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Être sûre de vouloir devenir prof de français

Bonsoir,

J'ai bientôt 23 ans et je viens d'être acceptée en master MEEF lettres. Mon parcours est un peu atypique. En effet, j'ai fait des études de droit et j'ai validé ma L1 mais je me suis réorientée en lettres parce que je savais que je voulais devenir professeur de français. Seulement voilà, je doute de plus en plus de ma "vocation" en ce moment. Je suis prête à faire beaucoup de sacrifices pour devenir prof, mais mon père a des problèmes de santé plutôt conséquent et j'ai peur d'être mutée à l'autre bout de la France, même dans deux ans.
J'ai aussi peur de ne pas être assez forte pour être capable de gérer des élèves, de ne pas être assez "douée" pour préparer des cours.
Je me laisse sans doute un peu trop envahir par mes inquiétudes, mais j'aimerais beaucoup avoir les avis de professeurs qui officient dans le second degré.
Merci d'avance pour vos réponses.

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Rassure-toi, on est tous passé par là... Et je dirais même que ceux qui ne se posent pas ces questions risquent de mauvaises surprises, car il faut se remettre en question avant d'être prof. Si on est trop sûr de soi on tombe de haut. Quant à partir, à l'heure actuelle où l'on manque de profs, on ne part pas bien longtemps, du moins en lettres (1 an ? et encore... tu peux peut-être être TZR dans ton académie. Regarde combien de points il faut, rapproche-toi d'un syndicat si nécessaire)

3 (Modifié par Ascagne 20/06/2018 à 23:02)

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Concernant la notion de sacrifice, il faut faire attention : le métier lui-même, surtout au début, peut donner l'impression d'avoir beaucoup sacrifié pour rien, si j'en crois les témoignages d'un certain nombre de stagiaires. Ma situation est particulière, je ne pense pas faire carrière dans le secondaire (j'ai passé l'agrégation dans la perspective du supérieur et je ne m'interdis pas de me passer un autre concours une fois docteur), mais je pense que j'aurais eu le sentiment d'avoir passé l'agrégation "pour rien" à l'issue de cette année scolaire (ma première comme professeur de lycée).

À moins de bénéficier d'une situation plus avantageuse (rapprochement de conjoint par exemple), la norme pour les jeunes enseignants du public reste de se retrouver nommé, après le concours, dans une académie lointaine. Il faut le prendre en compte. Malheureusement, les ascendants ne sont pas pris en compte (c'est le rapprochement de conjoint et les enfants qui sont considérés) lors des questions de mutation.
@Ammy : "On ne part pas bien longtemps" ? J'ai un doute, là. Cela dépend, certes, de l'endroit où l'on veut retourner.

Laura, puisque tu vas découvrir le master MEEF, tu vas pouvoir te faire une idée plus concrète de ce qu'est le métier, ce qui ne peut que t'aider par rapport à ton questionnement actuel. Il y a beaucoup d'aspects auxquels on ne pense pas forcément (le suivi des élèves, le rapport aux collègues et aux parents d'élèves, la discipline, le fait qu'on se retrouve devant un public d'adolescents parfois terribles, etc.). Si tu aimes vraiment bien la pédagogie et la didactique, tu pars avec des avantages, bien entendu.

4 (Modifié par Arthur 21/06/2018 à 02:49)

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Bonjour,

Les académies où il est le plus facile d'être titularisé dès le début de la carrière sont celles où la barre de mouvement est la plus basse (par exemple, étant agrégé avec quelques années d'ancienneté due à la scolarité à l'ENS, je disposais cette année de 28 points, ce qui m'a permis d'obtenir une affectation en lettres classiques dans l'académie de Nancy-Metz). Divers facteurs, dont notamment le lieu de résidence du conjoint éventuel, permettent d'obtenir plus de points pour tel ou tel vœu.

Cette année, un jeune professeur de lettres modernes avec le minimum de points pouvait obtenir son affectation sans aucun problème dans les académies d'Amiens, Créteil, Dijon, Nancy-Metz, Reims et Versailles, ainsi qu'en Guyane ou à Mayotte.

Pour connaître la liste des barres par discipline, voyez ici : https://www.snes.edu/Barres-des-mouveme … -2018.html (regardez sur plusieurs années pour vous faire une idée des tendances).

Cordialement,

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Oui bien sûr ça dépend des académies, du nombre de points etc. Mais par rapport à une autre époque et à certaines matières (comme les langues, l'EPS, etc.) actuellement même dans mon académie très demandée (Nice) les stagiaires parviennent souvent à revenir au bout d'un an ou deux. Après je ne connais pas les situations diverses et les bonifications de chacun.
Bref en connaissant le nombre de points qu'il faut pour ton académie, le nombre de points dont tu disposeras dans ta situation, tu peux te faire une idée.

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J'ajoute que se rapprocher d'un syndicat peut être vraiment bénéfique, ils connaissent très bien le système et les éventuelles combines à utiliser pour maximiser ses chances d'obtenir les vœux désirés.

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Merci beaucoup pour vos réponses. Je pense qu'en effet, le master MEEF va me donner une vision plus concrète du métier. J'aimerais rester au sein de l'académie de Strasbourg. Selon la barre des mouvements inter-académiques, cette année, il fallait 14,1 points pour rejoindre l'académie de Strasbourg alors que les autres années, la barre d'entrée était beaucoup plus élevée. Je ne sais pas si la tendance va s'inverser ou non, mais je vais arrêter de me poser trop de questions et voir ce qui m'attend en MEEF.

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Bonjour,
Un des meilleurs moyens de tâter le terrain est de faire un remplacement d'autant que les conditions ne sont pas toujours faciles, c'est un bon galop d'essai.

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Un remplacement, chose que je n'ai jamais eu à faire, m'est toujours apparu comme la pire des choses.
C'est sûr que si on y résiste, on est taillé pour être enseignant.

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Je suis d'accord, on peut se faire une idée mais souvent un remplacement est beaucoup plus difficile que ce que l'on vit ensuite quand on est en poste.