1 (Modifié par Jehan 28/11/2017 à 17:12)

Synthèse de documents sur le thème "corps naturel et corps artificiel"

Bonjour à toutes et à tous,
Alors voilà, je dois faire un corpus de texte sur le thème "corps naturel et corps artificiel" concernant ces textes là :
- Mona Chollet : Beauté Fatale 2012
- Georges Vignaux : L'aventure du corps 2008
- Georges-Louis Buffon : De la vieillesse à la mort 1749
- Marc Dugain : La chambre des officiers 1998

J'ai pour cela fait un tableau avec les idées de chaque texte, cependant je n'arrive pas à trouver une problématique.
Ca parle beaucoup de modifications, transformation, évolution corporelle mais je n'arrive pas à formuler une problématique qui me permettrait de faire une synthèse. Pouvez-vous m'éclairer sur ce sujet ?

Copie des extraits de texte :

Document 1 :  Mona Chollet : Beauté Fatale 2012

Le dualisme occidental a fait du corps un objet de répulsion, étranger au vrai soi, une prison, un ennemi dont il faut se méfier, le siège de pulsions et de besoins susceptibles de mettre en échec la volonté de son « propriétaire ». Il s’agit donc de le transcender, de faire taire ses instincts, d’avoir le dessus sur lui – de « montrer qui est le patron », dit Bordo. Et, en effet, Portia de Rossi, au cours d’une phase où elle n’arrive pas à descendre en-dessous des 59 kilos, déplore que son corps « ait toujours le dernier mot » ; elle pense qu’il « la hait », formule révélatrice de cette dissociation que l’anorexie pousse à son comble.
Lorsqu’elle parvient tout de même à atteindre un poids inférieur, elle se réjouit à l’idée de donner à sa mère, lorsqu’elle rentrera en Australie, l’image d’une fille « déterminée, en contrôle de sa vie », et de lui montrer qu’elle a « vaincu le démon ». La déclaration fameuse de Kate Moss, « Rien n’est aussi bon que la minceur » (« Nothing tastes as good as skinny feels »), désormais brodée sur des tee-shirts que l’on peut acheter en ligne, laisse deviner la même ivresse du contrôle. Le top model anglais exprimait par là un idéal plus spirituel qu’esthétique : ce que l’on convoite lorsqu’on veut « ressembler à Kate Moss », ce n’est pas tant son aspect physique que la force de caractère supérieure qu’on y voit inscrite. De même, Karl Lagerfeld résumait le débat sur les mensurations dans la mode à « de grosses bonnes femmes assises avec leur paquet de chips devant la télévision qui disent que les mannequins minces sont hideux ». Portia de Rossi s’aperçoit qu’elle associe la minceur à des valeurs morales : rendant visite à sa nutritionniste, qui est évidemment d’une sveltesse exemplaire, elle est surprise de trouver un intérieur en désordre. Et elle se souvient de ce qu’elle avait répondu, en cours d’histoire de l’art, au professeur qui lui demandait d’expliquer pourquoi elle n’aimait pas Kandinsky : « Il peint comme quelqu’un de gros. » Elle préférait Mondrian…
Elle est soulagée de voir disparaître les rappels d’une animalité qui lui fait horreur : plus de règles, plus de sueur, plus d’odeurs corporelles. En somme, elle ne fait que poursuivre, au péril de sa vie, un fantasme absurde, mais aussi vieux que notre civilisation : celui d’exister sans corps. Ce prestige de l’ascèse est si profondément ancré que, même si l’on s’efforce de repérer ses manifestations, il peut nous arriver de succomber à son attrait sans même nous en apercevoir. Pour ma part, je ne l’aurais jamais décelé chez un écrivain que je vénère, le Suisse Nicolas Bouvier (1929-1998), auteur de L’Usage du monde et d’autres inoubliables récits de voyage, si un article de revue n’avait pas attiré mon attention sur cette dimension de son œuvre. Mathilde Jégou l’y montre aux prises avec les effets de son éducation, dont il était très conscient et qu’il combattait de son mieux. Il disait avoir trouvé dans son berceau « une pudibonderie pas tant calvinienne que victorienne », car il était issu d’une vieille famille genevoise très anglophile. Toute sa vitalité, sa sensualité et son intelligence n’auront pas suffi à venir à bout de cette répudiation du corps – sans doute parce que c’était impossible.

