Le Moniage Guillaume, 2e rédaction du vers 2071 à 2127

Bonjour à tous,

Après avoir parcouru les forums et m'être rendue compte de l'aide qui était apporter ici, je m'adresse à vous dans l'espoir que quelqu'un puisse éventuellement corriger ma traduction!

Un très très très très grand merci à la personne qui m'aidera !


Hui mais orés canchon de fiere geste,
Dès aujourd’hui, vous entendrez un poème à propos d’importants hauts faits,

Chil jougleour en cantent en viele,
Ces jongleurs en chantent au moyen de vielle,

Mais teus en cante et au main et au vespre
Qui n’en set pas vaillant une cenele.
Mais tous en chantent au matin et au soir,
celui qui n’en connait aucune ne vaut pas mieux qu’une petite baie.


(2075) Vait s’ent Guillaumes si laisse sa herberge,
Guillaume s’en va et laisse son auberge/son logement

Les moines laisse, et il en font grand feste
Il laisse les moine, et ces derniers (ils) s’en réjouissent beaucoup/ils manifestent beaucoup leur joie

Si prient Dieu, le glorieus celestre,
Et ils prient Dieu, le Glorieux au ciel,

Que il ja mais ne viegne a lor repere.
Afin que plus jamais il (= Guillaume) ne revienne dans leur habitation.

Vait s’ent li quans en pure sa gonele,
Le comte s’en va non équipé de sa tunique (voir http://micmap.org/dicfro/previous/dicti … 468/6/pure pour la locution particulière et Glossaire pour Gonele),

(2080) Descaus, en langes, parmi la terre pesme ;
Déchaussé, dans une chemise de laine, le plus mauvais/misérable sur terre;

Li pié li sainent des pierres qui l’apressent.
Il saigne des pieds à cause des pierre qui l’accablent.

Ce suefre il pour Dieu, le roi celestre :
Il supporte cela pour Dieu, le Roi dans le ciel :

Dieus l’en rendi guerredon mout honeste.
Dieu lui rendit une récompense très honorable pour cela.

Parmi Prouvenche li marchis se traverse,
Le comte va à travers la Provence,

(2085) Passe les bos et les puis et les tertres,
Il parcourt les bois, les puits et les tertres,

Mangue pumes, faines et ceneles.
Il mange des pommes, des faines (= glands du hêtre) et des cenelles.

Ensi s’en passe le jour dusques au vespre,
Ainsi il traverse le jour jusqu’à la tombée du soir

Et prie Dieu et la virge pucele
Et il prie Dieu et la Vierge

Qu’en itel lieu le mete ou il le serve.
Pour qu’ils le mettent dans un lieu où il puisse le (= Dieu) servir. (?)

XXXVIII

(2090) Vait s’ent Guillaumes sans nul detriement,
Guillaume s’en va sans délai

Pour amor Dieu suefre mout grant torment,
Il supporte une très grande tourmente pour l’amour de Dieu

Et pri Dieu, le pere omnipotent,
Et il prie Dieu, le Père omnipotent (qui peut tout),

Qu’il le conduie et maint a salvement
Pour qu’il le conduise et le mène (maint = subj. de “mener”) au salut

Et qu’il maintiegne Löëy le vaillant
Et pour qu’il aie sous sa garde/pour qu’il protège Louis le courageux

(2095) Et Banceflor, sa seror au cors gent,
Et Banceflor (= ??), sa soeur au joli corps,

Et tous ses freres et ses autres parens,
Et tous ses frères et le reste de sa lignée (ses autres parents),

Et il maintiengne l’abé et le convent,
Et pour qu’il protège l’abbé et le couvent,

Car il en va pour estre penëans.
Car il s’en va pour être pénitent (faire pénitence?).

Ne sai pas dire trestout son airrement :
Je ne peux raconter toutes ses aventures (tous ses égarements, vient de “errement”):

(2100) Tant va li quens et arriere et avant,
Le comte va tant en arrière et en avant,

Qu’en un val entre mout soutil et mout grant.
qu’il entre dans dans une vallée très écartée et très grande.

