1 (Modifié par floreale 05/03/2018 à 16:19)

Éluard, L’Invention

Bonjours à tous,

En vue de la préparation de mon oral blanc de Français, je suis en train de préparer mes textes en accumulant des informations sur les mouvements, les auteurs, etc... Je cherche aussi des ouvertures possibles à chacun des textes. Or, j'ai du mal à en trouver une pour le poème "L'Invention" de Paul Eluard :

"La droite laisse couler du sable.
Toutes les transformations sont possibles.

Loin, le soleil aiguise sur les pierres sa hâte d’en finir.
La description du paysage importe peu,
Tout juste l’agréable durée des moissons.

Clair avec mes deux yeux,
Comme l’eau et le feu.

*

Quel est le rôle de la racine ?
Le désespoir a rompu tous ses liens
Et porte les mains à sa tête.
Un sept, un quatre, un deux, un un.
Cent femmes dans la rue
Que je ne verrai plus.

*

L’art d’aimer, l’art libéral, l’art de bien mourir, l’art de penser, l’art incohérent, l’art de fumer, l’art de jouir, l’art du moyen âge, l’art décoratif, l’art de raisonner, l’art de bien raisonner, l’art poétique, l’art mécanique, l’art érotique, l’art d’être grand-père, l’art de la danse, l’art de voir, l’art d’agrément, l’art de caresser, l’art japonais, l’art de jouer, l’art de manger, l’art de torturer.

*

Je n’ai pourtant jamais trouvé ce que j’écris dans ce que j’aime."

La problématique proposée par ma professeure est : En quoi ce poème est-il un art poétique ?

Je dois avouer avoir du mal à comprendre la question, c'est peut-être la raison pour laquelle je ne trouve pas d'ouverture pouvant être liée à ce poème.

J'espère que vous pourrez m'éclairer.
Merci beaucoup

2 (Modifié par floreale 05/03/2018 à 16:21)

Éluard, L’Invention

Resituer ce poème dans le recueil Capitale de la douleur et dans la section Répétitions.

Voir les illustrations de Max Ernst.

Gros plan sur le titre : L' invention. l'art poétique surréaliste est d'abord une invention verbale.

http://pierre.campion2.free.fr/smeitinger_eluard.htm

Dans la première section : Répétitions (première parution en 1922, aux éditions Au sans pareil, avec des dessins de Max Ernst) qui comprend 35 poèmes composés entre 1914 et 1922, dominent le rêve, l'automatisme, la nouveauté incongrue, les collages. Car, comme l'écrit l'auteur à Jacques Doucet pour accompagner l'envoi de l'édition originale du recueil : « Il s'agissait de recueillir tous les déchets de mes poèmes à sujet, limités et forcément arides, toutes les parties douces comme des copeaux qui m'amusent et me changent un peu ; elles me paraissent faites depuis toujours, comme les mots et j'y ai pris goût facilement […]. Le vers a jailli tout seul. Tout se lie, les mots favoris se placent – tout cristal – on les connaît si bien. » Ce sont surtout des fragments et le poète, se livrant aux jeux de l'image pure arrachée à toute référence préétablie et se combinant librement à toute autre, pratique ainsi la technique du collage chère à Max Ernst, suivant les traces de Braque et de Picasso.

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Éluard, L’Invention

Bonsoir,

Il convient d'abord de définir ce qu'est un art poétique :
- l'expression d'un projet poétique, la formulation théorique de ce qui constitue l'essence de la poésie selon le poète,
- et en même temps un exemple, une mise en œuvre pratique de cette affirmation théorique.

Eluard élude la partie théorique.
De plus il inverse les propositions dans le final.
Il s'agit à l'évidence d'une esthétique novatrice déroutante revendiquée.