excellentes, tes appréciations également. Tu ne travaille pas énormément, mais tu n'en ressens pas le besoin non plus...
Tu as des facilités apparemment, tu as des activités extra-scolaires, tu vas au théâtre, tu organises des goûters littéraires... Mais c'est extraordinaire tout cela.
Tu as beaucoup de chance.
Bonne année 2019 !

25 (Modifié par Reminiscence 06/01/2019 à 15:43)

Hypokhâgne et concours général

CCCC et Laoshi,

Je vous remercie tout d'abord pour vos réponses.

En premier lieu, CCCC, je m'inquiète tout de même sur un point : est-ce qu'un manque d'approfondissement (l’approfondissement faisant état, selon moi, de curiosité et d’envie de travail) ne serait pas, justement, perçu comme un manque d'investissement ?
En ce qui est de la confiance en soi, j'ai, suivant les conseils de certains de mes professeurs de l'année dernière, beaucoup relâché la pression depuis la seconde... Je ne stresse - presque - plus pour les notes, pas de souci à ce niveau là ! C'est juste l'avenir (CPGE) qui m'inquiète un peu, beaucoup... J'ai essayé de ne pas la montrer ce trimestre, justement de peur que cela ne ressorte dans mes appréciations comme sur tous mes bulletins de 2nde, mais les professeurs me l’ont quand même évoqué à l’oral... Pourtant (je vais vraiment parler personnellement aussi, je vous prie de m'excuser), je vais bien maintenant, ma vie m'est devenue plus agréable, mais je n'arrive pas à relâcher la pression que je m'impose, il faut constamment me rassurer, je fonds parfois en larmes car je me sens submergée pour pas grand chose, quand on me dit qu'il reste 5 minutes avant la fin du devoir, je tremble et je n'arrive plus à écrire (c'est arrivé seulement la dernières semaine avant les vacances où j'étais très fatiguée, je fais de mon mieux pour que cela ne se remarque pas d'habitude)... C'est très pesant, pour moi mais aussi et surtout pour mon entourage et mes professeurs (même si j'ai moins de contacts avec eux cette année).
Pour la dissertation, il fallait la faire en groupe de deux. Cet élève s'est inclus et je me suis vue à rédiger les 3 parties pour les 3 pendant que mes deux autres camarades bavardaient, mais ça ne me dérange pas plus que ça, le sujet étant intéressant. J'ai plaisir à expliquer et aider ma classe, j'envoie et explique quasiment tous mes devoirs maisons de sciences (de SVT notamment) sur le groupe classe... D'une part car ça me ferait de la peine de ne pas les aider alors qu'ils n'y arrivent pas, mais aussi je pense, car il m’arrive d’aider même  ceux qui n'auraient jamais cherché à comprendre, car ça me rassure d'être appréciée, même si je sais pertinemment que ce n’est que par intérêt... Je suis assez solitaire mais j'ai une peur bleue que l'on ne m'apprécie pas - même quelqu'un que je connais pas et que je n'ai pas envie de connaître plus que ça - ... Je sais bien que ce n'est pas comme ça que cela se passe dans la vie mais que voulez-vous...
Je vais faire des efforts pour être plus zen - même si je sais depuis un moment que c'est une nécessité - et je vais me renseigner avec plaisir au sujet des 4 accords toltèques (je ne connaissais aucunement, merci beaucoup) !

Quant à Laoshi, je suis navrée de t'avoir donné l'impression d'être une personne égocentrique, souhaitant par dessus tout qu'on l'admire. Je sais que remplir les bulletins est long et fastidieux, et que les professeurs n'ont pas le temps de s'épancher pour chaque élève. Cependant, je pointais juste une appréciation en histoire anglaise qui me paraissait mauvaise (j'ai maintenant compris que ce n'était qu'une indication pour me faire progresser et que ce n'est pas ça qui allait me "barrer la route", si je puis dire) et je mettais en évidence le fait de ne pas avoir certaines "qualités attendues dans les appréciations" par la commission de sélection (j'avais lu que si les professeurs mettent "fine analyse", "cultivée", "curieuse" dans les appréciations en plus d'un excellent travail, cela augmentait considérablement les chances d'être sélectionné), ce m'a causé beaucoup d'angoisse depuis le soir de la réception du bulletin car je pensais que cela aurait pu me porter préjudice pour une hypothétique entrée en classe préparatoire.

