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Ronsard, Comme un chevreuil, quand le printemps détruit...

Comme un Chevreuil, quand le printemps détruit
L’oiseux cristal de la morne gelée,
Pour mieux brouter l’herbette emmiellée
Hors de son bois avec l’Aube s’enfuit,

Et seul, et sûr, loin de chien et de bruit,
Or sur un mont, or dans une vallée,
Or près d’une onde à l’écart recelée,
Libre folâtre où son pied le conduit :

De rets ni d’arc sa liberté n’a crainte,
Sinon alors que sa vie est atteinte,
D’un trait meurtrier empourpré de son sang :

Ainsi j’allais sans espoir de dommage,
Le jour qu’un oeil sur l’avril de mon âge
Tira d’un coup mille traits dans mon flanc.


Bonjour, dans ce sonnet de Ronsard, les deux quatrains forment un gigantesque complément circonstanciel de manière (Comme un chevreuil....), qui trouve enfin sa proposition principale dans le dernier tercet "Ainsi j'allais". Saut que le premier tercet, qu'est-il syntaxiquement parlant? Une sorte d'incise? En effet lui aussi comme le dernier tercet est une grosse proposition principale. On a donc l'impression qu'il répond aux deux quatrains mais formant avec lui un solécisme (anacoluthe). En effet après le CC "Comme un chevreuil..." on s'attend à une proposition principale dont le sujet ne soit pas le chevreuil, mais justement ce à quoi on le compare!! Or le sujet est finalement la liberté... du chevreuil. C'est un peu comme si en condensé je disais "Comme un tigre affamé, ses dents sont très blanches, je cherchais de quoi me remplir le ventre." "Comme un tigre affamé" = deux quatrains, "ses dents sont très blanches" = ?? incise? épiphrase? "je cherchais de quoi me remplir le ventre" = PPrincipale.

Je ne sais pas si j'ai été clair, merci si quelqu'un voit où je veux en venir et peux m'apporter un éclairage.

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Ronsard, Comme un chevreuil, quand le printemps détruit...

Bonjour,

Ce sonnet est construit sur la métaphore filée du chevreuil libre et insouciant qui est meurtri par la flèche du chasseur.
Cette métaphore précieuse renvoie à la passion amoureuse du poète.
Le poème doit être lu ainsi
Comme un chevreuil...
Ainsi j'allais...