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La chute du b intervocalique à l'imparfait

Je suis un grand passionné de phonétique historique
Je voudrais savoir pourquoi le b a chuté à l'imparfait 
Ex: Amabam>Selon mon livre de phonétique historique cela donnerait "amave" et non aimais. Je ne trouve pas d'explications pour l'évolution phonétique de ce mot .

2 (Modifié par Jehan 06/10/2018 à 14:00)

La chute du b intervocalique à l'imparfait

Là, c'est plus compliqué, d'autant qu'avec le formes verbales, on aborde le domaine de la morphologie historique, beaucoup de terminaisons verbales étant des formes refaites.

Je manque un peu de temps. Nous reprendrons cela demain.

3 (Modifié par Jehan 06/10/2018 à 14:14)

La chute du b intervocalique à l'imparfait

Effectivement, cela n'a pas l'air simple...
Pour ma part, j'ai trouvé ceci :
http://monsu.desiderio.free.fr/curiosit … rfait.html
Hypothèse mentionnée :

La chute de /b/ dans cette désinence est expliquée par l'action analogique de verbes fréquents comme habebam (habere), debebam (debere) où une dissimilation s'est produite. La désinence en -eam s'est en tout cas répandue dans toute la Romania, sauf parfois en Italie et en Roumanie.

4 (Modifié par Viellfranceis 06/10/2018 à 16:58)

La chute du b intervocalique à l'imparfait

Merci Jehan ça paraît plus clair maintenant il s'agit d'une difficulté à prononcer "habebam" à cause des deux b de suite et cela a donné habeam puis après c'est l'analogie qui prend le relais .En français elle semble plus répandue qu'en espagnol seul les verbes en -ere et en -ire du latin ont comme  désinence  "-eam">-"ia"  comme en catalan et en occitan qui eux ont mis la désinence en "-eam">-"ia"  que dans les verbes en -ire et en -ere en latin .
Mais en français la désinence en "-eam">-"ia"  est aussi  répandue dans  les verbes en -are en latin  je mangeais serait "manducabam" puis "manduceba" et "manducea"
En catalan ,occitan, espagnol , et en italien même la désinence en -abam est conservée
Pour "je terminais" Terminaba  en espagnol Terminava en catalan Terminavi en occitan
Terminavo en italien .

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La chute du b intervocalique à l'imparfait

Viellfranceis a écrit :

Je suis un grand passionné de phonétique historique
Je voudrais savoir pourquoi le b a chuté à l'imparfait 
Ex: Amabam>Selon mon livre de phonétique historique cela donnerait "amave" et non aimais. Je ne trouve pas d'explications pour l'évolution phonétique de ce mot .

Pour faire simple et court :

amabam a effectivement donné amève (c'est chantève qui est attesté, mais peu importe), mais dans le domaine oriental des langues d'oïl. Ailleurs, il a donné d'autres formes, dont chantoue à l'Ouest, chanteie au Centre et chantoe dans le Nord (forme encore vivante dans le parler picard).

Pour expliquer chanteie, dont est issu la forme moderne, il faut recourir à l'analogie car cette forme n'est pas strictement phonétique, la disparition du -b ne pouvant se concevoir. Ceci répond à ta question.

Ce sont les formes latines en -ebam, dans lesquelles le -b s'est dissimilé (cf le message de Jehan) dans les verbes usuels habebam et debebam qui ont été généralisées à tous les verbes, quel que fût leur "groupe" de départ, a date assez ancienne (en bas-latin, on n'avait plus que les terminaisons -abam et -ebam (avec un e fermé), -iebam et -ibam ayant disparu)

On a donc habeba(m) > avea > aveie (diphtongaison dite "française" du e fermé accentué, issu de l'ancien e long latin et réduction du a final à -e "muet".

Sur le passage de -eie à oie, puis à -ai, je n'insisterai pas, c'est un des traitements les plus complexes à expliquer, et cela sort de notre sujet.

Le -s est un ajout analogique "moderne" à partir du -s demi-savant de la seconde personne.