1 (Modifié par Viellfranceis 09/10/2018 à 18:24)

Inguinem > aine

Mon livre de phonétique  explique mal le phénome ng et nk  qui devient in sans dire les étapes et les dates .
Ex:
Inguinem > Aine
Sanctum> Saint peut être sanit>Saint peut être par glissement comme area>aria>aira >aire
Et je n'arrive pas à voir comment Pectinem devient peigne
sachant que kt devient it assez tôt .On devrait donc obtenir peitine* ? et après ?

2 (Modifié par Jehan 09/10/2018 à 19:09)

Inguinem > aine

Qu'appelles-tu le "phénome" ?
Normalement, c'est un terme de sciences naturelles.
En phonétique, il y a le mot "phonème".
Et ng et nk  sont constitués chacun de deux phonèmes.

Je ne suis pas spécialiste en phonétique historique, mais je doute que ce soient les paires de phonèmes ng ou nk qui se seraient transformées en "in" (le son ? la graphie ?).

Pour sanctum > saint , je ne comprends pas trop d'où tu sors le i de ton *sanit
La graphie ain note une ancienne diphtongue ain, devenue voyelle nasale unique en français moderne. La diphtongue ain provient de la voyelle a, qui évolue ainsi avant une consonne nasale, comme pour panem > pain.
http://ebooks.grsu.by/history_french_la … tiques.htm

Pour pectĭnem > peigne, le i bref a dû disparaître assez tôt, et dans la suite de consonnes  ctn, le t central n'a pas dû rester bien longtemps non plus. Reste *pecnem, d'où peigne.

Mais j'ai peut-être commis des erreurs... Attends les lumières de Jacquesvaissier ! 

3 (Modifié par Viellfranceis 09/10/2018 à 19:42)

Inguinem > aine

Une belle métathèse de ma part si cela en est une "Phénome" "Phonème"
Le i de sanit*vient de  kt qui devient it
Noctem>Noite>Nuoit>nuit

4 (Modifié par jacquesvaissier 09/10/2018 à 19:53)

Inguinem > aine

Je ne réponds que sur aine, le reste demain.

Les datations absolues ne sont pas toujours aisées à déterminer. Je vous conseille pour le moment de retenir les changements successifs.

*inguinam (ou *inguinem) > *ingwna (chute de la post tonique) >* ingna (perte de l'élément vélaire accompagnant le g derrière consonne) > *ingne > *inn̬e (l'élément guttural se combine avec le -n, le tout aboutissant à un n mouillé) >* inn̬e > *in̬e (simplification du groupe nn̬) > *en̬e (le i bref initial, prononcé e fermé depuis le bas latin passe à e ouvert devant le groupe n+ yod, résultat de la mouillure). Le mot est graphié eigne.
Par la suite, on a écrit aine par perte locale de la mouillure (on trouve aneau au lieu d'agneau jusqu'au 18ème à Paris)  et ai- comme dans de nombreux mots (ex vaincre < vincere, mais veintre en AF).

Et si vous trouvez cela difficile, changez de langue : en italien, aine se dit... inguine    (Mais c'est peut-être une formation savante, je ne sais pas.)

5 (Modifié par Viellfranceis 09/10/2018 à 19:53)

Inguinem > aine

Je ne changerai jamais ma langue française même contre l'italien ou l'espagnol bien que j'aime ces deux langues

Inguinem > aine

Le i de sanit*vient de  kt qui devient it


Et comment passerait-on de *sanit à saint ?
J'avoue que je suis sceptique.
Attendons demain les explications de Jacquesvaissier.

7 (Modifié par Viellfranceis 09/10/2018 à 21:54)

Inguinem > aine

https://www.etudes-litteraires.com/_img … -point.png J'ai trouvé mon bonheur Punctum>Point c'est analogiquement pareil que
Sanctum>Saint .
Et encore merci pour l'aine .Si *inn̬e est juste après le passage du a en e vers le 7 ème ça veut dire que "eigne" est assez ancien du  8 ème. Le temps que le g médian de ingne* se combine avec le n .
D'autres évolutions sont disponibles ici: https://www.etudes-litteraires.com/anci … etique.php
Pectine>Peitine>Peytne>Peyne>Peigne ?

