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Universalisme et relativisme des moeurs dans les cultures

bonsoir a tous,
Quelqu'un ici et t' il relativiste? Ou quelqu'un as t' il un avis sur le sujet? Je cherche des gens intéressés par la question afin de comprendre moi même plus profondément.
Merci de votre réponse
lucieDesolée pour l'énorme faute.. C'est pas moi c'est le clavier

Universalisme et relativisme des moeurs dans les cultures

Il nous aiderait beaucoup, galutchka, que tu définisses "universalisme" et "rélativisme" dans le sens que tu entends.

L'Universalisme peut être Stoïcien, romain, chrétien, musulman, kantien, communautariste, pangermanique (sinon totalitarien), bourgeois (pour Marx), optimiste, opposé actuellement au scepticisme pour (respectivement) la pratique et la théorie (concernant l'universalité de la vérité et du bien....ancien débat révolu.)

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Universalisme et relativisme des moeurs dans les cultures

La definition que j'en ai est la plus courante et la plus large. Je suis en terminale L et ce sont les reperes actuelles que nous étudions.Je ne vais pas les definir avec mes mots qui ne seraient pas assez justes. Je reviens preciser avec une definition qui tient la route.Nous avons abordé la notion de devoir. Nous avons dissocié le devoir moral du devoir legal. Ensuite nous nous sommes posé la question e l'origine et du fondement de devoir moral. Vient t'il de notre education, de notre culture ou est t'il inné? partageons nous tous les meme bases de moralités?
A ce moment la nous avons abordés les notions de relativisme et universalisme. Le relativiste pensant que les valeurs morales decoulent de l'education, et correspondent a des regles purement sociales;  et l'universaliste pensant que ces valeurs ne soient pas culturelles mais communes à tous les etres humains.
Ensuite nous avons vu que le relativisme entraine la tolerance puisqu'il sous entend que chaque culture a sa position et que nulle ne peut pretendre avoir la bonne. De cette facon aucun systeme moral ne peut en dominer un autre et aucune culture ne peut en juger une autre. Le relativisme lutte contre l'ethnocentrisme parce que chaque culture a son referentiel et qu'il n'y a pas de referentiel absolu. "Le relativisme est une forme de scepticisme". Pour la suite je vais cité ce que j'ai pris en note
"Le relativisme est une hyphotese qui semble assez seduisante dans ces arguments et dans la capacité critique de tolerance qu'elle enfraind mais elle reste pourtant tres problematique:
Si on n'a pas de referentiel absolu, on ne peut rien qualifier d'intolerable. Car a partir du moment ou on considere qu'on est en droit de critiquer, c'est qu'on est universaliste. Penser qu'il y a de l'intolerable dans le cannibalisme ou le sacrifice humain c'est tenir une position universaliste."
Nous avons ensuite derivé sur le sceptisisme tout en restant dans le meme domaine.. Et j'avoue qu'a ce moment, tout n'est pas clair.. Je me pose quelques questions.

Universalisme et relativisme des moeurs dans les cultures

galutchka a écrit :

Nous avons abordé la notion de devoir. Nous avons dissocié le devoir moral du devoir legal. Ensuite nous nous sommes posé la question e l'origine et du fondement de devoir moral. Vient t'il de notre education, de notre culture ou est t'il inné? partageons nous tous les meme bases de moralités?
Ensuite nous avons vu que le relativisme entraine la tolerance puisqu'il sous entend que chaque culture a sa position et que nulle ne peut pretendre avoir la bonne. De cette facon aucun systeme moral ne peut en dominer un autre et aucune culture ne peut en juger une autre. Le relativisme lutte contre l'ethnocentrisme parce que chaque culture a son referentiel et qu'il n'y a pas de referentiel absolu. "Le relativisme est une forme de scepticisme". Pour la suite je vais cité ce que j'ai pris en note
Nous avons ensuite derivé sur le sceptisisme tout en restant dans le meme domaine.. Et j'avoue qu'a ce moment, tout n'est pas clair.. Je me pose quelques questions.

