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Dater l'âge classique en littérature

Bonjour,

Pourriez-vous m'aider à dater, de la manière précise possible, l'âge classique en littérature ?

Pour mes travaux de recherche, je rédige actuellement une brève historie de l'auteur à travers les siècles. Je découpe ainsi mon développement de la manière suivante : Antiquité/Moyen Age/Renaissance/Age classique/Période contemporaine.

La période de l'âge classique, en littérature, englobe-t-elle également les Lumières ?


En vous remerciant par avance pour votre aide et en vous souhaitant une bonne journée,

B.

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Dater l'âge classique en littérature

Pour être simple
l'âge classique n'englobe pas les Lumières,
il correspond à peu près au règne de Louis XIV.

Enfin, avant la période contemporaine, tu passes sous silence des mouvements importants comme le romantisme par exemple.

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Dater l'âge classique en littérature

Pourtant, le XVIIIème ne remet guère en cause l'esthétique littéraire du siècle précédent, que Voltaire admirait, justement.

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Dater l'âge classique en littérature

Bonjour,

Je vous remercie pour vos réponses. 

Pour ce qui est de mon découpage, je me suis intéressée à plusieurs ouvrages traitant de mon sujet ( soit l'histoire de l'auteur), qui découpent également l'Histoire de cette manière. Peut-être que le statut de l'auteur ( qui s'est véritablement défini à l'âge classique, justement) n'a pas beaucoup évolué jusqu'à notre époque contemporaine, ce qui expliquerait cette omission de plusieurs grands courants littéraires.

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Dater l'âge classique en littérature

Ce qui change dans l'histoire de l'auteur, c'est le virage amorcé au XVIIIe siècle avec le passage du compte d'auteur ou du mécénat à la rémunération par les oeuvres. Ecrire devient une profession.

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Dater l'âge classique en littérature

Je vous remercie Jean-Luc pour vos précisions.

L'âge classique engloberait donc tout le XVIIème siècle ?

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Dater l'âge classique en littérature

Pour moi, ces découpages n'ont pas grand sens : on se base tantôt sur le mouvement des idées, tantôt sur des idéaux esthétiques, tantôt sur un formalisme pur.
Ainsi, comme allons-nous définir le XXème siècle, par exemple ?

Et attention au sens du terme de classicisme : il en a au moins trois :
1° Boileau a précisé l'idéal classique en poésie,
2° Camus est un classique,
3° Breton, Desnos et le jeune Éluard représentent le classicisme du Surréalisme (ouïe, je sens de mystérieuses Érinyes venir me tirer les oreilles  ).

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Dater l'âge classique en littérature

Merci Jacques pour votre réponse.


J'envisage ici l'âge classique comme une période historique  où l'auteur, tel que nous l'appréhendons aujourd'hui, est apparu - soit comme un auteur produisant des ouvrages à visée esthétique, et possédant un véritable rôle dans la société. C'est pour cela que les Lumières et le Romantisme, en dehors des progrès juridiques du droit d'auteur, ne m'intéressent guère dans ma brève revue historique de l'auteur.

Par exemple, le XXème siècle serait pour moi une sorte de "Retour paradoxal de l'auteur", puisque ce dernier est à la fois omniprésent dans notre environnement médiatique, tout en étant noyé dans une masse d'auteurs et remis en cause par les nouvelles pratiques numériques de lecture et d'écriture ( question problématique du droit d'auteur sur internet, etc...).

Paul Bénichou, dans son ouvrage "Le sacre de l'écrivain", date cet avènement de l'auteur dans les année 1750-1850. Je suis un peu perdue. A votre avis, cela correspond-il à l'âge classique ?

9 (Modifié par Jean-Luc 14/01/2018 à 16:35)

Dater l'âge classique en littérature

Il y a en effet quiproquo.
A mon humblre avis, la réponse devrait être recherchée dans la discipline lancée par Robert Escarpit, la sociologie de la littérature.
Je ne serais pas surpris de constater que la nouvelle forme d'auteur soit née entre 1750 et 1850 sous l'influence des Lumières. L'auteur ne se contente plus d'une production esthétique, il se veut utile et produit des oeuvres de combat (politiques ou esthétiques).
Parallélement l'évolution dans la fabrication des livres va conduire l'auteur à infléchir son projet. Nous entrons alors dans la modernité.

https://www.cairn.info/revue-poetique-2 … ge-107.htm

Selon Escarpit, ce sont justement ces évolutions technologiques qui permettent de cerner la spécificité de la littérature dans son fonctionnement contemporain, c’est-à-dire à l’intérieur de la civilisation de masse. La massification de la communication signifie une double évolution pour la littérature. D’un côté, les nouveaux moyens de communication sont sociologiquement indifférents quant aux récepteurs. La littérature ne se limite plus à un groupe restreint de lettrés dotés d’une compétence culturelle, mais atteint aussi, directement (par la massification du livre : l’édition de poche bon marché) ou indirectement (par le biais d’adaptations ou de prolongements audiovisuels), le grand public. D’un autre côté toutefois, contrairement à ce qui est le cas à l’intérieur du circuit lettré, l’individu qui se promène sur le marché des biens culturels est envisagé par la logique du marché non pas comme un lecteur plus ou moins prédestiné à la lecture de telle ou telle œuvre, mais comme un consommateur ayant à effectuer un choix toujours plus ou moins arbitraire. En d’autres mots, les liens substantiels entre la production et le public sont désormais rompus. Pour le fonctionnement concret de la littérature, cela implique que la lecture est de moins en moins une pratique qui se déroule à l’intérieur du circuit restreint et consistant à interpréter « correctement » l’œuvre, mais qu’elle devient au contraire une pratique se déroulant « hors contexte », ou encore, à l’intérieur d’un « grand public ». Dans la société contemporaine, le livre ne reste plus limité au « public-milieu » mais passe nécessairement au-delà. La « trahison créatrice »n’est plus une des modalités possibles de la réception d’un texte, mais désigne, dans la civilisation de masse, le mode de fonctionnement même de la littérature.

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Dater l'âge classique en littérature

Je vous remercie Jean-Luc pour votre réponse complète. Effectivement, le passage par la sociologie de la littérature me semble ici inévitable.

Une dernière question avant de clore ce sujet : dans la phrase " La critique biographique prend appui sur l'homme pour expliquer l'oeuvre", le mot "homme" doit-il ou non prendre une majuscule ? Bien qu'il ne renvoie pas ici directement à l'humanité tout entière, peut-on le laisser en minuscule ?

En vous souhaitant une bonne journée,

B.