Desous un arbre foillu et verdoiant
Sous un arbre feuillu et verdoyant

Une riviere i ot bele et corant ;
Il y a une belle rivière qui dévale;

Sour le riviere troeve un habitement :
Sur la rivière se trouve une habitation:

(2105) Uns sains hermites i prist herbergement,
Un saint ermite en fit son logement (y trouva refuge)

Iluec sert Dieu mout enterinement.
Là, il sert Dieu parfaitement/entièrement.

De set grans lieues n’ot ne vile ne gent
Il n’y a ni ville ni habitant à sept grandes lieues

De coi il ait nisun confortement,
Desquels il n’a aucun renforcement/réconfort,

S’ermites non, ensi com jou l’entent,
Et le peuple des ermites, comme je l’entends,

(2110) Qui ens el bois ont lor estorement.
est celui qui trouve leur ravitaillement dans les bois. -> à mon avis ce n’est pas bon ici, il faudrait préciser “de coi” et “s’ermites non… qui”

Et lor bestailles avoient voirement,
Et ils avaient vraiment leur bétail,

Lor cortisiaus, lor edefiement ;
leurs petits jardins, leur bâtisse;

La se garissent et vivent saintement.
Là ils fournissent à leurs besoins et vivent de façon sainte.

Mais li larron, se l’estoire ne ment,
Mais les voleurs, si l’histoire ne ment pas,

(1215) Lor font maint mal et menu et sovent,
Leur font beaucoup de mal rapidement et souvent,

Prendent lor bestes et vendent a argent,
Ils prennent leurs bêtes et les vendent pour de l’argent,

Lor maisons brisent, sacés certainement,
Ils détruisent leurs maisons, sache-le avec certitude,

Lor dras lor tolent et mainent malement,
Ils ravissent leurs draps et les malmènent

Ses enkembelent et loient mout forment.
Ils les lient et les attachent très fort. (ses = draps? à confirmer)

(2120) Douse en i ot de tel afaitement ;
Il y en eut douze de telle sorte ;

Mais jou quit bien que grans dieus lor atent,
Mais je crois bien que Grand Dieu les attend

Car dans Guillaumes, qui mout a fier talent,
Car Seigneur Guillaume, qui a beaucoup de grandes qualités,

Ains demain vespre les fera tous dolens :
les fera tous souffrir avant demain soir :

Trestous li mieudres, sachiés certainement,
Le meilleur de tous, sachez-le,

(2125) N’i vauroit estre pour plain un vat d’argent.
Ne voudrait y être pour ????

Vait s’ent Guillaumes, si con Diex li aprent ;
Guillaume s’en va, comme Dieu lui apprend ;

De ses pechiés a grant repentement.
Il se repentit beaucoup de ses péchés.





UN ENORME MERCI

Le Moniage Guillaume, 2e rédaction du vers 2071 à 2127

Faut attendre jacquesvaissier 

3 (Modifié par jacquesvaissier 07/01/2018 à 18:59)

Le Moniage Guillaume, 2e rédaction du vers 2071 à 2127

Hui mais orés canchon de fiere geste,
Dès aujourd’hui, vous entendrez un poème à propos d’importants hauts faits,
- Le « dès n’est » pas nécessaire
- Trop long, et canchon doit être traduit pas « chanson ».

Chil jougleour en cantent en viele,
Ces jongleurs en chantent au moyen de vielle,
- « Ces jongleurs-là » (sans doute accompagné d’un geste comique),
- « au moyen de «  est lourd.

Mais teus en cante et au main et au vespre
Qui n’en set pas vaillant une cenele.
Mais tous en chantent au matin et au soir,
Mal compris :
- teus = tels et non tous. Vous pourrez conserver la tournure tel… qui (cf tel est pris qui croyait prendre).
- au main… est une manière de dire « du matin au soir ».
- Le vers suivant est délicat à traduire, mais exprime un lieu commun : le récitant veut dire que les chansons des autres jongleurs témoignent d’une méconnaissance totale et que leur jeu ne vaut pas une cenelle. Essayez de traduite littéralement à présent.