Me voilà désormais un peu rassurée. Je vais faire de mon mieux aux prochains trimestres, au bac et l'année prochaine pour que la commission soit favorable à mon dossier, en tout cas.

Mes meilleurs vœux pour cette année 2019,

Reminiscence.

26 (Modifié par expectolomora 06/01/2019 à 16:35)

Hypokhâgne et concours général

Bonjour Reminiscence,
Je n'ai aucun "avis" à te donner vis-à-vis de la classe préparatoire étant moi-même en terminale, je n'ai aucune légitimé et il me semble que les messages reçus précédemment suffisent.
Néanmoins, c'est vis-à-vis du stress et de ton anxiété manifeste que je t'écris. Notamment au collège, je souffrais des mêmes moments de panique que tu décris et c'est important de réaliser un travail sur soi pour ne plus avoir ce genre de problèmes. Encore cette année, une de mes amies a dû sortir du premier DS de mathématiques à cause d'une crise de panique et il n'est plus si rare de voir des gens craquer sous la pression en sortant d'un DS (ce qui est assez inquiétant en fait, mais c'est un autre sujet). Surtout en vue de la terminale et de la prépa qui demandent (je suppose dans le cas de la prépa) de savoir gérer son stress et la pression que l'on s'impose et qui nous est imposée, je pense qu'il est important que tu te serves de ton année de première pour apprendre à gérer tout ça. Si tu vas chercher des conseils sur internet, on recommande souvent des exercices de respiration, tenir un journal ou avoir une bonne hygiène de vie. Je ne suis pas là pour juger ces conseils ni pour t'en donner (je pense qu'un professionnel le fera beaucoup mieux que moi) mais tu as largement le temps de stresser pour l'avenir l'an prochain (je parle en connaissance de cause, crois-moi). Tout va bien se passer.

PS: C'est très gentil de vouloir aider tes camarades mais fais attention à ce qu'ils ne profitent pas de toi non plus... Envoyer ses DM, ce n'est pas de l'aide. Les gens sont sûrement très contents et te disent sûrement merci avec plein de smileys coeurs (l'hypocrisie des gens me surprendra toujours m'enfin passons). Tu n'es pas là pour faire le travail des autres. Ce n'est carrément plus de l'aide à ce stade-là. Les gens t'apprécient pour ce que tu es et non pas parce que tu leur as envoyé le dernier DM de maths (avec explications ou non ça ne change rien au problème)...

27 (Modifié par Jehan 06/01/2019 à 20:57)

Hypokhâgne et concours général

Reminiscence, je me permets d'intervenir car tes messages m'inquiètent un peu. Tu es manifestement une excellente élève. Je suis en khube dans une grande prépa parisienne, j'ai été admise dans toutes les prépas de Paris, et je n'avais en aucun cas des résultats aussi bons que les tiens dans toutes les matières, tout en venant d'un lycée de banlieue de niveau moyen. Il est quasi certain que tu seras prise partout. Je connais peu de camarades qui avaient des résultats aussi brillants que les tiens au lycée. Tu peux choisir de m'entendre ou non. Si cela te rassure, tant mieux, vis tes études secondaires à ton rythme, et laisse ces portes là s'ouvrir à toi.

