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Panurge et Epistemon dans Pantagruel de Rabelais

Bonjour,
Je lis Histoire de la littérature française de Xavier Darcos. Il a écrit dans la guerre de Pantagruel contre le géan loup Garou " Panurge, qui avait eu la tête coupée, est guéri par Epistémon." Mais, d'après mes connaissances et consultations sur Pantagruel, c'est à l'inverse. C'est Panurge a guéri Epistémon qui a la tête coupée. J'ai tort ou pas ?
Merci de votre confirmation.

Panurge et Epistemon dans Pantagruel de Rabelais

Mes sources doivent être les mêmes que les tiennes.

Rabelais - Pantagruel, chap.XXX (1532)

Comment Epistemon, qui avoit la couppe testée, fut guery habilement
par Panurge et des nouvelles des diables et des damnés
Ceste desconfite gigantale parachevée, Pantagruel se retira au lieu des flaccons, et appela Panurge et les aultres, lesquelz se rendirent à luy sains et saulves, excepté Eusthenes, lequel un des géans avoit egraphigné quelque peu au visaige, ainsi qu'il l'esgorgetoit, et Epistemon, qui ne comparait point. Dont Pantagruel fut si dolent qu'il se voulut tuer soy-mesmes, mais Panurge luy dist : «Dea, seigneur, attendez un peu, et nous le chercherons entre les mors, et voirons la vérité du tout».

Ainsi donc comme ilz cherchoient, ils le trouvèrent tout roide mort, et sa teste entre ses bras toute sanglante. Lors Eusthenes s'écria : «Ha ! male mort, nous as tu tollu le plus parfaict des hommes !» A laquelle voix se leva Pantagruel, au plus grand dueil qu'on vit jamais au monde. Et dist à Panurge : «Ha ! mon amy, l'auspice de vos deux verres et du fust de javeline estoit bien par trop fallace !» Mais Paiiurge dist : «Enfans, ne pleurez goutte, il est encores tout chault, je vous le gueriray aussi sain qu'il fut jamais».

Ce disant print la teste, et la tint sur sa braguette chauldement, afin qu'elle ne print vent. Eusthenes et Carpalim portèrent le corps au lieu où ilz avoient banqueté, non par espoir que jamais guerist, mais afin que Pantagruel le vist. Toutesfois, Panurge les reconfortoit, disant : «Si je ne le guerys, je veulx perdre la teste (qui est le gaigé d'un fol) ; laissez ces pleurs et me aidez». Adonc, nettoya très bien de beau vin. blanc le col, et puis la teste, et y synapisa de pouldre de diamerdis, qu'il portoit tousjours en une de ses fasques ; après les oignit de je ne sçay quel oignement : et les afusta justement vene contre vene, nerf contre nerf, spondyle contre spondyle, afin qu'il ne fust tortycolly, car telles gens il haissoit de mort. Ce faict, luy fit à l'entour quinze ou seize points d'agueille, afin qu'elle ne tombast de rechief ; puis mit à l'entour un peu d'un unguent qu'il appeloit resuscitatif.

Soudain Epistemon commença respirer, puis ouvrir les yeulx, puis baisler, puis esternuer, puis fit un gros pet de mesnage. Dont dist Panurge : «A ceste heure est il guery asseurement». Et luy bailla à boire un verre d'un grand villain vin blanc, avec une roustie sucrée. En ceste façon fut Epistemon guery habilement, excepté qu'il fut enroué plus de trois semaines, et eut une toux seiche, dont il ne peult onques guérir, sinon à force de boire.

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Panurge et Epistemon dans Pantagruel de Rabelais

Merci beaucoup de votre réponse.

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De rien. Si l’on consulte le texte...