Guillaume Colletet, Claudine, avec le temps tes grâces passeront...

Rodomontade amoureuse:


Claudine, avec le temps tes grâces passeront,
Ton jeune teint perdra sa pourpre et son ivoire,
Le ciel qui te fit blonde un jour te verra noire,
Et, comme je languis, tes beaux yeux languiront.

Ceux que tu traites mal te persécuteront,
Ils riront de l'orgueil qui t'en fait tant accroire,
Ils n'auront plus d'amour, tu n'auras plus de gloire,
Tu mourras, et mes vers jamais ne périront.

O cruelle à mes vœux ou plutôt à toi-même,
Veux-tu forcer des ans la puissance suprême,
Et te survivre encore au-delà du tombeau ?

Que ta douceur m'oblige à faire ton image
Et les ans douteront qui parut le plus beau,
Ou mon esprit ou ton visage.

Bonsoir à tous, j'ai quelques doutes sur certains sujets d'un poème que j'analyse:

1) Donner un titre pour chaque strophe du poème.

1. Le destin tragique du physique de Claudine
2. Le désastreux avenir du statut social de Claudine
3. L'immortalité du poème contre le tragique futur
4. La beauté contre l'esprit.

2) Expliquez les vers 5 et 6.

= Référence à une chute sociale, ceux qui étaient autrefois socialement plus bas qu'elle la moquent et rigolent d'elle. Termes violent et désastreux avenir du statut social de Claudine.

3) Expliquez la dernière strophe.

v12: ???
v13: ???
v.14: rappel entre sa beauté éphémère de Claudine ou l'esprit immortel du poète (tentation de séduction par argumentation).

Merci d'avance.

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Guillaume Colletet, Claudine, avec le temps tes grâces passeront...

Le poème développe un thème cher aux poètes du XVIème siècle, celui de la beauté féminine qui se fane inéluctablement.
La belle est consciente de cette beauté  (l'orgueil qui t'en fait tant accroire), mais n'a pas conscience de sa précarité (Premier quatrain) et elle dédaigne l'amour du poète ( O cruelle à mes vœux).
Par contre le temps joue en faveur du poète dont le talent restera (Tu mourras, et mes vers jamais ne périront.) Il faut relever tout au long du poème les antithèses.
Si la belle acceptait l'hommage du poète, alors tous les deux seraient éternels (dernier tercet).

Le second quatrain met en lumière le comportement dédaigneux de la belle envers ses admirateurs. Quand elle sera vieille, ce sont eux qui se moqueront de sa laideur.

1: l'inéluctable viellesse
2: d'un côté la mort, de l'autre l'éternité
3: le prix de la vanité
4: choisir l'éternité

"Que ta douceur m'oblige à faire ton image" (si tu te laissais aller à être douce, je ne pourrais m'empêcher de faire ton portrait)
"Et les ans douteront qui parut le plus beau"(la postérité alors ne saura dire qui était le plus beau)

Guillaume Colletet, Claudine, avec le temps tes grâces passeront...

Le thème est cher aux poètes du XVIe siècle, mais Guillaume Colletet est un poète du XVIIe siècle.
Cela ne change évidemment rien à la pertinente analyse de Perluète.

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Guillaume Colletet, Claudine, avec le temps tes grâces passeront...

Tradition du carpe diem.
Définition de "rodomontade".
Dernier tercet :
Si je peins ta douceur, que retiendra la postérité : ton image ou mon esprit ? 

5 (Modifié par perluète 25/09/2017 à 10:45)

Guillaume Colletet, Claudine, avec le temps tes grâces passeront...

Merci d'avoir rectifié, Jehan. Il est juste né au XVIème siècle, mais n'avait pas encore l'âge d'écrire...

Guillaume Colletet, Claudine, avec le temps tes grâces passeront...

Eh non... Deux ans seulement en 1600, c'était encore un peu jeune !