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Anthologie poétique sur le thème de la nourriture

Bonjour,
Je doit trouver des poèmes de siècles différents et d'auteurs différents

2 (Modifié par Jehan 01/11/2018 à 12:33)

Anthologie poétique sur le thème de la nourriture

Bonjour.

Et combien de poèmes te faut-il ?
As-tu commencé toi-même à faire des recherches ?

En voici déjà un, de Georges Duhamel.
Ce poème est du XXe siècle.

Nourritures

    Puisque nous avons été sages
Et que nous avons bien chanté,
Racontez-nous ce qui se mange,
Petite mère, racontez

    Ce qui est plus blanc que le linge,
    Et qui sent la ferme et les champs,
    Et les hameaux et les villages
    Racontez-nous le lait, maman.

    Ce qui est si beau, si fragile,
    Ni rond, ni carré, ni pointu,
    Et que l’on trouve sous les poules,
    Raconte-nous les œufs, veux-tu ?

    Ce qu’on voudrait donner aux pauvres ;
    On y pense quand on a faim ;
    On en parle dans tous les livres.
    Maman, raconte-nous le pain

    Racontez-nous toutes les choses
    Qu’il faut manger pour être fort,
    Toutes les choses merveilleuses
    Nous n’avons pas sommeil encor.

3 (Modifié par floreale 01/11/2018 à 12:58)

Anthologie poétique sur le thème de la nourriture

Odeur des pluies de mon enfance


Odeur des pluies de mon enfance.
Derniers soleils de la saison !
A sept ans comme il faisait bon,
Après d'ennuyeuses vacances,
Se retrouver dans sa maison !

La vieille classe de mon père,
Pleine de guêpes écrasées,
Sentait l'encre, le bois, la craie,
Et ces merveilleuses poussières
Amassées par tout un été.

Ô temps charmant des brumes douces,
Des gibiers, des longs vols d'oiseaux !
Le vent souffle sous le préau,
Mais je tiens entre paume et pouce
Une rouge pomme à couteau.

René-Guy CADOU - 1920/1951

Le pain
     La surface du pain est merveilleuse d'abord à cause de cette impression quasi panoramique qu'elle donne : comme si l'on avait à sa disposition sous la main les Alpes, le Taurus ou la Cordillère des Andes.
      Ainsi donc une masse amorphe en train d'éructer fut glissée pour nous dans le four stellaire, où durcissant elle s'est façonnée en vallées, crêtes, ondulations, crevasses... Et tous ces plans dès lors si nettement articulés, ces dalles minces où la lumière avec application couche ses feux, - sans un regard pour la mollesse ignoble sous-jacente.
      Ce lâche et froid sous-sol que l'on nomme la mie a son tissu pareil à celui des éponges : feuilles ou fleurs y sont comme des sœurs siamoises soudées par tous les coudes à la fois. Lorsque le pain rassit ces fleurs fanent et se rétrécissent : elles se détachent alors les unes des autres, et la masse en devient friable...
      Mais brisons-la : car le pain doit être dans notre bouche moins objet de respect que de consommation.

Francis Ponge - Le parti pris des choses (1942)

Les Grenades


Paul VALÉRY

Recueil : "Charmes"



Dures grenades entr’ouvertes
Cédant à l’excès de vos grains,
Je crois voir des fronts souverains
Éclatés de leurs découvertes!

Si les soleils par vous subis,
Ô grenades entre-bâillées
Vous ont fait d’orgueil travaillées
Craquer les cloisons de rubis,

Et que si l’or sec de l’écorce
À la demande d’une force
Crève en gemmes rouges de jus,

Cette lumineuse rupture
Fait rêver une âme que j’eus
De sa secrète architecture.

Le repas préparé

Albert Samain


Ma fille, laisse là ton aiguille et ta laine ;
Le maître va rentrer ; sur la table de chêne
Avec la nappe neuve aux plis étincelants
Mets la faïence claire et les verres brillants.
Dans la coupe arrondie à l’anse en col de cygne
Pose les fruits choisis sur des feuilles de vigne :
Les pêches que recouvre un velours vierge encor,
Et les lourds raisins bleus mêlés aux raisins d’or.

Que le pain bien coupé remplisse les corbeilles,
Et puis ferme la porte et chasse les abeilles…
Dehors le soleil brûle, et la muraille cuit.
Rapprochons les volets, faisons presque la nuit,
Afin qu’ainsi la salle, aux ténèbres plongée,
S’embaume toute aux fruits dont la table est chargée.
Maintenant, va puiser l’eau fraîche dans la cour ;
Et veille que surtout la cruche, à ton retour,
Garde longtemps glacée et lentement fondue,
Une vapeur légère à ses flancs suspendue.