Néanmoins, j'ai peur que tu n'entendes pas cela, que cela ne te rassure pas, et alors je te conseillerais de te demander si la vraie question, le vrai travail à fournir, ne serait pas sur ta relation au travail, justement. Je vais être très honnête, mais en même temps, je pense que tu gagnes à être prévenue: la prépa, ça casse. Pas à cause des méchants élèves qui se mettent des bâtons dans les roues. C'est un mythe. Pas à cause des méchants professeurs qui ne cherchent qu'à faire comprendre aux élèves qu'ils sont nuls. C'est un mythe aussi (en grande partie). Mais tout simplement parce que le principe du concours de l'ENS, c'est de te donner une masse de travail infinie, aléatoire, et impossible, et de trier ceux qui arrivent à la gérer, à tirer profit de l'aléatoire, et à exploiter cette masse sans se laisser écraser par elle. Il n'y a pas ceux qui réussissent et ceux qui ratent. De fait, face à ce qu'il faudrait faire, face aux critères absolus de la prépa, même le 1er au concours de Ulm aurait 0/20. L'élève de prépa est par essence insuffisant. Il y a des gens qui le vivent très bien, qui ont une relation profondément saine au travail, et qui sont très détendus et parviennent à réussir. Pour la plupart ce n'est pas le cas. Je n'avais jamais ressenti aucun problème envers les profs, mes notes, etc. au lycée, jusqu'à l'année dernière où je me suis mise à me sentir jugée de partout dès que j'avais une note moins bonne que la précédente, et c'est allé jusqu'à me faire faire des crises de panique avant d'aller en cours. J'ai des amis qui majorent ou qui sont très hauts placés qui ont développé des problèmes psychosomatiques parce qu'ils avaient tout de même l'impression d'être insuffisants, qu'ils volaient leur place, alors que ce sont des personnes qui avaient une relation plutôt détachée aux notes au lycée.
Je ne veux pas donner un mauvais visage à la prépa. Je ne suis pas malheureuse d'y être allée. Ça m'a un peu cassée, mais je sais que personnellement, et autour de moi, on se reconstruit tous avec ça aussi, et on est en train d'acquérir un niveau auquel on ne nous aurait pas poussés autre part. Mais ça a créé des angoisses, des instabilités. Si tu te sais dans une telle relation aux notes, au jugement du professeur, au perfectionnisme, il faut que tu te poses la question: est-ce que tu serais capable d'accepter d'être dans cette filière où tu seras vouée à être systématiquement à des années-lumière de l'attente, de ce qui est suffisant dans l'absolu? Je ne t'en dissuade pas, mais je te préviens que ce jeu que tu sembles jouer avec toi même, d'aller chercher, fouiller, gratter, magnifier la petite faille dans un ensemble quasi-parfait, peut prendre des proportions catastrophiques et te faire énormément de mal en prépa. Si c'est ce que tu veux faire, au lieu de te tracasser pour cette broutille dans un dossier excellentissime, travaille à être sereine. Ça, ce n'est pas une broutille, et ça te sera utile, et même nécessaire sur le long terme, particulièrement en classe préparatoire, dans laquelle tu aurais sûrement toutes tes chances, mais qui constitue aussi une épreuve mentale contre laquelle il faut se blinder.

Je vais te donner le conseil que m'a donné mon prof il y a quelques semaines quand je suis arrivée en cours totalement tétanisée et dépassée par ce qui se passait (alors que rien n'est catastrophique dans mes résultats): au lieu de travailler, rentrez chez vous, regardez une série. Constatez que le monde n'a pas fini de tourner alors que vous n'avez pas passé l'après-midi à vous torturer, et retournez-y avec du recul.
Sur ce, tu peux je pense arrêter de te rendre sur ce forum. Tu n'as pas besoin de nous, tu seras prise quasiment partout (et encore, je dis quasiment pour ne pas me faire mauvaise prophète). Mais tu as besoin de toi-même et de prendre du recul, recul qui ne viendra certainement pas en ressassant tes résultats sur internet.

Je te souhaite beaucoup de réussite, une très belle année, et toute la sérénité possible pour aborder tes études supérieures. Bien sûr, si tu as d'autres questions sur la prépa, je serais ravie d'y répondre.

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Hypokhâgne et concours général

Reminiscence a écrit :

je m'inquiète tout de même sur un point : est-ce qu'un manque d'approfondissement (l’approfondissement faisant état, selon moi, de curiosité et d’envie de travail) ne serait pas, justement, perçu comme un manque d'investissement ?