Bravo lucie! Je crois que tu en as fait un tour remarquablement clair!
Devoir moral: avant d'ajouter des notion de culpabilité ou de jugement, peut-être serait-il utile d'essayer de trouver des priorités. Est-ce le devoir moral principal n'est le devoir à soi-même plus que celui envers les autres? Ce qui pourrait paraître égoïste dans un premier temps se justifierait par le BESOIN de l'animal (que nous sommes tous) de se préserver.
Si je partage le peu de pain que j'ai avec mon voisin, nous risqerons de mourir tout le deux. Le manger moi-même prolonge ma vie. Ai-je fait mon devoir moral en ce faisant? Se préserver est peut-être un devoir moral universal.
Les BESOINS des sociétés gouvernent souvent les Lois qu'elles promulguent. La surpeuplement en Chine mène à édicter qu'une famille n'a droit qu'engendrer un seul enfant. Dans d'autres sociétés, cette contrainte serait considérée comme moralement inacceptable. En ce cas je vois se confondre les devoirs moral et légal. Mais je dirais qu'à l'origine, les besoins culturel* et de survie de la race s'y jouent.
Puisque les même droits et devoirs ne sauraient s'appliquer à toutes les sociétés, il me semble qu'il est impossible à postuler un universalisme.
Dans un monde ideal on pourrait proposer des valeurs universels, espérant que graduellement tout le monde se rassemblerait autour d'elles, mais ces valeurs ont tendance à changer avec l'éxpérience et l'évolution que portent les époques différentes.
"Tu ne tueras point" semble bien, bien-pensant et bien égalitaire (car comme ça je ne te tuerai pas non plus). Mais la question de l'euthanasie a récemment dérangé cette Loi morale. On est loin d'autoriser l'euthanasie ou même l'admettre comme universellement applicable (qui décide? et s'il décidait à tuer ¾ des personnes en France pour éliminer toute opposition à ses idées? et le respect pour la vie, n'a-t-il plus de valeur?) On relativise sur ce plan aussi.
Le commandement donné à Moïse, deviendra-t-il non seulement plus une référence absolue, mais même caduque?
On a noté la tendance pendant 1500 ans à essayer d'appliquer l'universalisme ("dans le regard de Dieu, il n'y a pas homme et femme, Juif et Grec....mais que des êtres humains - Saint Paul" et "tout enfant est né musulman" - Mahomet). Mais l'individualisme qui augmente depuis la renaissance semble nous pousser plus vers le relativisme. Des lois de base, des exceptions....

Donc 'c'est pas bien que l'on mange ses semblables' MAIS (exception) il y a des gens qui ont survécu d'un crash d'avion sur une montagne en faisant cela, tout en attendant de l'aide.' C'est logique si la culture n'est pas universelle (et elle est loin de l'être) que les us et coutumes de tribus qui pratiquent le cannibalisme nous choque. Porter des costumes cravates leur choquera sûrement aussi.

*En fait je dois dire qu'en qui concerne la culture, il me semble que l'on en l'hérite en partie, mais beaucoup est apporté par l'éducation/elevage. La culture d'une graine de blé dépend de sa constitution génétique ainsi qu'à la façon dont on la sème et de l'eau et nourriture qu'elle reçoit. donc la culture me semble partager l'inné et l'apport.


Et quelles sont les questions que tu te poses maintenant?

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Universalisme et relativisme des moeurs dans les cultures

La première question est toute simple:
Je conçois que personne n'est en droit d'émettre un jugement sur une pratique sans en avoir discuté avec plusieurs personne de differents points de vue, sans y avoir réfléchi. Mais penser que tout est tolérable semble impossible (je n'ai pas d'exemple à vous donner car mes jugements sont ceux d'une occidentale qui ne connais que sa culture). Or, si j'ai bien compris, penser qu'une pratique est intolérable revient à être universaliste.. Penser que certaines valeurs fondamentales sont partagées par tout le monde aussi. Alors je ne voit pas très bien comment l'on peut être réellement relativiste.Pourtant la question de base avant d'introduire les notions de relativisme et d'universalisme était:
Pensez-vous que le devoir morale est intérieur et qu'il est en chacun de nous ou pensez-vous qu'il nous soit donné par la culture, l'éducation, la religion ou la société.
Il parait évident que ces valeurs en soient imprégnées! Je peux donc penser que le devoir moral nous vient de l'eductaion et être pourtant universaliste..
Je réfléchis a la formulation de ma deuxième question puis reviens vous la poser.
Et je relirai aussi votre message
Merci beaucoup
Lucie

Universalisme et relativisme des moeurs dans les cultures

Il est difficile d'aller loin dans l'exploration de la moralité sans invoquer et approfondir ses connaissaance de Kant.
Pour lui une Vérité est universellement nécessaire et nécessairement universel. Par contre, dans ce cas, il ne demande pas le consentement de 100% des habitants de notre belle planète, uniquement celui d'une majorité. "Le ciel est bleu" est une Vérité assez rassembleuse. "Dieu existe" ne l'est pas en soi: dans ce cas il faut des preuves.
il est assez communément reconnu que les devoirs sont accompagnés par des droits et vice versa. Ce que veut dire qu'en mentionnant un devoir, il faut inclure les droits qui l'accompagnent pour estimer si universellement le colis est reconnaissable, à approuver ou non. "J'ai le droit de traverser la rue à pied; j'ai le devoir moral de ne pas me faire tuer ou d'effrayer les automobilistes". C'est un colis communément (universellement) acceptable, dirais-je.
"J'ai le devoir moral/religieux de faire de l'aumône; mais si je n'ai pas de sous moi-même ce devoir est effacé par rapport à mes propres besoins". Ce devoir est donc plutôt dépendant du relativisme de mon point de vue.
Tu demandes si l'origine de ses devoirs est en nous-mêmes ou vient de l'extérieur.
Petite digression: j'ai défendu l'hypothèse que l'animal n'est pas capable du raisonnement, ce qui distingue l'homme du reste des animaux. Ce n'est pas sans conteste. En revanche, l'homme est incontestablement animal. Il agit donc par des instincts et réflexes (héritage, en nous, naturels) et par des conditionnements (venus de l'extérieur).
Il est instinctif de respirer de l'air, il est un sina qua non de vivre; mais en a-t-on le droit moral? En prenant un bouffé de l'air, on prive notre voisin de ce même air. On lui vol l'air qu'il aurait pu choisir en toute liberté de respirer lui-même.
Ah! tu dirais: il y a assez d'air pour tout le monde. donc il faudrait inclure cette notion dans un énoncé du droit moral de respirer, ainsi que les devoirs (ne pas user l'oxygène jusqu'à l'épuisement par exemple) pour que ce soit universellement acceptable. Mais ces conditions, paradoxalement rendent le devoir universel....relatif!

