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René-Guy Cadou, Aller-simple

Hello, je dois travailler sur ce poème mais je ne le comprends pas très bien malgrès mes recherches (en vain personne ne traite ce poème sur internet). Q'importe ce que vous savez sur ce poème dite le moi ça serait si gentil
merci d'avance

2 (Modifié par floreale 02/07/2018 à 15:42)

René-Guy Cadou, Aller-simple

Aller simple



Ce sera comme un arrêt brutal du train

Au beau milieu de la campagne un jour d'été

Des jeunes filles dans le wagon crieront

Des femmes éveilleront en hâte les enfants

La carte jouée restera tournée sur le journal

Et puis le train repartira

Et le souvenir de cet arrêt s'effacera

Dans la mémoire de chacun

Mais ce soir-là

Ce sera comme un arrêt brutal du train

Dans la petite chambre qui n'est pas encore située

Derrière la lampe qui est une colonne de fumée

Et peut-être aussi dans le parage de ces mains

Qui ne sont pas déshabituées de ma présence

Rien ne subsistera du voyageur

Dans le filet troué des ultimes voyages

Pas la moindre allusion

Pas le moindre bagage

Le vent de la déroute aura tout emporté.



In Œuvres poétiques complètes, © éd. Seghers

Peut-être aborder ce poème comme une métaphore et ce poème mélancolique comme la poésie du non-dit, du suggéré. Le train, le train de la vie, de la naissance vers la mort. Un aller simple, évoque un voyage sans retour. On ne peut s'empêcher de penser à la maladie qui condamnait Cadou qui mourra à 31 ans. La vie continuera pour les autres voyageurs du train. L'arrêt sera brutal pour le voyageur qui se sait malade. La vie nous laisse sans bagage devant la mort, seul ou presque dans la chambre où reste une lampe allumée.

Psaume 102:3
Car mes jours s'évanouissent en fumée,


Il y a de nombreux trains dans l'œuvre de René et presque toujours liés à la mort. Le 20 mars 1951 René se voyait dans un train qui l'emportait.
Durant son adolescence à Nantes, il allait derrière le quai Hoche, regarder les trains passer du haut d'une passerelle.
A Nantes, les trains avaient cette particularité, jusqu'à une date récente, de traverser la ville à sa limite en dessinant une courbe.
Ils longeaient ainsi une zone couverte de ferrailles, de détritus où erraient des chiens maigres où campaient des nomades. René allait rêver dans  cette zone.

Hélène Cadou

Les trains qui partent nous emmènent à travers des illusions féroces au-devant d'un massif stellaire qui pèse peu dans la balance de l'éternité.

René-Guy Cadou