Albert Samain, Au flanc du vase

Le repas

    IL n'y a que la mère et les deux fils
    Tout est ensoleillé
    La table est ronde
    Derrière la chaise où s'assied la mère
    Il y a la fenêtre
    D'où l'on voit la mer
    Briller sous le soleil
    Les caps aux feuillages sombres des pins et des oliviers
    Et plus près les villas aux toits rouges
    Aux toits rouges où fument les cheminées
    Car c'est l'heure du repas
    Tout est ensoleillé
    Et sur la nappe glacée
    La bonne affairée
    Dépose un plat fumant
    Le repas n'est pas une action vile
    Et tous les hommes devraient avoir du pain
    La mère et les deux fils mangent et parlent
    Et des chants de gaîté accompagnent le repas
    Les bruits joyeux des fourchettes et des assiettes
    Et le son clair du cristal des verres
    Par la fenêtre ouverte viennent les chants des oiseaux
    Dans les citronniers
    Et de la cuisine arrive
    La chanson vive du beurre sur le feu
    Un rayon traverse un verre presque plein de vin mélangé d'eau
    Oh ! le beau rubis que font du vin rouge et du soleil
    Quand la faim est calmée
    Les fruits gais et parfumés
    Terminent le repas
    Tous se lèvent joyeux et adorent la vie
    Sans dégoût de ce qui est matériel
    Songeant que les repas sont beaux sont sacrés
    Qui font vivre les hommes
Guillaume Apollinaire(1880 - 1918)

Au cabaret vert

Depuis huit jours, j'avais déchiré mes bottines
Aux cailloux des chemins.  J'entrais à Charleroi.
- Au Cabaret-Vert: je demandai des tartines
De beurre et du jambon qui fût à moitié froid.

Bienheureux, j'allongeai les jambes sous la table
Verte : je contemplai les sujets très naïfs
De la tapisserie. - Et ce fut adorable,
Quand la fille aux tétons énormes, aux yeux vifs,

- Celle-là, ce n'est pas un baiser qui l'épeure! -
Rieuse, m'apporta des tartines de beurre,
Du jambon tiède dans un plat colorié,

Du jambon rose et blanc parfumé d'une gousse
D'ail, - et m'emplit la chope immense, avec sa mousse
Que dorait un rayon de soleil arriéré.

Arthur Rimbaud

Le renard et la cigogne de La Fontaine

Les Effarés d'Arthur Rimbaud

Jeanne au pain sec Victor Hugo

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Anthologie poétique sur le thème de la nourriture

je doit chercher huit poèmes de siècles et auteurs différents.
j'ai trouvé "quand les guignes furent mangé" de Victor Hugo.

5 (Modifié par floreale 01/11/2018 à 13:18)

Anthologie poétique sur le thème de la nourriture

Tu as lu les réponses ?

L'ode à la salade de  Pierre de Ronsard (XVI°)

Le fromage de Saint-Amant (XVII°)

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Anthologie poétique sur le thème de la nourriture

merci a tous pour votre  réactivité.Il me manque un poème médiéval,je n'en n'est pas trouvé

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Anthologie poétique sur le thème de la nourriture

Le testament (extrait)

XXXI
Aux grans maistres Dieu doint bien fere,
Vivans en paix et en requoy ;
En eulx il n'y a que reffaire,
Si s'en fait bon taire tout quoy.
Mais aux povres qui n'ont de quoy,
Comme moy, Dieu doint pascïence.
Aux autres ne fault qui ne quoy,
Car assez ont pain et pictence.

XXXII
Bons vins ont, souvent embrochez,
Saulces, brouestz et groz poissons,
Tartes, flans, oefz fritz et pochetz,
Perduz et en toutes façons.
Pas ne ressemblent les maçons
Que servir fault a si grant peine :
Ilz ne veulent nulz eschançons,
De soy verser chacun se paine.

François Villon  (1431-1489 ?)

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Anthologie poétique sur le thème de la nourriture

il me manque pour finir un poème plus moderne pour finir.
merci d'avance,
ps:auriez vous un méthode pour écrire un préface

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Anthologie poétique sur le thème de la nourriture

Bonjour,

As-tu regardé cette fiche de méthode sur le site ?

https://www.etudes-litteraires.com/preface.php

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Anthologie poétique sur le thème de la nourriture

Les matins à Paris…



Les matins à Paris, les pics de pollution

Et la guerre en Bosnie qui risque de reprendre

Mais tu trouves un taxi, c'est une satisfaction

Au milieu de la nuit un souffle d'air plus tendre


Te conduit vers le jour,

Le mois d'août se prolonge

Et tu diras bonjour

Dans ton bain, à l'éponge.


Tu as bien fait de prendre

Tes vacances en septembre

Si je n'avais pas d'enfants moi je ferais pareil,

On a parfois autant de journées de soleil.


Le samedi soir est terminé,

Il va falloir éliminer

La nuit tombe sur la résidence,

Il est plus tard que tu ne penses

Les lumières du bar tropical

S'éteignent. On va fermer la salle.


Tu déjeuneras seul

D'un panini saumon

Dans la rue de Choiseul

Et tu trouveras ça bon.


Je vis dans des parois de verre
Dans un bureau paysager
Et le soir je me roule par terre
Mon chien commence à être âgé
Et ma voisine donne des soirées
Ma voisine fait trop de manières

Je me sens parfois solitaire
je ne donne jamais de soirée
J'entends ma voisine s'affairer
parfois ma voisine exagère?

Je ne renonce pas à plaire
je commence à m'interroger :
Est-ce que je suis vraiment âgé ?
Est-ce que je suis vraiment sincère ?

Michel Houellebecq (Renaissance paru en 1999)

Pour une préface, tu dois justifier le choix du thème, présenter ta sélection et surtout donner envie au lecteur de découvrir ton anthologie.