Document 2 : Georges Vignaux : L'aventure du corps 2008

De quelque côté que je me tourne, je constate que j’ai un corps. Il est complet, du moins me semble-t-il. Je cache les dents perdues, les cheveux blancs, la baisse de la vue et de l’ouïe, les plis du ventre, les veinules des jambes. J’ai un corps. Je le pince, il est là, se rappelle à l’occasion de douleurs, de fatigues ; il me procure de petites jouissances : esthétiques, sensuelles, gastronomiques. Il est là assurément, bien qu’il vieillisse, je le sais. Je sais aussi qu’il va mourir, c’est-à-dire ne plus être. Je n’y pense pas. Si parfois, avec acuité, avec la conviction du temps irrémédiablement passé. Il me semble que mes organes internes sont au complet et fonctionnent à peu près. Les médecins me le disent et me menacent aussi. J’ai un corps et je n’ai pas d’autre moyen pour m’assurer que je vis et le faire savoir aux autres. Bien avant d’entendre mes mots, ils voient ce corps et se font une idée de mon être. Laquelle ? Je ne sais pas toujours. Je ressens donc mon corps et je le vois. Comme s’il y avait en moi une capacité de réflexion sur moi-même, sur cette enveloppe, cette structure de chair et d’os qui est moi. Puis-je me détacher de mon corps et me tenir à distance de lui tout en restant en lui ? Apparemment, oui. C’est cette étonnante situation qui, très tôt, a alimenté les réflexions des philosophes et des romanciers dès que notre espèce a su développer des langages et des écritures élaborés. Il nous a fallu entamer un long chemin pour cerner notre corps, le comprendre, l’analyser, le prévoir, de même qu’il nous a fallu un long chemin pour interpréter notre capacité de penser, lui donner forme puis sens. Cette capacité, on l’a nommée tantôt « esprit » tantôt « conscience » ou « âme ». Désormais, il nous a fallu apprendre à vivre cette dualité corps-esprit, ne sachant trop comment l’esprit pouvait dépendre du corps et le corps de l’esprit, constatant les métamorphoses de l’un et de l’autre, étonnés et parfois surpris de ces métamorphoses. À la manière du jeune enfant qui découvre progressivement ses membres, ses doigts, sa bouche et en joue comme d’une partition de sensations et d’émotions.

Document 3 : Georges-Louis Buffon : De la vieillesse à la mort 1749

Tout change dans la Nature, tout s’altère, tout périt ; le corps de l’homme n’est pas plutôt arrivé à son point de perfection, qu’il commence à déchoir : le dépérissement est d’abord insensible, il se passe même plusieurs années avant que nous nous apercevions d’un changement considérable, cependant nous devrions sentir le poids de nos années mieux que les autres ne peuvent en compter le nombre ; et comme ils ne se trompent pas sur notre âge en le jugeant par les changemens extérieurs, nous devrions nous tromper encore moins sur l’effet intérieur qui les produit, si nous nous observions mieux, si nous nous flattions moins, et si dans tout, les autres ne nous jugeoient pas toûjours beaucoup mieux que nous ne nous jugeons nous-mêmes.
Lorsque le corps a acquis toute son étendue en hauteur et en largeur par le développement entier de toutes ses parties, il augmente en épaisseur ; le commencement de cette augmentation est le premier point de son dépérissement, car cette extension n’est pas une continuation de développement ou d’accroissement intérieur de chaque partie par lesquels le corps continueroit de prendre plus d’étendue dans toutes ses parties organiques, et par conséquent plus de force et d’activité, mais c’est une simple addition de matière sur abondante qui enfle le volume du corps et le charge d’un poids inutile. Cette matière est la graisse qui survient ordinairement à trente-cinq ou quarante ans, et à mesure qu’elle augmente, le corps a moins de légèreté et de liberté dans ses mouvemens, ses facultés pour la génération diminuent, ses membres s’appesantissent, il n’acquiert de l’étendue qu’en perdant de la force et de l’activité.
D’ailleurs les os et les autres parties solides du corps ayant pris toute leur extension en longueur et en grosseur, continuent d’augmenter en solidité, les sucs nourriciers qui y arrivent, et qui étoient auparavant employez à en augmenter le volume par le développement, ne servent plus qu’à l’augmentation de la masse, en se fixant dans l’intérieur de ces parties ; les membranes deviennent cartilagineuses, les cartilages deviennent osseux, les os deviennent plus solides, toutes les fibres plus dures, la peau se dessèche, les rides se forment peu à peu, les cheveux blanchissent, les dents tombent, le visage se déforme, le corps se courbe, etc. les premières nuances de cet état se font apercevoir avant quarante ans, elles augmentent par degrés assez lents jusqu’à soixante, par degrés plus rapides jusqu’à soixante et dix ; la caducité commence à cet âge de soixante et dix ans, elle va toujours en augmentant ; la décrépitude suit, et la mort termine ordinairement avant l’âge de quatre-vingt-dix ou cent ans la vieillesse et la vie.