(2075) Vait s’ent Guillaumes si laisse sa herberge,
Guillaume s’en va et laisse son auberge/son logement
Choisissez une traduction.

Les moines laisse, et il en font grand feste
Il laisse les moine, et ces derniers (ils) s’en réjouissent beaucoup/ils manifestent beaucoup leur joie
Idem.

Si prient Dieu, le glorieus celestre,
Et ils prient Dieu, le Glorieux au ciel,
- si n’est jamais l’équivalent de « et ».
- « le glorieux au Ciel » (majuscule) n’est pas très heureux.

Que il ja mais ne viegne a lor repere.
Afin que plus jamais il (= Guillaume) ne revienne dans leur habitation.
que complète prient : à traduire ici et dans les vers qui suivent par « que » ou « de » + inf si le sujet est le même.

Vait s’ent li quans en pure sa gonele,
Le comte s’en va non équipé de sa tunique (voir http://micmap.org/dicfro/previous/dicti … 468/6/pure pour la locution particulière et Glossaire pour Gonele),
Oui, « débarrassé de sa tunique ».

(2080) Descaus, en langes, parmi la terre pesme ;
Déchaussé, dans une chemise de laine, le plus mauvais/misérable sur terre;

Li pié li sainent des pierres qui l’apressent.
Il saigne des pieds à cause des pierres qui l’accablent.
Traduisez plus littéralement li pié li sainent.

Ce suefre il pour Dieu, le roi celestre :
Il supporte cela pour Dieu, le Roi dans le ciel :
« céleste », tout simplement

Dieus l’en rendi guerredon mout honeste.
Dieu lui rendit une récompense très honorable pour cela.

Parmi Prouvenche li marchis se traverse,
Le comte va à travers la Provence,

(2085) Passe les bos et les puis et les tertres,
Il parcourt les bois, les puits et les tertres,
Les puits ??? Contrôlez le vocabulaire en pensant à la chaîne des Puys.

Mangue pumes, faines et ceneles.
Il mange des pommes, des faines (= glands du hêtre) et des cenelles.
Jamais de glose dans une traduction.

Ensi s’en passe le jour dusques au vespre,
Ainsi il traverse le jour jusqu’à la tombée du soir
« traverse » n’est pas bon.

Et prie Dieu et la virge pucele
Et il prie Dieu et la Vierge

Qu’en itel lieu le mete ou il le serve.
Pour qu’ils le mettent dans un lieu où il puisse le (= Dieu) servir. (?)
Attention, mete est au singulier. Il ne s’agit que de Dieu.
XXXVIII

(2090) Vait s’ent Guillaumes sans nul detriement,
Guillaume s’en va sans délai
Vous oubliez nul.

Pour amor Dieu suefre mout grant torment,
Il supporte une très grande tourmente pour l’amour de Dieu
« tourmente » est impropre !

Et pri Dieu, le pere omnipotent,
Et il prie Dieu, le Père omnipotent (qui peut tout),
Une expression consacrée convient mieux pour omnipotent.

Qu’il le conduie et maint a salvement
Pour qu’il le conduise et le mène (maint = subj. de “mener”) au salut
Pas de glose !

Et qu’il maintiegne Löëy le vaillant
Et pour qu’il aie sous sa garde/pour qu’il protège Louis le courageux
- Il faut choisir. Et c’est « ait ».
- vaillant est mal traduit.

(2095) Et Banceflor, sa seror au cors gent,
Et Banceflor (= ??), sa soeur au joli corps,
Blancheflor (ou Blanchefleur), c’est le nom de sa sœur.

Et tous ses freres et ses autres parens,
Et tous ses frères et le reste de sa lignée (ses autres parents),

Et il maintiengne l’abé et le convent,
Et pour qu’il protège l’abbé et le couvent,

Car il en va pour estre penëans.
Car il s’en va pour être pénitent (faire pénitence?).
Allez au plus simple.

