Problèmes divers de grammaire historique

Et aussi daumaire < dalmaticam, artimaire < arte-mat[thema]ticam !

42 (Modifié par Viellfranceis 07/12/2018 à 19:27)

Problèmes divers de grammaire historique

Quelle artimaire avait notre langue française pour changer d'état 

Concernant le e>a+consonne liquide ou e>consonne liquide+a  il semble se produire vers le X-XI ème .
Bilancia>belance>balance
Zelosus>Gelos>Jalos FR mod Jaloux
Trepalium>Trevail>Travail
Delphinus>Delfin>dalfin pour dauphin.
Derbita>Derte>Darte pour dartre.
Mercatum>Merched>Marched pour marché

Problèmes divers de grammaire historique

On n'est plus dans le problème de l'épenthèse.

Ce traitement concerne le latin tardif, puisqu'on trouve marcatus, dalphinus, arundo dans des textes latins mérovingiens, ce qui peut laisser supposer *balancia, *trapaliu...

Il peut s'expliquer par une assimilation avec le -a de la syllabe accentuée. Par contre, jaloux est plus tardif, vu qu'on a gelos dans l'Énéas. Je regarderai chez Fouché.

44 (Modifié par Viellfranceis 10/12/2018 à 22:22)

Problèmes divers de grammaire historique

Merci.
Concernant la dissimilation du n en r je me suis rendu compte que pour cophinus>coffre cette dissimilation doit dater du bas latin car on a vu avec estievne>estienne étape faite au VII ème siècle donc si on suit ce raisonnement on peut dire que le r a protégé le f d'une assimilation avec le n. cofne>cofre pour coffre. Le f reste donc le n>r s'est fait au bas latin.
cofinus* >cofnu chute du pénultième au III ème car le f ne s'est pas sonorisé en v .

Ce qui me chagrine c'est que on a cophinus>cofne dès le III ème car le ph ne s'est pas sonorisé en v comme stephanu>estevanu jusque là tout va bien mais le f ne s'assimile pas avec le n phénomène similaire estievne>estienne mais le n  devient r .
Donc j'en conclus qu'une consonne accompagnée de la nasale n se dissimilera en r au V ème quand la pénultième chute.
Si on suit cette règle dès le V ème on a cofre.
D'autant plus qu'on a le nom de famille estièvre qui vient stephanus passant par la forme estievne puis estievre cette évolution a dû se faire avant estievne>estienne car il faut un f , un d ou un v à gauche du n pour qu'il devienne r . Le r fait office de protection contre l'assimilation du f ou du v en n dans cofne>cofre ou estievne>estievre

45 (Modifié par Yvain 11/12/2018 à 20:48)

Problèmes divers de grammaire historique

D'après Fouché, coffre serait demi-savant. Le f aurait donc résisté à l'assimilation de sonorité et le -n serait passé à -r.

En fait, la syncope n'aurait pas déterminé un groupe consonantique disjoint, comme dans la plupart des cas, avec une consonne implosive et une consonne explosive, avec ce schéma-là :  *cof/ne, mais un groupe conjoint, avec un -f explosif, comme avant la syncope, donc plus résistant : *co/fne.

46 (Modifié par Viellfranceis 11/12/2018 à 20:56)

Problèmes divers de grammaire historique

Tout comme la forme en AF juevre avec juvenem>jo/vne .
On pourrait aussi faire pareil  avec ordinem>or/dne et non ord/ne le d médian ne chutant pas donc le schéma ord/ne est le plus viable.

Problèmes divers de grammaire historique

Oui, puisque -d est sonore.

48 (Modifié par Viellfranceis 11/12/2018 à 21:03)

Problèmes divers de grammaire historique

Mais on a ourne qui lui doit avoir un schéma différent étant donné de la chute du d de ordinem ordne>orne>ourne ici.

Problèmes divers de grammaire historique

Oui, cela dépend des dialectes. Pour coffre, on n'a guère de variante, si ce n'est la prononciation coffe, condamnée par Jean Hindret (XVIIème) comme vinaigue et suque, et émanant de la "petite bourgeoisie parisienne".
Mais c'est évidemment un cas différent.

50 (Modifié par Viellfranceis 13/12/2018 à 18:09)

Problèmes divers de grammaire historique

Pour les voyelles on a aussi e+m >u gemellum> jumeau et femarium>fumier
on a femier au XII ème .
http://www.cnrtl.fr/etymologie/fumier
http://www.cnrtl.fr/etymologie/jumeau