Non.
Les profs ne sont pas des andouilles. Ils savent lire un bulletin. Ils savent qu'un prof aura tendance à mettre des pistes de progression. Ils savent aussi très bien que certains profs notent de manière plus clémente que d'autres. Ils savent qu'il y a des travaux de groupe. Ils savent que certains trimestres n'ont qu'une seule note. Ils savent qu'il faut prendre le portrait dressé par l'ensemble du bulletin. Relax ! Relativise !

sznne a écrit :

Néanmoins, j'ai peur que tu n'entendes pas cela, que cela ne te rassure pas, et alors je te conseillerais de te demander si la vraie question, le vrai travail à fournir, ne serait pas sur ta relation au travail, justement.

Amen !

sznne a écrit :

la prépa, ça casse […] tout simplement parce que le principe du concours de l'ENS, c'est de te donner une masse de travail infinie, aléatoire, et impossible, et de trier ceux qui arrivent à la gérer, à tirer profit de l'aléatoire, et à exploiter cette masse sans se laisser écraser par elle. […] est-ce que tu serais capable d'accepter d'être dans cette filière où tu seras vouée à être systématiquement à des années-lumière de l'attente, de ce qui est suffisant dans l'absolu? Je ne t'en dissuade pas, mais je te préviens que ce jeu que tu sembles jouer avec toi même, d'aller chercher, fouiller, gratter, magnifier la petite faille dans un ensemble quasi-parfait, peut prendre des proportions catastrophiques et te faire énormément de mal en prépa.

Je suis presque entièrement d'accord avec sznne : c'est vrai que ce "jeu avec toi-même", comme tu le dis sznne, peut être catastrophique en prépa, pour toutes les raisons que tu as très bien expliquées.

Mais je ne suis pas sûre qu'il ne le soit pas aussi ailleurs... J'ai vu des gens en souffrir énormément en licence également (où les critères de notation peuvent être très flous, où il faut parfois attendre le mois de février pour savoir si on a une bonne note dans une matière au 1er semestre, note qui se joue sur un examen seulement, où on est censés bosser en bibliothèque sur une bibliographie qui fait 5 pages sans savoir par quoi commencer... La liberté peut être très anxiogène aussi). D'ailleurs les décrochages sont beaucoup plus nombreux à la fac qu'en prépa. Que dire de l'angoisse lorsqu'il faut rédiger son mémoire de master ? des dépressions au cours du doctorat ?
Ce même perfectionnisme et incapacité à relativiser peut aussi causer beaucoup de souffrance lorsqu'on entre dans la vie active et qu'on a tendance à pense que notre "patron" ne sera jamais content de nous, ou que notre CV n'est jamais assez bon.
Et tant d'autres exemples... (devenir parent par exemple. Il faut lâcher la bride, sinon on craque...)
Donc à mon avis ce n'est pas une question de choix d'orientation : Petite prépa, grande prépa, fac ou autre,  il est nécessaire que tu poursuives ce travail sur toi à ton rythme. Tu en sortiras plus forte !

sznne a écrit :

Sur ce, tu peux je pense arrêter de te rendre sur ce forum. Tu n'as pas besoin de nous, tu seras prise quasiment partout (et encore, je dis quasiment pour ne pas me faire mauvaise prophète). Mais tu as besoin de toi-même et de prendre du recul, recul qui ne viendra certainement pas en ressassant tes résultats sur internet.

Amen aussi ! Décidément sznne est de bon conseil...

Hypokhâgne et concours général

Décidément sznne est de bon conseil...

Oui, sznne est de bon conseil, mais, ce me semble, un brin excessive, peut-être justement qu'elle est dans le bain, un bain particulier, et n'a pas encore suffisamment de recul.

Je suis en khube dans une grande prépa parisienne

Vu le tableau que tu dresses par la suite sznne, je me demande pourquoi tu as khûbé. Tant de souffrance !
J'imagine que c'est parce que tu es une excellente élève, que tu étais proche de la réussite aux concours l'année dernière, et que tu vas atteindre ton objectif cette année. C'est en tout cas le voeu que je forme pour toi.
Ce tableau s'adresse évidemment à l'élève d'excellent niveau et particulièrement perfectionniste, peut-être hypersensible de surcroît, que semble être réminiscence.
Mais pour qu'on ait encore envie d'aller, après cela, d'aller tenter sa chance en classe préparatoire, et surtout dans une grande prépa parisienne, il faut avoir la foi chevillée au corps.

