1 (Modifié par Jehan 04/11/2018 à 20:51)

Comment le poète se figure-t-il dans son œuvre et quelle conception de la poésie est en jeu dans cette représentation ?

Alors voilà je doit faire pour la première fois une question de corpus et je ne sais vraiment pas comment relié tout les textes car je trouve qu'ils ne sont pas tous semblables donc j'arrive pas à trouver des ressemblances
Voici les textes dont je dispose

L'albatros de Charles Baudelaire

Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d’eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !
L’un agace son bec avec un brûle-gueule,
L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

Le crapaud  (Tristan Corbières )
Un chant dans une nuit sans air…
– La lune plaque en métal clair
Les découpures du vert sombre.

… Un chant ; comme un écho, tout vif
Enterré, là, sous le massif…
– Ça se tait : Viens, c’est là, dans l’ombre…

– Un crapaud ! – Pourquoi cette peur,
Près de moi, ton soldat fidèle !
Vois-le, poète tondu, sans aile,
Rossignol de la boue… – Horreur ! –

… Il chante. – Horreur !! – Horreur pourquoi ?
Vois-tu pas son œil de lumière…
Non : il s’en va, froid, sous sa pierre.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Bonsoir – ce crapaud-là c’est moi.

La fonction du poète  (Victor Hugo)

Dieu le veut, dans les temps contraires,
Chacun travaille et chacun sert.
Malheur à qui dit à ses frères :
Je retourne dans le désert !
Malheur à qui prend ses sandales
Quand les haines et les scandales
Tourmentent le peuple agité !
Honte au penseur qui se mutile
Et s'en va, chanteur inutile,
Par la porte de la cité !

Le poète en des jours impies
Vient préparer des jours meilleurs.
ll est l'homme des utopies,
Les pieds ici, les yeux ailleurs.
C'est lui qui sur toutes les têtes,
En tout temps, pareil aux prophètes,
Dans sa main, où tout peut tenir,
Doit, qu'on l'insulte ou qu'on le loue,
Comme une torche qu'il secoue,
Faire flamboyer l'avenir !

Il voit, quand les peuples végètent !
Ses rêves, toujours pleins d'amour,
Sont faits des ombres que lui jettent
Les choses qui seront un jour.On le raille. Qu'importe ! il pense.
Plus d'une âme inscrit en silence
Ce que la foule n'entend pas.
Il plaint ses contempteurs frivoles ;
Et maint faux sage à ses paroles
Rit tout haut et songe tout bas !

Peuples ! écoutez le poète !
Ecoutez le rêveur sacré !
Dans votre nuit, sans lui complète,
Lui seul a le front éclairé.
Des temps futurs perçant les ombres,
Lui seul distingue en leurs flancs sombres
Le germe qui n'est pas éclos.
Homme, il est doux comme une femme.
Dieu parle à voix basse à son âme
Comme aux forêts et comme aux flots.

C'est lui qui, malgré les épines,
L'envie et la dérision,
Marche, courbé dans vos ruines,
Ramassant la tradition.
De la tradition féconde
Sort tout ce qui couvre le monde,
Tout ce que le ciel peut bénir.
Toute idée, humaine ou divine,Qui prend le passé pour racine,
A pour feuillage l'avenir.

Il rayonne ! il jette sa flamme
Sur l'éternelle vérité !
Il la fait resplendir pour l'âme
D'une merveilleuse clarté.
Il inonde de sa lumière
Ville et désert, Louvre et chaumière,
Et les plaines et les hauteurs ;
A tous d'en haut il la dévoile ;
Car la poésie est l'étoile
Qui mène à Dieu rois et pasteurs !

