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Cet homme qui était à mon service était simple et fruste, ce qui est une condition favorable pour fournir un témoignage véridique

Bonjour à tous,

Ma professeure de français m'a donné le sujet de dissertation suivant à faire pour la semaine prochaine: ( Je suis en 1S)

Dans l'essai " Des Cannibales", Montaigne écrit " cet homme que j'avais avec moi était un homme simple et grossier, ce qui est une condition propre à garantir un témoignage véridique"
Discutez de cette opinion de Michel de Montaigne en vous appuyant sur les textes du corpus, sur les lectures faites en classe et sur votre culture personnelle

Moi qui adore les disserts, je trouve le sujet très philosophique et je trouve très peu d'exemples pour l'illustrer niveau littérature. Je pense qu'il faut faire un plan dialectique en raison de la citation mais celle ci ne m'inspire rien... Je ne vois pas quelles parties je pourrai faire, je pense que je n'ai vraiment pas bien compris le sujet

Pourriez vous m'aider s'il vous plait ?      

Rappel des règles
Seuls les élèves ayant effectué un travail personnel préalable sur leur sujet peuvent obtenir une aide ponctuelle. Vous devez donc indiquer vos pistes de recherches personnelles.

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Cet homme qui était à mon service était simple et fruste, ce qui est une condition favorable pour fournir un témoignage véridique

Peut-être remettre la citation dans le contexte qui l'éclaire.

Cet homme qui était à mon service était simple et fruste, ce qui est une condition favorable pour fournir un témoignage véridique. Car les gens à l'esprit plus délié font preuve de plus de curiosité, et remarquent plus de choses, mais ils les commentent. Et pour faire valoir leur interprétation, et en persuader les autres, ils ne peuvent s'empêcher d'altérer un peu l'Histoire : ils ne vous rapportent jamais les choses telles qu'elles sont vraiment, mais les sollicitent et les déforment un peu en fonction de la façon dont ils les ont vues. Et pour donner du crédit à leur jugement et vous y faire adhérer, ils ajoutent volontiers quelque chose à leur matière, l'allongent et l'amplifient. Au contraire, il faut disposer comme témoin, soit d'un homme dont la mémoire soit très fidèle, soit d'un homme si simple qu'il ne puisse trouver lui-même de quoi bâtir et donner de la vraisemblance à des inventions fallacieuses, et qui n'ait là-dessus aucun préjugé. C'était le cas du mien : et pourtant, il m'a fait voir à plusieurs reprises des matelots et des marchands qu'il avait connus pendant son voyage. C'est pourquoi je me contente de cette information-là, sans m'occuper de ce que les cosmographes disent sur la question.

Cet homme qui était à mon service était simple et fruste, ce qui est une condition favorable pour fournir un témoignage véridique

Ce que veut dire Montaigne, c'est que le fait que le témoignage vienne de quelqu'un qui ne possède ni l'habileté langagière, ni une culture livresque, le rend plus digne de foi. Il lui dit la réalité brute, sans l'enjoliver, car il ne sait pas le faire.

Ce sujet invite à s'interroger, je crois, sur les déformations , ou pas d'ailleurs, que fait subir le style au rendu de la réalité.
Le style télégraphique a ses vertus d'authenticité. Mais...
Est-ce que le fait de pouvoir utiliser images, comparaisons, humour, tous les procédés qui sont en possession de celui qui a appris à manier le langage, rend un témoignage plus ou moins crédible ?
Est-ce qu'enjoliver ou enlaidir la réalité par des métaphores puissantes par exemple la déforme forcément ou au contraire la fait ressentir de façon plus aiguë à l'auditeur ou au lecteur ?
J'ai ici à l'esprit Les Tragiques d'Agrippa d'Aubigné. Le style extrêmement travaillé de cet ouvrage donne une puissance inégalée à la peinture qu'il fait des guerres de religion.
Il n'est rien moins que neutre, et on voit, et on croit qu'il en était ainsi.
Peut-être peux-tu creuser cette piste;

4 (Modifié par floraison 09/10/2017 à 11:02)

Cet homme qui était à mon service était simple et fruste, ce qui est une condition favorable pour fournir un témoignage véridique

Merci beaucoup !

Je suis en train de chercher une problématique pour le moment! je vous recontacte pour vous décrire mon avancement

Après avoir longtemps analysé le sujet je pars sur cette problématique:
" Montaigne a-t-il raison de dire que l'on trouve toujours la vérité dans la nature ? "
I.  La vérité se trouve dans l'observation du sauvage, de l'homme à l'état de nature
II. La vérité se trouve dans la nature mais elle est biaisée par le regard de l'homme blanc et cultivé qui se considère supérieur

pour le III. pas encore d'idée, ce qui est sur ce que cela doit forcément parler du sauvage car celui ci est omniprésent dans tous les textes du corpus

Ce qui me chiffonne c'est que dans sa citation Montaigne ne parle pas d'un sauvage mais de l'homme qui est simple et grossier et qui je crois est blanc. Donc il ne fait pas parti des "sauvages"