1 (Modifié par thebox 18/03/2018 à 18:48)

Du Bellay, Les Regrets - Bizet, j’aimerais mieux faire un bœuf d’un fourmi,...

Bonjour,
Je dois faire le commentaire du sonnet cent quarante-trois du recueil Les regrets de Du Bellay.
J'ai compris la moitié du poème, du vers 9 à 14. Mais j'ai des doutes concernant les 8 premiers vers. Pouvez-vous m'aider à en mieux comprendre le sens ?
Pour ce qui est des vers 9 à 14, voici ce que j'ai compris : selon l'auteur, il est plus facile d'utiliser la louange plutôt que la satire. La satire nécessite un travail.

Et donc, dites-moi si je me trompe, dans les vers 5 à 8, lorsqu'il évoque les "bons mots", il évoque les gens (les courtisans) qui pensent avoir trouvé les bons mots satiriques mais il n'en ai rien ("on perd un bon ami").

Pour ce qui est des vers 1 à 4, je sais qu'il reprend Erasme (qui reprend Lucien) lorsqu'il dit faire d'une mouche un éléphant, autrement dit exagérer (vers 2). Et c'est là que je ne comprends pas vraiment.
Il dit qu'il "aimerait mieux" quoi ? exagérer plutôt que de quoi (vers 3 et 4) ?
J'ai essayé de comprendre, d'effectuer des recherches mais je bloque.
J'ai vu qu'il reprenait cette idée dans Divers Jeux rustiques, « Hymne de la surdité », v. 29-30 : « Je ne suis pas de ceux qui d’un vers triomphant / Déguisent une mouche en forme d’Éléphant ».
Voilà, est-ce que quelqu'un pourrait m'aider à en mieux comprendre le sens car je pense que je passe à côté. 


Bizet, j’aimerais mieux faire un bœuf d’un fourmi,
Ou faire d’une mouche un indique éléphant,
Que, le bonheur d’autrui par mes vers étouffant,
Me faire d’un chacun le public ennemi.

Souvent pour un bon mot on perd un bon ami,
Et tel par ses bons mots croit (tant il est enfant)
S’être mis sur la tête un chapeau triomphant,
À qui mieux eût valu être bien endormi.

La louange, Bizet, est facile à chacun,
Mais la satire n’est un ouvrage commun :
C’est, trop plus qu’on ne pense, un œuvre industrieux.

Il n’est rien si fâcheux qu’un brocart mal plaisant,
Et faut bien (comme on dit) bien dire en médisant,
Vu que le louer même est souvent odieux.

2 (Modifié par Laoshi 18/03/2018 à 20:46)

Du Bellay, Les Regrets - Bizet, j’aimerais mieux faire un bœuf d’un fourmi,...

Que veut dire Du Bellay ?
1ère strophe =>
Bizet (ce dédicataire serait soit Claude de Bizé, chanoine de Notre Dame de Paris, dans la maison duquel mourut le poète, soit Odoard Bizé, secrétaire du duc François de Guise), j'aimerais mieux faire un boeuf d'une fourmi ou faire d'une mouche un éléphant indien (c'est- à- dire j'aimerais mieux flatter, grandir quelqu'un) plutôt que d'être détesté (le public ennemi) par tous ceux que j'aurais critiqués en leur gâchant la vie. C'est plus agréable d'être aimé parce que l'on fait plaisir, que d'être haï parce qu'on dit aux gens leurs quatre vérités.

2ème strophe
On veut faire un bon mot, de l'humour, on se moque, et on perd un ami qui va en être vexé, affecté.
On s'imagine avoir été spirituel, il faut être bien naïf pour croire qu'on l'est, et  on aurait mieux fait de se taire.

L'art de la satire est difficile, contrairement à l'éloge qui peut être fait plaisir, et peut être haïssable (odieux) par son hypocrisie.
Il faut y déployer beaucoup plus d'habileté.

3 (Modifié par thebox 20/03/2018 à 11:56)

Du Bellay, Les Regrets - Bizet, j’aimerais mieux faire un bœuf d’un fourmi,...

Merci de votre réponse  .

Cependant je ne suis pas sur d'avoir bien compris (désolé, je ne suis pas très brillant      ).

Donc je récapitule :

Le poète préfère flatter plutôt que de dire la vérité.
Donc ici, il parle de la louange.

Il vaut mieux éviter de dire la vérité, de se moquer ouvertement. Autrement dit, il s'adresse à ceux qui ne maitriserait pas la satire ?

Mais alors qu'est-ce qui est haïssable ? l'éloge ? Si c'est le cas, il veut dire par là, que l'éloge est préférable bien qu'haïssable car hypocrite ?

Je vous remercie par avance. Veuillez m'excuser d'insister mais j'ai du mal à bien comprendre.

Du Bellay, Les Regrets - Bizet, j’aimerais mieux faire un bœuf d’un fourmi,...

Je ne peux guère que  répéter ce que j'ai déjà écrit.
L'éloge est plus facile et met moins en péril que la satire. Voilà ce que veut dire du Bellay.
Les compliments sont toujours mieux acceptés que les critiques.
La satire, si elle est maladroite, expose celui qui la pratique.
Du Bellay  durant son séjour à Rome a souffert de l'éloignement de son pays et de la corruption de la Ville Eternelle.
Dans une grande partie des Regrets il fait la satire de cette corruption de la Rome moderne (par rapport à la Rome antique), essentiellement celle de la cour du Pape..
Dans une autre partie de ce recueil, il fait l'éloge de ses amis et des grands du monde