1 (Modifié par Jehan 05/03/2018 à 22:49)

Jean Tardieu, La Seine de Paris

Bonsoir à tous ! Je suis en classe de première S et je rencontre des difficultés à analyser le poème de Jean Tardieu, La Seine de Paris, dans le cadre d'un carnet de poésie sur Paris.
Voici le poème :

De ceux qui préférant à leurs regrets les fleuves et à leurs souvenirs les profonds monuments aiment l’eau qui descend au partage des villes, la Seine de Paris me sait le plus fidèle à ses quais adoucis de livres. Pas un souffle qui ne vienne vaincu par les mains des remous sans me trouver prêt à le prendre et la relire dans ses cheveux le chant des montagnes, pas un silence dans les nuits d’été où je me glisse comme une feuille entre l’air et le flot, pas une aile blanche d’oiseau remontant de la mer ne longe le soleil sans m’arracher d’un cri strident à ma pesanteur monotone ! Les piliers sont lourds après le pas inutile et je plonge par eux jusqu’à la terre et quand je remonte et ruisselle et m’ébroue, j’invoque un dieu qui regarde aux fenêtres et brille de plaisir dans les vitres caché. Protégé par ses feux je lutte de vitesse en moi-même avec l’eau qui  ne veut pas attendre et du fardeau des bruits de pas et de voitures et de marteaux sur des tringles et de voix tant de rapidité me délivre… les quais et les tours sont déjà loin lorsque soudain je les retrouve, recouvrant comme les siècles, avec autant d’amour et de terreur, vague après vague, méandres de l’esprit la courbe de mon fleuve.

Jean TardieuLe témoin invisible

Voilà, merci beaucoup. J'imagine qu'ici, la problématique à poser serait : Quelle image de Paris ce poème propose-t-il ? Ou encore : Quels sont les sentiments mis en avant par le poète dans ce texte ?

2 (Modifié par floreale 06/03/2018 à 07:18)

Jean Tardieu, La Seine de Paris

Les fleuves cachés, 1968

Es-tu sûr de la disposition du texte ?

La seine, un fleuve ou la métaphore de la poésie ?

I. La seine, féminisée :
mains, souffle, cheveux ...
champ lexical de l'onde
insaisissable

II. Le poète (Repérer les actions et réactions de JE)
sa fidélité
sa quête
sa course

III. La seine, métaphore de la poésie
bordée par les quais des bouquinistes et échappant aux règles des arches des ponts
avec les méandres de la phrase
"méandre de l'esprit" qui traverse les siècles

3 (Modifié par Distopia62 06/03/2018 à 12:13)

Jean Tardieu, La Seine de Paris

Bonjour, merci beaucoup je n'avais pas du tout la même conception du poème mais je trouve que celle ci est plus originale! Peut-on dire que la Seine est personnifiée dans ce cas ? Je vais tenter de relever quelques procédés stylistiques pour combler ce plan déjà fournit 

Champ lexical de l'ombre insaisissable: souffle, mains, cheveux qui personnifie la Seine en tant que femme

La je ne relève aucune autre figure de style

Réactions et actions du poète : pesanteur monotone (oxymore?) qui montre qu'il est dans un état second, qu'il rêve.
Je remonte et ruisselle et m'ebroue : ici impression de rapidité avec la répétition de "et". Ici réification du poète en fleuve ?

Me délivre : catharsis exprimée par le poète qui observe la Seine, la contemple.