Le Pélican (Alfred de Musset )

Lorsque le pélican, lassé d’un long voyage,
Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux,
Ses petits affamés courent sur le rivage
En le voyant au loin s’abattre sur les eaux.
Déjà, croyant saisir et partager leur proie,
Ils courent à leur père avec des cris de joie
En secouant leurs becs sur leurs goitres hideux.
Lui, gagnant à pas lents une roche élevée,
De son aile pendante abritant sa couvée,
Pêcheur mélancolique, il regarde les cieux.
Le sang coule à longs flots de sa poitrine ouverte ;
En vain il a des mers fouillé la profondeur ;
L’Océan était vide et la plage déserte ;
Pour toute nourriture il apporte son cœur.
Sombre et silencieux, étendu sur la pierre
Partageant à ses fils ses entrailles de père,
Dans son amour sublime il berce sa douleur,
Et, regardant couler sa sanglante mamelle,
Sur son festin de mort il s’affaisse et chancelle,
Ivre de volupté, de tendresse et d’horreur.
Mais parfois, au milieu du divin sacrifice,
Fatigué de mourir dans un trop long supplice,
Il craint que ses enfants ne le laissent vivant ;
Alors il se soulève, ouvre son aile au vent,
Et, se frappant le cœur avec un cri sauvage,
Il pousse dans la nuit un si funèbre adieu,
Que les oiseaux des mers désertent le rivage,
Et que le voyageur attardé sur la plage,
Sentant passer la mort, se recommande à Dieu.
Poète, c’est ainsi que font les grands poètes.
Ils laissent s’égayer ceux qui vivent un temps ;
Mais les festins humains qu’ils servent à leurs fêtes
Ressemblent la plupart à ceux des pélicans.
Quand ils parlent ainsi d’espérances trompées,
De tristesse et d’oubli, d’amour et de malheur,
Ce n’est pas un concert à dilater le cœur.
Leurs déclamations sont comme des épées :
Elles tracent dans l’air un cercle éblouissant,
Mais il y pend toujours quelque goutte de sang.

Merci d'avance

Comment le poète se figure-t-il dans son œuvre et quelle conception de la poésie est en jeu dans cette représentation ?

Bonsoir.

Et quelle est la question de corpus au sujet de ces quatre textes ?

Cela dit, tous les quatre exposent une conception du rôle du poète, de sa place dans la société.
Mais tu ne dois sûrement pas trouver que des points communs !

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Comment le poète se figure-t-il dans son œuvre et quelle conception de la poésie est en jeu dans cette représentation ?

Ah oui excusez moi j'ai oubliez sa la question est comment le poete se figure t'il dans son oeuvre et quelle conception de la poesie est en jeu dans cette représentation

Comment le poète se figure-t-il dans son œuvre et quelle conception de la poésie est en jeu dans cette représentation ?

Il va falloir que je change le titre que tu avais donné à ta demande, ce sera plus précis.

Il ne faut pas, bien sûr, que tu donnes une seule conception de la poésie et une seule représentation du poète...
Tu dois trouver des ressemblances entre les quatre poètes, les quatre poésies, mais aussi des différences, comme je te l'ai déjà dit.

5 (Modifié par jonathan.lacassagne 04/11/2018 à 22:23)

Comment le poète se figure-t-il dans son œuvre et quelle conception de la poésie est en jeu dans cette représentation ?

Mais enfait je ne comprend pas ce que veut dire et ce que je doit faire dans la phrase qu'elle conception de la poesie est en jeu dans cette représentation

Comment le poète se figure-t-il dans son œuvre et quelle conception de la poésie est en jeu dans cette représentation ?

"Cette représentation", c'est comment le poète se voit et se représente.
Sa "conception de la poésie", c'est ce que doit être la poésie (en général) selon lui.

Selon la façon dont il se représente lui-même, le poète n'aura pas la même façon de voir ce que doit être la poésie.

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Comment le poète se figure-t-il dans son œuvre et quelle conception de la poésie est en jeu dans cette représentation ?

Les figures du poète : un être incompris, mal à l'aise dans la société, souvent méprisé. Son travail est invisible, souterrain. Cependant, selon Hugo, le poète est un être inspiré, qui montre la voie. Sa voix, telle cette d'un prophète, porte loin.