1 (Modifié par marie65 04/03/2018 à 18:48)

Madame du Châtelet, Discours sur le bonheur - Le grand secret pour que l'amour ne nous rende pas malheureux...

Bonjour à tous j'ai un petit problème je ne suis pas du tout sûr de mon plan de dissertation: ma problématique me demande d'exposer les arguments qui permettent d'être heureux en amour selon l'auteur.

Plan:
I -
a) texte structuré
b)procédés de l'argumentation: -rhétorique (plusieurs figures de style, bien parler)
                                              -convaincre ( donne une sorte de recette pour être heureux...)
                                              -persuader ("Il faut donc suivre cette maxime"
                                              -déliberer (elle dit que cela dépend des situations)
c)idées novatrices: (le bonheur ne se trouve pas forcément qu'avec un seul homme, la raison doit faire notre bonheur)

II- Heureux
intro: définir le bonheur

a)une recette, démonstration scientifique du bonheur
b)l'amour peut rendre malheureux
c) vision différente du bonheur en avance sur son temps

III - Amour
intro: définir l'amour

a)l'amour est plus nécessaire pour certaine personnes ?
b) l'amour qui dure peu est le meilleur ?
c)l'infidélité est saine et normal quand on aime quelqu'un

Merci d'avance , au moins d'avoir pris la peine de lire ce message !

Voici l'extrait du discours:

Le grand secret pour que l'amour ne nous rende pas malheureux, c'est de tâcher de n'avoir jamais tort avec votre amant, de ne lui jamais montrer d'empressement quand il se refroidit, & d'être toujours d'un degré plus froide que lui; cela ne le ramènera pas, mais rien ne le ramenéroit: il n'y a rien à faire qu'à oublier quelqu'un qui cesse de nous aimer. S'il vous aime encore, rien n'est capable de le réchauffer & de rendre à son amour sa première ardeur que la crainte de vous perdre et d'être moins aimé. Je sais que ce secret est difficile à pratiquer pour les âmes tendres & vraies; mais elles ne peuvent trop cependant prendre sur elles pour le pratiquer, d'autant plus qu'il leur est bien plus nécessaire qu'à d'autres. Rien ne dégrade tant que les démarches qu'on fait pour regagner un cœur froid ou inconstant: cela nous avilit aux yeux de celui que nous cherchons à conserver, & à ceux des hommes qui pourraient penser à nous; mais ce qui est bien pis, cela nous rend malheureux & nous tourmente inutilement. Il faut donc suivre cette maxime avec un courage inébranlable, & ne jamais céder sur cela à notre propre cœur; il faut tâcher de connoître le caractère de la personne à qui on s'attache, avant de céder à son goût; il faut que la raison soit reçue dans le conseil, non cette raison qui condamne toute espèce d'engagement comme contraire au bonheur, mais celle qui, en convenant qu'on ne peut être fort heureux sans aimer, veut qu'on n'aime que pour son bonheur, & qu'on surmonte un goût dans lequel on voit évidemment qu'on n'essuyeroit que des malheurs; mais quand ce goût a été le plus fort, quand il l'a emporté sur la raison, comme cela n'arrive que trop, il ne faut point se piquer d'une constance qui seroit aussi ridicule que déplacée. C'est bien le cas de pratiquer le proverbe, les plus courtes folies sont les meilleures; ce sont sur-tout les plus courts malheurs: car il y a des folies qui rendroient fort heureux, si elles duroient toute la vie; il ne faut point rougir de s'être trompé; il faut se guérir, quoi qu'il en coûte, & sur-tout éviter la présence d'un objet qui ne peut que vous agiter, & vous faire perdre le fruit de vos réflexions: car chez les hommes la coquetterie survit à l'amour; ils ne veulent perdre ni leur conquête, ni leur victoire, & par mille coquetteries ils savent rallumer un feu mal éteint, & vous tenir dans un état d'incertitude aussi ridicule qu'insupportable. Il faut trancher dans le vif, il faut rompre sans retour; il faut, dit M. de Richelieu, découdre l'amitié & déchirer l'amour; enfin, c'est à la raison à faire notre bonheur: dans l'enfance, nos sens se chargent seuls de ce soin; dans la jeunesse, le cœur et l'esprit commencent à s'en mêler avec cette subordination, que le cœur décide de tout; mais dans l'âge mûr, la raison doit être de la partie, c'est à elle à nous faire sentir qu'il faut être heureux, quoi qu'il en coûte.

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