"Tout est tolérable" est un idéal. "Tout est tolérable à condition que..." relativise l'énoncé.

Ce sont des réflexions plutôt que des réponses, je crains, mais j'espère qu'elles t'aideront à voir plus clair.

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Universalisme et relativisme des moeurs dans les cultures

Je pense avoir compris un bon nombre des choses, oui.
J'ai vu que Kant soumettais tous les actes qu'il s'apprêtait à faire au test d'universalition. Mais je n'ai rien lu de lui.
Vous enseignez la philo?

Universalisme et relativisme des moeurs dans les cultures

LOL
Non, mais je m'y intéresse fortement.

Universalisme et relativisme des moeurs dans les cultures

Admettons que culture, éducation, société nous "lègue" ou nous "propose" un héritage moral, et, sachant  ce que nous proposent la plûpart des sociétés au monde, nous pouvons admettre qu'il existe une "universalité" de la morale.
En revanche, tout acteur de la société a le choix d'adopter ou de ne pas adopter ce qu'on lui propose.
De plus, si intellectuellement il est assez facile de n'être choqué par rien, les actes que nous entreprenons peuvent nous obliger à choisir dans l'instant l'adhésion ou le rejet d'une morale.
Par conséquent, ne peut-on dire que le choix de morale peut être universaliste alors que l'action nous oblige à relativiser?

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Universalisme et relativisme des moeurs dans les cultures

lebeau a écrit :

le choix de morale peut être universaliste alors que l'action nous oblige à relativiser?

Très bien dit, lebeau.

Je m'interroge sur les origines du droit moral. Si le droit n'a pas de fondations solides et universelles quid du droit lui-même?
"Tu ne tueras point" (universaliste) a ses origines, non pas dans la peur de la revanche (ce qui j'avais suggéré précédemment un peu sournoisement), mais dans la nécessité de préserver notre espèce. C'est tout comme l'interdiction de manger du porc dans les pays au climat très chaud avant l'invention du salage et du réfrigérateur. Le porc (plus que le bœuf ou l'agneau) attire et cultive rapidement des bactéries qui tuent l'homme.
Cette nécessité je regarde comme un besoin naturel de base: conserver la vie = éviter l'extinction.

Aujourd'hui, la diplomatie prime sur la bataille et il y a de moins en moins de soldats tués dans les guerres depuis 60 ans. (Pourtant...et proprement choquant moralement parlant...la proportion de civils tués dans les guerres augmente grandement!) Bon, on peut être content (sinon encore satisfait) que moins de personnes meurent dans les guerres et que les pays se parlent de plus en plus pour éviter cette tendance....à l'extinction.
La guerre dans le passé a bien 'obligé' l'homme à tuer ses frères. Quel dommage que l'on n'a pas trouver la force diplomatique assez tôt. C'est donc choquant à nos yeux contemporains.

Le droit moral à la Liberté permet l'Homme à prier au Dieu de son choix, ou de choisir de ne pas reconnaître un Dieu ou autre pouvoir transcendant. Il s'avère que dans plusieurs guerres, et assez récemment dans notre histoire, des troupes ennemies ont prié au même Dieu pour la victoire. Dans les faits, raison est toujours donnée au gagnant et pas au vaincu. Mais la seule base que j'y vois est que le gagnant a été plus puissant, jouant d'une meilleure stratégie, plus cruel, .....   ce qui ne lui donnent pas beaucoup de moralité. Cela me choque aussi. Heureusement, l'espoir est là aussi; avec de moins en moins de guerres, on est 'obligé' de tuer de moins en moins d'êtres humains et, plus important à mon égard, les pays se fédèrent. Pour moi cette forme de mondialisation à la fois économique, sociale et défensive/offensive est moins choquant moralement que la situation planétaire en 1945.

Est-ce que cette mondialisation ne rapporte pas plus d'universalisme dans nos vies?