Ces quelques extraits

....la prépa, ça casse.
L'élève de prépa est par essence insuffisant.
...jusqu'à l'année dernière où je me suis mise à me sentir jugée de partout dès que j'avais une note moins bonne que la précédente, et c'est allé jusqu'à me faire faire des crises de panique avant d'aller en cours.
Ça m'a un peu cassée, mais je sais que personnellement, et autour de moi, on se reconstruit tous avec ça aussi...
Mais ça a créé des angoisses, des instabilités.
...cette filière où tu seras vouée à être systématiquement à des années-lumière de l'attente, de ce qui est suffisant dans l'absolu ?
...  particulièrement en classe préparatoire, dans laquelle tu aurais sûrement toutes tes chances, mais qui constitue aussi une épreuve mentale contre laquelle il faut se blinder.

....en décourageraient plus d'un de présenter sa candidature.

Je ne dis pas que ce que tu dis est faux, loin de là. J'ai connu deux ou trois filles de collègues qui ont souffert de dépression à Henri IV et au final, n'ont pas obtenu ce pour quoi elles avaient quitté leur province, le concours de l'ENS.

Je me permets de reprendre ici ce qu'Hippocampe dit des classes préparatoires parisiennes sur un fil voisin :

Quant aux prépas parisiennes, ce ne sont pas des écoles magiques réservées aux élèves magiques. Quelques prépas parisiennes sont les meilleures de France quand on calcule les réussites aux différents concours mais on trouve, toujours à Paris, des lycées moyens plus, des lycées moyen moins et des lycées moins que moyens. Ces lycées sont moins bons que le Parc à Lyon ou Chateaubriand à Rennes ou etc. (La liste est longue de ces très bons lycées de province). Les quelques prépas parisiennes qui sont prestigieuses n'ont pas une machine à transformer les élèves moyens en élèves excellents. Si ces prépas ont de bons résultats aux concours, c'est surtout dû au fait que de nombreux bons élèves y entrent. Les profs aussi y sont bons, c'est sûr, mais nombreux sont les bons profs dans les lycées de province.

Quoi qu'il en soit, meilleurs voeux de réussite pour 2019 sznne, prends soin de toi, et tiens-nous au courant de tes résultats, si tu le veux bien sûr !

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Hypokhâgne et concours général

Relativise. L'obsession de la prépa, et surtout de la prépa prestigieuse peut vite monter à la tête. Tu en oublies même pourquoi tu t'y destines au départ. Tu veux aller en prépa pour étendre ton savoir, suivre des études intéressantes, approfondies qui vont te permettre d'étudier ce qui te plaît. Tu ne vas pas aller en prépa pour mettre les pieds à Henri IV, juste histoire de dire. Soigner son dossier pour mettre toutes les chances de son côté pour Parcoursup, accéder à ce qu'il y a de plus prestigieux par rapport à ce qui nous est proposé, c'est bien évidemment indispensable. Après, si tu veux te créer une image avec un bulletin à la carte, tu le fais à tes risques et périls. Tu risques de te trouver dépaysée parce-que ton profil ne colle finalement pas. Fais de ton mieux parce-que tu veux réussir, et tu verras ensuite les opportunités qui se présentent à toi.
Bien sûr, ce que je dis là s'applique de manière générale. Je ne doute évidemment pas que, si tu maintiens un bulletin aussi excellent pour les années à venir tu n'auras pas de soucis à te trouver une place dans la prépa que tu souhaites, car même si les notes ne sont que des indices numériques, plafonner dans toutes les matières ne relève sûrement pas du hasard. Il y a quand même un potentiel flagrant.
Quand bien même un lycée prestigieux décide de mettre de côté ton dossier pour une petite appréciation même pas cassante, à quoi bon ? Ils décident de ne pas te prendre ? Tant pis pour eux ! Tu n'auras pas de problèmes à t'épanouir autre part, dans des lycées tout aussi prestigieux, à partir du moment où tu sais pourquoi tu es venue en premier lieu. La prépa ne fait pas le normalien, soit tu te donnes les moyens de réussir, soit tu laisses ton sort entre les mains d'une enseigne qui est censée t'élever au plus au niveau en claquant des doigts.