Ne sai pas dire trestout son airrement :
Je ne peux raconter toutes ses aventures (tous ses égarements, vient de “errement”):
Ici, airrement a le sens de « déplacement ». Je propose « tout son trajet ».

(2100) Tant va li quens et arriere et avant,
Le comte va tant en arrière et en avant,
Pourquoi ne pas conserver l’ordre ?

Qu’en un val entre mout soutil et mout grant.
qu’il entre dans dans une vallée très écartée et très grande.

Desous un arbre foillu et verdoiant
Sous un arbre feuillu et verdoyant

Une riviere i ot bele et corant ;
Il y a une belle rivière qui dévale;
Faute de temps, et traduisez plus littéralement (il ne sera pas facile de trouver un équivalent de corant)

Sour le riviere troeve un habitement :
Sur la rivière se trouve une habitation:
Quel est le sujet de troeve ?

(2105) Uns sains hermites i prist herbergement,
Un saint ermite en fit son logement (y trouva refuge)
Choisissez !

Iluec sert Dieu mout enterinement.
Là, il sert Dieu parfaitement/entièrement.
enterinement = « sincèrement », « avec cœur ».

De set grans lieues n’ot ne vile ne gent
Il n’y a ni ville ni habitant à sept grandes lieues
de n’est pas exactement « à ».

De coi il ait nisun confortement,
Desquels il n’a aucun renforcement/réconfort,
ait est un subjonctif : vous n’avez pas perçu le lien avec le vers précédent. Attention, il faudra donner un sens positif à nesun vu que dans ce type de tournure, il est employé sans négation.

S’ermites non, ensi com jou l’entent,
Et le peuple des ermites, comme je l’entends,
- se non se rattache à ne vile ne gent : ne perdez pas le fil de la phrase. 
- où avez-vous vu « peuple » ?

(2110) Qui ens el bois ont lor estorement.
est celui qui trouve leur ravitaillement dans les bois. -> à mon avis ce n’est pas bon ici, il faudrait préciser “de coi” et “s’ermites non… qui”
- qui a comme antécédent ermites, c’est beaucoup plus simple que vous ne le croyez.
- estorement = « installation ».

Et lor bestailles avoient voirement,
Et ils avaient vraiment leur bétail,
Voirement est une « béquille » expressive : « oui, je dis vrai » cf se l’estoire ne ment, etc…)

Lor cortisiaus, lor edefiement ;
leurs petits jardins, leur bâtisse;

La se garissent et vivent saintement.
Là ils fournissent à leurs besoins et vivent de façon sainte.
Pourquoi pas « saintement » ?

Mais li larron, se l’estoire ne ment,
Mais les voleurs, si l’histoire ne ment pas,

(1215) Lor font maint mal et menu et sovent,
Leur font beaucoup de mal rapidement et souvent,
et menu et souvent : « encore et encore ».

Prendent lor bestes et vendent a argent,
Ils prennent leurs bêtes et les vendent pour de l’argent,

Lor maisons brisent, sacés certainement,
Ils détruisent leurs maisons, sache-le avec certitude,
A quelle personne est sacés ?

Lor dras lor tolent et mainent malement,
Ils ravissent leurs draps et les malmènent
Non, pas « draps » ! Évitez de traduire deux mots en un seul (autant que possible).

Ses enkembelent et loient mout forment.
Ils les lient et les attachent très fort. (ses = draps? à confirmer)
ses = « si les » et les ne renvoie pas à « draps ».

(2120) Douse en i ot de tel afaitement ;
Il y en eut douze de telle sorte ;
- Temps en français ?
- de tel afaitement = « de cet acabit ».

Mais jou quit bien que grans dieus lor atent,
Mais je crois bien que Grand Dieu les attend
« Le grand Dieu… »

Car dans Guillaumes, qui mout a fier talent,
Car Seigneur Guillaume, qui a beaucoup de grandes qualités,
« Sire Guillaume »

Ains demain vespre les fera tous dolens :
les fera tous souffrir avant demain soir :
dolens n’est évidemment pas un verbe, mais traduire littéralement n’est pas facile : « les rendra tous… »

Trestous li mieudres, sachiés certainement,
Le meilleur de tous, sachez-le,
- li mieudres = « le plus vaillant »
- Certainement n’est pas traduit.