Document 4 : Marc Dugain : La chambre des officiers 1998

Je suis réveillé quelques heures plus tard par une douleur si forte et si diffuse que je suis incapable d'en localiser l'origine précise. Mes pieds bougent. Les deux. Les mains aussi. Chacun de mes yeux perce la semi-obscurité. Je suis entier. Avec ma langue, je fais le tour de ma bouche. En bas, elle vient s'appuyer sur les gencives de la mâchoire inférieure : les dents ont été pulvérisées. Les hauteurs, elles, s'annoncent comme un couloir sans fin ; ma langue ne rencontre pas d'obstacle et lorsqu'elle vient toucher les sinus, je décide d'interrompre cette première visite. C'est tout ce vide qui me fait souffrir.
De nouveau, je vois s'agiter au-dessus de moi deux mentons.
Les deux hommes sont en blouse blanche. Nouvelle tentative pour parler, qui se solde par un gargouillis sourd comme la plainte d'un grand mammifère.
Les médecins n'ont pas remarqué ma tentative malheureuse et continuent à discourir sur mon cas. Deux longues sangles me maintiennent pieds et mains liés au lit de camp et m'interdisent le moindre geste. On s'agite beaucoup dans ce couloir qui ressemble à une gare de triage. La guerre a donc bel et bien commencé. Je n'ai pas été victime d'un coup de semonce.
- Une fiche a été faite au poste de secours, mais elle est illisible.
Couverte de salive et de sang mélangés.
- Voyons voir. Destruction maxillo-faciale. Notez, mon vieux ! Béance totale des parties situés du sommet du menton jusqu'à la moitié du nez, avec destruction totale maxillaire supérieur et du palais, décloisonnant l'espace entre la bouche et les sinus. Destruction partielle de la langue. Apparition des organes de l'arrière-gorge qui ne sont plus protégés. Infection généralisée des tissus meurtris par apparition de pus.
Il poursuit :
- Sérions les problèmes ! Risque de gangrène par infection des parties meurtries. Risque d'infection des voies aériennes et régions pulmonaires par manque de protection. Risque d'anémie par difficulté d'alimenter le blessé par voies buccales et nasales. Conclusion, Charpot : vous me dégagez ce bougre à l'arrière. Direction Val-de-Grâce. A ma connaissance, il n'y a que là qu'on puisse faire quelque chose pour lui. Si la gangrène ne s'y met pas.
En attendant, nettoyez les plaies. Faites-lui ordre de transport par wagon sanitaire. Surtout s'il est conscient au moment de le nourrir. Il risque de souffir.
- Rien d'autre, major ?
- Rien d'autre, Charpot. En attendant, ne le laissez pas là. Ses plaies dégagent une telle puanteur qu'il va faire tomber ceux qui tiennent encore debout.


Je vous remercie d'avance !
Bonne soirée !

