1 (Modifié par Jehan 18/11/2017 à 15:57)

Ce jugement de Gabriel Bianciotto vous paraît-il rendre compte du Roman de Renart ?

Bonjour,

Alors j'ai pas l'habitude de poster des messages, ou de demander de l'aide sur les forums... mais là un sujet me pose une grosse colle. J'ai fait l'analyse assez minutieuse de celui-ci déjà, mais je ne trouve pas d'idées, de problématique, encore moins d'exemples. Je ne cherche pas de réponse exact, mais juste avoir un avis, des compréhensions différentes sur le sujet suivant pour essayer d'élargir mes perspectives !

Le voici :

« [Dans le Roman de Renart], l’image reste […] au niveau de la création verbale consciente, qui se juge avec humour et prend immédiatement ses distances par rapport au sens littéral des mots. Ceux-ci, par l’imbrication qu’ils suggèrent de réalité contradictoires, engendrent un univers mythique éminemment instable, où la réalité profonde des êtres ne se résout pas nécessairement en images cohérentes, où un personnage peut être lui-même en même temps qu’un autre, et représenter sans risque d’exclusion plusieurs réalités superposées ».

Ce jugement de Gabriel Bianciotto vous paraît-il rendre compte du Roman de Renart ?

Qu'en pensez vous ?

Merci beaucoup !

Ce jugement de Gabriel Bianciotto vous paraît-il rendre compte du Roman de Renart ?

Le Roman de Renart ne constitue pas un tout cohérent vu la façon dont il s'est constitué : non avec un souci de continuité, comme c'est le cas dans les cycles épiques ou les romans en prose par rapport aux romans en vers. Chaque auteur a ici ajouté sa "branche" et a ainsi fait ramifier l'ensemble. Or une branche peut présenter des incohérences par rapport à l'autre ; ainsi tel personnage est mort dans une branche qui revit dans une autre. Cet ensemble est finalement celui de "tous les possibles", en dépit des tentatives tardives d'organisation de ce monument par des clercs ou des scribes. Comme dans beaucoup d'œuvres médiévales aussi, ce roman - qui n'en est pas un d'ailleurs - parodie et détourne des genres et des thèmes supposés trop stables ou trop statiques. Chrétien de Troyes l'avait déjà fait déjà dans au moins deux de ses romans... Ce bestornement nous renvoie à une humanité aux prises avec l'instabilité des valeurs et fait de cette instabilité un véritable mythe (c'est peut-être dans ce sens que Banciotto emploie ce mot).

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Ce jugement de Gabriel Bianciotto vous paraît-il rendre compte du Roman de Renart ?

Bonjour,

Pour ma part, dans l'analyse stricte du sujet, je perçois deux séries antagonistes, le rationnel d'un côté, l'irrationnel et l'imaginaire de l'autre.
S'agit-il d'examiner en parallèle satire et polémique opposées au registre merveilleux, le réalisme confronté aux images archétypales ?