(2125) N’i vauroit estre pour plain un vat d’argent.
Ne voudrait y être pour ????
« pour tout un... d’argent » ; je n'ai pas identifié vat. L'idée est évidemment que même si on le rend très riche, le plus vaillant ne voudra pas affronter Guillaume.   

Vait s’ent Guillaumes, si con Diex li aprent ;
Guillaume s’en va, comme Dieu lui apprend ;
« apprend » ne convient pas.

De ses pechiés a grant repentement.
Il se repentit beaucoup de ses péchés.
Traduisez plus littéralement.

Le Moniage Guillaume, 2e rédaction du vers 2071 à 2127

Un tout grand merci pour cette aide déjà si précieuse! 

Voici le texte une fois vos recommandations appliquées, mais il reste encore quelques zones d'ombre 

Hui mais orés canchon de fiere geste,
-> Aujourd'hui vous entendrez une chanson à propos d'importants hauts faits,

Chil jougleour en cantent en viele,
-> Ces jongleurs-là en chantent avec de vielle,

Mais teus en cante et au main et au vespre
-> Mais tels en chantent du matin au soir

Qui n’en set pas vaillant une cenele.
-> dont la connaissance ne vaut mieux pas qu'une quenelle,


(2075) Vait s’ent Guillaumes si laisse sa herberge,
-> Guillaume s’en va et laisse son logement

Les moines laisse, et il en font grand feste
-> Il laisse les moine, et ces derniers s’en réjouissent beaucoup

Si prient Dieu, le glorieus celestre,
-> Et ils prient Dieu, le glorieux Céleste,

Que il ja mais ne viegne a lor repere.
-> Afin que plus jamais il ne revienne dans leur habitation.

Vait s’ent li quans en pure sa gonele,
-> Le compte s'en va débarrassé de sa tunique,

(2080) Descaus, en langes, parmi la terre pesme ;
-> Déchaussé, dans une chemise de laine, le plus misérable sur terre;

Li pié li sainent des pierres qui l’apressent.
-> Ses pieds saignent des pierres qui l'accablent.

Ce suefre il pour Dieu, le roi celestre :
-> Il supporte cela pour Dieu, le roi dans le Ciel :

Dieus l’en rendi guerredon mout honeste.
-> Dieu lui rendit une récompense très honorable pour cela.

Parmi Prouvenche li marchis se traverse,
-> Le comte va à travers la Provence,

(2085) Passe les bos et les puis et les tertres,
-> Il parcourt les bois, les Puys et les tertres,

Mangue pumes, faines et ceneles.
-> Il mange des pommes, des faines et des cenelles.

Ensi s’en passe le jour dusques au vespre,
-> Ainsi il parcourt (le chemin ((sous-entendu))?) le jour jusqu’au soir

Et prie Dieu et la virge pucele
-> Et il prie Dieu et la Vierge

Qu’en itel lieu le mete ou il le serve.
-> Afin qu’il le mette dans un lieu où il puisse le servir.

XXXVIII

(2090) Vait s’ent Guillaumes sans nul detriement,
-> Guillaume s’en va sans aucun délai,

Pour amor Dieu suefre mout grant torment,
-> Il supporte un très grand supplice pour l’amour de Dieu,

Et pri Dieu, le pere omnipotent,
-> Et il prie Dieu, le Père tout puissant,

Qu’il le conduie et maint a salvement
-> Pour qu’il le conduise et le mène au salut

Et qu’il maintiegne Löëy le vaillant
-> Et pour qu’il aie sous sa garde Louis le Valeureux/Brave (?)

(2095) Et Banceflor, sa seror au cors gent,
-> Et Blanchefleur, sa soeur au joli corps,

Et tous ses freres et ses autres parens,
-> Et tous ses frères et le reste de sa lignée,

Et il maintiengne l’abé et le convent,
-> Et pour qu’il protège l’abbé et le couvent,

Car il en va pour estre penëans.
-> Car il s’en va pour être pénitent.