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Synthèse de documents sur le thème "corps naturel et corps artificiel"

Quelles sont les questions posées ?

Synthèse de documents sur le thème "corps naturel et corps artificiel"

Il n'y a pas de questions, c'est une synthèse de documents de BTS. Il faut déterminer la problématique soulevée par ce corpus puis construire un plan qui confrontent les textes (comme la question sur corpus sauf que l'élève doit formuler lui-même la problématique)
Désolée je n'ai pas le temps tout de suite de tout lire ! 

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Synthèse de documents sur le thème "corps naturel et corps artificiel"

Le corps, ami ou ennemi ?

Vivre avec son corps : dans les bons, les mauvais jours.

Le corps, pour vivre et pour mourir.

5 (Modifié par Ammy 28/11/2017 à 19:27)

Synthèse de documents sur le thème "corps naturel et corps artificiel"

Il me semble après lecture rapide que le corpus interroge sur la maîtrise de son corps. Peut-on le contrôler, en être le maître ? C'est très net dans les docs 1 et 4, peut-être un peu moins dans les autres. Dans le doc 1 les filles prennent le contrôle de leur corps quitte à se mettre en danger. Ce plaisir les grise. Les docs 2 et 3 donnent l'impression que notre corps évolue indépendamment de notre volonté. On a l'air d'être spectateur sans pouvoir. Dans le 4 l'esprit fonctionne mais ne peut plus donner d'ordres au corps.
Pour moi c'est vraiment le rapport entre évolution du corps et contrôle de l'homme qui est interrogé.

Beau corpus, j'aime beaucoup.

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Synthèse de documents sur le thème "corps naturel et corps artificiel"

Bonjour,

As-tu réaliser ta synthèse, j'aimerai la lire je dois faire la même..

Merci

Maxime

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Synthèse de documents sur le thème "corps naturel et corps artificiel"

Bonjour,

J'ai moi-même ce corpus à étudier pour en faire la synthèse et j'avoue avoir du mal a faire le tableau de confrontation. Je serai également très intéressée de lire ta synthèse si tu l'as rédigée. Ou si quelqu’un peut m'apporter son aide ?

Merci

Yuna

Synthèse de documents sur le thème "corps naturel et corps artificiel"

Salut as tu fait ton corpus car je doit faire le même
Merci

9 (Modifié par linda123 04/02/2018 à 16:52)

Synthèse de documents sur le thème "corps naturel et corps artificiel"

bonjour j'ai le même devoirs a réaliser actuellement, dommage que ce ne soit pas au bon moment.
Tout comme vous j'ai une synthèse à rédiger.
je doit proposer un plan détaillé de la synthèse des documents suivants (intro et conclusion rédigées), plan détaillé avec les grande idées et les documents concernés à chaque fois).

et une écriture personnelle : pensez vous que l'homme soit condamné à l'impuissance devant les défaillances de son corps?

je suis en train de réaliser un tableau de confrontation des idées. Je trouve sa un peu difficile mais je vais tenter de le réaliser et peut être le publié.

pour le document "de la vieillese et de la mort"
vieillir est naturel.
Au fur et à mesure qu’on prend de l’age notre corps se dégrade. (le temps passe et pas à pas notre corps change)
Notre corps commence à atteindre une perfecion puis dépérit. cela me fait penser à l'évolution d'une fleur puis ensuite elle se fane donc meurt.
Même les partie interne de notre corps prenne de l’age (partie organique ) cette dégradation ce fait par étapes. on ne pas pas la contrôler nous sommes ainsi programmer à prendre de l'âge et mourir. En fonction de l'age, notre corps suis cette dégradation a travers ce texte l'auteur nous décrit les particularités lorsque qu'on prend de l'âge.

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Synthèse de documents sur le thème "corps naturel et corps artificiel"

Coucou j'ai vu ce poste et je ne peux m'empêcher de demander si quelqu'un aurait au moins un tableau de confrontation des documents du corpus. Je n'arrive pas a l'effectuer sans m’emmêler les pinceaux. 

A votre bon coeur