8 (Modifié par jacquesvaissier 10/10/2018 à 15:52)

Inguinem > aine

Voici pour saint et pain. Je vous montre comment doit s'organiser une étude, même si la mienne est incomplète.

Vous pourrez comparer les deux études sur point et saint, en sachant que je ne suis pas spécialiste...

Mais un conseil : commencez par les mots les plus faciles et procédez méthodiquement. On ne commence pas le piano avec les sonates de Beethoven...

SAINT (étymon : sánctum)

a = voyelle tonique.
e̯   i̯   = second élément de diphtongue
n̬ = n palatalisé, c'est-à-dire « mouillé » (un peu comme le нь en russe).

sánctum > sánctu  (chute du –m final dès le IIème siècle av J.-C. ; il n’est en fait maintenu artificiellement que dans la langue classique ; néanmoins, en poésie, il n’empêche pas l’élision de la voyelle qui le précède. Ex : monstr(um) horrendum.

sánctu > sáncto  (le u, bref dans ce mot, aboutit à o fermé vers le IIIème siècle ap. J.-C. ) 

sáncto > sányto (après l’accent, le k devant consonne relâche son occlusion. Le résultat est y au début du IVème siècle)

sányto > sán̬to (le y palatalise le n vers le IVème siècle ; le voisinage du n « mouillé » va retarder la fermeture du a tonique initial)

sán̬to > sái̯nto  (l’élément palatal se reporte sur la voyelle précédente vers le VIIème siècle) 

sái̯nto  > sái̯nt (disparition définitive de la voyelle finale au VIIIème après affaiblissement progressif).   

sái̯nt  > sái̯n (effacement du –t final au IXème après spirantisation ; ce –t restera longtemps noté, notamment dans les formes verbales). 

sái̯n > sãin (la voyelle a, premier élément de la diphtongue, se nasalise au XIème siècle au contact du n, qui reste prononcé).

sãin > sẽin (la voyelle tonique initiale se ferme au XIIème).

sẽin > sẽn (l’élément palatal disparaît au XIIIème).

sẽn > sẽ (simplification du groupe voyelle nasale +  –n au XVIème. Le –n n’est plus prononcé).

Remarque 1 : ai–  et –t sont des graphies conservatrices ; quant à sainct, comme poinct, qu’on trouve parfois, c’est une graphie savante aberrante qui date du MF, vu que le « c » est devenu « i », comme on l’a vu !).

Remarque 2 : l’italien santo, l’occitan sant supposent une simplification sanctu(m) > santu(m) à basse époque. Mais cette simplification n’a visiblement pas touché le domaine d’oïl.

   

PAIN (étymon : pánem)

pánem > páne  (chute du –m final dès le IIème siècle av J.-C. ; il n’est en fait maintenu artificiellement que dans la langue classique ; néanmoins, en poésie, il n’empêche pas l’élision de la voyelle qui le précède. Ex : monstr(um) horrendum.

páne > páe̯ne > pái̯ne (début de fermeture du a tonique donnant une diphtongue dont le dernier élément aboutit à –i. Ce phénomène s’opère vers le VIIIème).

pái̯ne > pái̯n (disparition définitive de la voyelle finale au VIIIème après affaiblissement progressif).   

pái̯n > pãin (la voyelle a, premier élément de la diphtongue, se nasalise au XIème siècle au contact du n, qui reste prononcé).

pãin > pẽin (la voyelle tonique initiale achève sa fermeture au XIIème).

pẽin > pẽn (l’élément palatal disparaît au XIIIème).

pẽn > pẽ (simplification du groupe voyelle nasale +  –n au XVIème. Le –n n’est plus prononcé).

Remarque : ai– est une graphie conservatrice.

9 (Modifié par Viellfranceis 10/10/2018 à 15:37)

Inguinem > aine

http://micmap.org/dicfro/search/complem … efroy/aine
J'ai trouvé "enguene" en AF une forme assez proche inguine ça doit être une latinisation de "eigne" l'aine

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Inguinem > aine

Dans le même ouvrage (du XIVème siècle, cité par Godefroy), on trouve les formes aingres - engres - aingles - enguennes. Cela montre la difficulté avec laquelle on a cherché à graphier ce mot, sans doute  trop indistinct à l'oreille. La dernière forme témoigne d'une réfection demi-savante. Il est sûr qu'avec enguennes, on retrouve le latin et l'on donne une plus grande individualité au mot.