Ne sai pas dire trestout son airrement :
-> Je ne peux raconter tout son cheminement :

(2100) Tant va li quens et arriere et avant,
-> Tant le comte va en arrière et en avant,

Qu’en un val entre mout soutil et mout grant.
-> qu’il entre dans dans une vallée très écartée et très grande.

Desous un arbre foillu et verdoiant
-> Sous un arbre feuillu et verdoyant

Une riviere i ot bele et corant ;
-> Il y a une rivière belle et coulant;

Sour le riviere troeve un habitement :
-> Sur la rivière il trouve une habitation:

(2105) Uns sains hermites i prist herbergement,
-> Un saint ermite y trouva refuge

Iluec sert Dieu mout enterinement.
-> Là, il sert Dieu très sincèrement.

De set grans lieues n’ot ne vile ne gent
-> Aux sept grandes lieues il n'y a ni ville ni habitant

De coi il ait nisun confortement,
-> Desquels il ait quelque réconfort,

S’ermites non, ensi com jou l’entent,
-> Et les ermites, comme je l’entends,

(2110) Qui ens el bois ont lor estorement.
-> qui dans les bois ont leurs installations.

Et lor bestailles avoient voirement,
-> Ils avaient même leur bétail,

Lor cortisiaus, lor edefiement ;
-> leurs petits jardins, leur bâtisse;

La se garissent et vivent saintement.
-> Là ils fournissent à leurs besoins et vivent de façon sainte.

Mais li larron, se l’estoire ne ment,
-> Mais les voleurs, si l’histoire ne ment pas,

(1215) Lor font maint mal et menu et sovent,
->Leur font beaucoup de mal encore et encore,

Prendent lor bestes et vendent a argent,
-> Ils prennent leurs bêtes et les vendent pour de l’argent,

Lor maisons brisent, sacés certainement,
-> Ils détruisent leurs maisons, sachez-le avec certitude,

Lor dras lor tolent et mainent malement,
-> Ils ravissent leurs étoffes et les manient méchamment,

Ses enkembelent et loient mout forment.
-> Ils les lient et les attachent très fort. (toujours pas de meilleure solution pour ce vers)

(2120) Douse en i ot de tel afaitement ;
-> Il y en a douze de cet acabit ;

Mais jou quit bien que grans dieus lor atent,
-> Mais je crois bien que le grand Dieu les attend,

Car dans Guillaumes, qui mout a fier talent,
-> Car Sire Guillaume, qui a beaucoup de grandes qualités,

Ains demain vespre les fera tous dolens :
-> les rendra tous souffrant avant demain soir :

Trestous li mieudres, sachiés certainement,
-> Le plus vaillant de tous, sachez-le avec certitude,

(2125) N’i vauroit estre pour plain un vat d’argent.
-> Ne voudrait y être pour pour tout un vat d'argent (un vat peut être l'abréviation d'une monnaie flamande valant 12 derniers?)

Vait s’ent Guillaumes, si con Diex li aprent ;
-> Guillaume s’en va, comme Dieu lui enseigne ;

De ses pechiés a grant repentement.
-> au grand repentir de ses péchés.


J'espère que cette version est meilleure que la précédente!

Bonne soirée et un tout grand merci

5

Le Moniage Guillaume, 2e rédaction du vers 2071 à 2127

Hui mais orés canchon de fiere geste,
-> Aujourd'hui vous entendrez une chanson à propos d'importants hauts faits,
« Une chanson sur de glorieux hauts-faits »

Chil jougleour en cantent en viele,
-> Ces jongleurs-là en chantent avec de vielle,
« Avec de vielle » ???

Mais teus en cante et au main et au vespre
-> Mais tels en chantent du matin au soir
Non, tels est un CS singulier, comme le montre le verbe.

Qui n’en set pas vaillant une cenele.
-> dont la connaissance ne vaut mieux pas qu'une quenelle,
Qui n’en sait pas l’équivalent d’une cenelle »

(2075) Vait s’ent Guillaumes si laisse sa herberge,
-> Guillaume s’en va et laisse son logement

Les moines laisse, et il en font grand feste
-> Il laisse les moines, et ces derniers s’en réjouissent beaucoup
« s’en font une (grande) fête » est possible en FM.

Si prient Dieu, le glorieus celestre,
-> Et ils prient Dieu, le glorieux Céleste,
si n’est pas à traduire par « et » (déjà dit, me semble-t-il).

Que il ja mais ne viegne a lor repere.
-> Afin que plus jamais il ne revienne dans leur habitation.
« (et ils prient Dieu) que jamais plus il ne vienne dans leur demeure »

Vait s’ent li quans en pure sa gonele,
-> Le compte s'en va débarrassé de sa tunique,
Le « compte » ?

(2080) Descaus, en langes, parmi la terre pesme ;
-> Déchaussé, dans une chemise de laine, le plus misérable sur terre;

Li pié li sainent des pierres qui l’apressent.
-> Ses pieds saignent des pierres qui l'accablent.

Ce suefre il pour Dieu, le roi celestre :
-> Il supporte cela pour Dieu, le roi dans le Ciel :
« le roi des Cieux »

Dieus l’en rendi guerredon mout honeste.
-> Dieu lui rendit une récompense très honorable pour cela.

Parmi Prouvenche li marchis se traverse,
-> Le comte va à travers la Provence,

(2085) Passe les bos et les puis et les tertres,
-> Il parcourt les bois, les Puys et les tertres,
J’avais parlé de puy pour vous guider, mais il faut traduire par « hauteurs » ou « sommets » et tretres par « collines. Le mot puy est très spécialisé en FM.

Mangue pumes, faines et ceneles.
-> Il mange des pommes, des faines et des cenelles.

Ensi s’en passe le jour dusques au vespre,
-> Ainsi il parcourt (le chemin ((sous-entendu))?) le jour jusqu’au soir
Non : « c’est ainsi qu’il passe la journée… »

Et prie Dieu et la virge pucele
-> Et il prie Dieu et la Vierge
« la Vierge immaculée »

Qu’en itel lieu le mete ou il le serve.
-> Afin qu’il le mette dans un lieu où il puisse le servir.
« (Il prie Dieu) qu'il le place… »
XXXVIII

(2090) Vait s’ent Guillaumes sans nul detriement,
-> Guillaume s’en va sans aucun délai,

Pour amor Dieu suefre mout grant torment,
-> Il supporte un très grand supplice pour l’amour de Dieu,
« un très grand tourment »

Et pri Dieu, le pere omnipotent,
-> Et il prie Dieu, le Père tout puissant,

Qu’il le conduie et maint a salvement
-> afin qu'il le conduise et le mène au salut
"qu'il le conduise..."

Et qu’il maintiegne Löëy le vaillant
-> Et pour qu’il aie sous sa garde Louis le Valeureux/Brave (?)
"et qu'il ait... le valeureux Louis".

(2095) Et Banceflor, sa seror au cors gent,
-> Et Blanchefleur, sa soeur au joli corps,

Et tous ses freres et ses autres parens,
-> Et tous ses frères et le reste de sa lignée,
Vous pouviez dire : « ses autres parents ».

Et il maintiengne l’abé et le convent,
-> Et pour qu’il protège l’abbé et le couvent,
"et qu'il protège..."

Car il en va pour estre penëans.
-> Car il s’en va pour être pénitent.

Ne sai pas dire trestout son airrement :
-> Je ne peux raconter tout son cheminement :
« Je ne puis… »

(2100) Tant va li quens et arriere et avant,
-> Tant le comte va en arrière et en avant,

Qu’en un val entre mout soutil et mout grant.
-> qu’il entre dans dans une vallée très écartée et très grande.
« très retirée » ou « très à l’écart ».

Desous un arbre foillu et verdoiant
-> Sous un arbre feuillu et verdoyant

Une riviere i ot bele et corant ;
-> Il y a une rivière belle et coulant;
« Il y avait… » (c’est un PS, mais on est obligé de mettre l’imparfait en FM).

Sour le riviere troeve un habitement :
-> Sur la rivière il trouve une habitation:

(2105) Uns sains hermites i prist herbergement,
-> Un saint ermite y trouva refuge

Iluec sert Dieu mout enterinement.
-> Là, il sert Dieu très sincèrement.

De set grans lieues n’ot ne vile ne gent
-> Aux sept grandes lieues il n'y a ni ville ni habitant
Non : « sur sept grandes lieues… »

De coi il ait nisun confortement,
-> Desquels il ait quelque réconfort,
Oui.

S’ermites non, ensi com jou l’entent,
-> Et les ermites, comme je l’entends,
Non : « sinon un ermite… »

(2110) Qui ens el bois ont lor estorement.
-> qui dans les bois ont leurs installations.
Non « dans le bois » : el = en le et ens renforce en : litt. « dedans, dans le bois ».

Et lor bestailles avoient voirement,
-> Ils avaient même leur bétail,
« en vérité ».

Lor cortisiaus, lor edefiement ;
-> leurs petits jardins, leur bâtisse;

La se garissent et vivent saintement.
-> Là ils fournissent à leurs besoins et vivent de façon sainte.

Mais li larron, se l’estoire ne ment,
-> Mais les voleurs, si l’histoire ne ment pas,

(1215) Lor font maint mal et menu et sovent,
->Leur font beaucoup de mal encore et encore,

Prendent lor bestes et vendent a argent,
-> Ils prennent leurs bêtes et les vendent pour de l’argent,

Lor maisons brisent, sacés certainement,
-> Ils détruisent leurs maisons, sachez-le avec certitude,

Lor dras lor tolent et mainent malement,
-> Ils ravissent leurs étoffes et les manient méchamment,
"leurs habits", plutôt ; « et les traitent » : il s’agit des moines.

Ses enkembelent et loient mout forment.
-> Ils les lient et les attachent très fort. (toujours pas de meilleure solution pour ce vers)
ses = si + les ; « c'est ainsi qu'ils les garrottent et les ligotent très fortement » (il s’agit toujours des moines !)

(2120) Douse en i ot de tel afaitement ;
-> Il y en a douze de cet acabit ;

Mais jou quit bien que grans dieus lor atent,
-> Mais je crois bien que le grand Dieu les attend,

Car dans Guillaumes, qui mout a fier talent,
-> Car Sire Guillaume, qui a beaucoup de grandes qualités,
« de hautes qualités ».

Ains demain vespre les fera tous dolens :
-> les rendra tous souffrant avant demain soir :
Conservez l'ordre.

Trestous li mieudres, sachiés certainement,
-> Le plus vaillant de tous, sachez-le avec certitude,

(2125) N’i vauroit estre pour plain un vat d’argent.
-> Ne voudrait y être pour pour tout un vat d'argent (un vat peut être l'abréviation d'une monnaie flamande valant 12 derniers?)
Non, je crois qu’il faut écrire val et comprendre « vallée », c'est-à-dire un contenant énorme, l’équivalent inversé d’une « montagne ». Une monnaie n’aurait pas une assez grande valeur. Peut-être une mesure de capacité en rapport avec « gallon » ? mais je ne le crois pas. Cette expression ne figure pas à cette place dans l’édition que je possède, ce qui est un cas fréquent avec les expressions de ce type, mais on la rencontre un peu plus loin, avec le mot val. En tout cas, plain (mis pour plein) indique clairement un contenant (ou un contenu pas métonymie).
Je propose donc : « une pleine vallée d’argent ». Mais prudence.

Vait s’ent Guillaumes, si con Diex li aprent ;
-> Guillaume s’en va, comme Dieu lui enseigne ;
« comme Dieu le lui enseigne » en FM.

De ses pechiés a grant repentement.
-> au grand repentir de ses péchés.
« il a un grand repentir de ses péchés »