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Hugo, Le Dernier Jour d’un condamné, chapitre 22 - Avant de m’ensevelir dans cette tombe à deux roues...

Bonjour, je suis en 1ere et j'ai une explication de texte a réaliser pour lundi 25 septebembre. Le texte est le suivant:

Avant de m’ensevelir dans cette tombe à deux roues, j’ai jeté un regard dans la cour, un de ces regards désespérés devant lesquels il semble que les murs devraient crouler. La cour espèce de petite place plantée d’arbres, était plus encombrée encore de spectateurs que pour les galériens. Déjà la foule !

Comme le jour du départ de la chaîne, il tombait une pluie de la saison, une pluie fine et glacée qui tombe encore à l’heure où j’écris, qui tombera sans doute toute la journée, qui durera plus que moi.

Les chemins étaient effondrés, la cour pleine de fange et d’eau. J’ai eu plaisir à voir cette foule dans cette boue.

Nous sommes montés, l’huissier et un gendarme, dans le compartiment de devant ; le prêtre, moi et un gendarme dans l’autre. Quatre gendarmes à cheval autour de la voiture. Ainsi, sans le postillon, huit hommes pour un homme.

Pendant que je montais, il y avait une vieille aux yeux gris qui disait :

— J’aime encore mieux cela que la chaîne.

Je conçois. C’est un spectacle qu’on embrasse plus aisément d’un coup d’œil, c’est plus tôt vu. C’est tout aussi beau et plus commode. Rien ne vous distrait.

Il n’y a qu’un homme, et sur cet homme seul autant de misère que sur tous les forçats à la fois. Seulement cela est moins éparpillé ; c’est une liqueur concentrée, bien plus savoureuse.

La voiture s’est ébranlée. Elle a fait un bruit sourd en passant sous la voûte de la grande porte, puis a débouché dans l’avenue, et les lourds battants de Bicêtre se sont refermés derrière elle. Je me sentais emporté avec stupeur, comme un homme tombé en léthargie qui ne peut ni remuer ni crier et qui entend qu’on l’enterre. J’écoutais vaguement les paquets de sonnettes pendus au cou des chevaux de poste sonner en cadence et comme par hoquets, les roues ferrées bruire sur le pavé ou cogner la caisse en changeant d’ornière, le galop sonore des gendarmes autour de la carriole, le fouet claquant du postillon. Tout cela me semblait comme un tourbillon qui m’emportait.

À travers le grillage d’un judas percé en face de moi, mes yeux s’étaient fixés machinalement sur l’inscription gravée en grosses lettres au-dessus de la grande porte de Bicêtre : HOSPICE DE LA VIEILLESSE.

— Tens, me disais-je, il paraît qu’il y a des gens qui vieillissent, là.

Et, comme on fait entre la veille et le sommeil, je retournais cette idée en tous sens dans mon esprit engourdi de douleur Tout à coup la carriole, en passant de l’avenue dans la grande route, a changé le point de vue de la lucarne. Les tours de Notre-Dame sont venues s’y encadrer bleues et à demi effacées dans la brume de Paris. Sur-le-champ le point de vue de mon esprit a changé aussi. J’étais devenu machine comme la voiture. À l’idée de Bicêtre a succédé l’idée des tours de Notre-Dame.

— Ceux qui seront sur la tour où est le drapeau verront bien, me suis-je dit en souriant stupidement.

Je crois que c’est à ce moment-là que le prêtre s’est remis à me parler. Je l’ai laissé dire patiemment. J’avais déjà dans l’oreille le bruit des roues, le galop des chevaux, le fouet du postillon. C’était un bruit de plus.

J’écoutais en silence cette chute de paroles monotones qui assoupissaient ma pensée comme le murmure d’une fontaine, et qui passaient devant moi, toujours diverses et toujours les mêmes, comme les ormeaux tortus de la grande route, lorsque la voix brève et saccadée de l’huissier, placé sur le devant, est venue subitement me secouer.

— Eh bien ! monsieur l’abbé, disait-il avec un accent presque gai, qu’est-ce que vous savez de nouveau ?

C’est vers le prêtre qu’il se retournait en parlant ainsi.

L’aumônier, qui me parlait sans relâche, et que la voiture assourdissait, n’a pas répondu.

— Hé ! hé ! a repris l’huissier en haussant la voix pour avoir le dessus sur le bruit des roues ; infernale voiture !

Infernale ! En effet.

J'ai déjà commencé ce travail. Pour la premièe partie du texte j'ai réussi a repérer les figures de styles et leurs explications. Cependant, pour la deuxième partie (environ a partir de "j'écoutais vaguement les paquets de sonnettes"), je ne trouve pas grand chose à dire sur le texte. J'ai relevé le mot "machine" qui indique la déshumanisation, "je crois" qui montre que le narrateur est vague et dans un état de stupeur, ainsi qu'une succession de comparaisons dans l'avant-dernier paragraphe. Pourriez-vous me donner des pistes de réflexion s'il vous plaît?
Merci beaucoup

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Hugo, Le Dernier Jour d’un condamné, chapitre 22 - Avant de m’ensevelir dans cette tombe à deux roues...

Il y a comme un dédoublement du narrateur, qui, à la fois, subit et voit ce qu'il subit. On peut d'ailleurs relever l'ironie qui en résulte:. Exemple: "— J’aime encore mieux cela que la chaîne.
Je conçois. C’est un spectacle qu’on embrasse plus aisément d’un coup d’œil, c’est plus tôt vu. C’est tout aussi beau et plus commode. Rien ne vous distrait.
"

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Hugo, Le Dernier Jour d’un condamné, chapitre 22 - Avant de m’ensevelir dans cette tombe à deux roues...

Situer l'extrait pour dégager d'entrée le thème : le transfert. (De Bicêtre à la Conciergerie)

I. Le décor vu à travers le grillage du judas de cette" tombe à deux roues"
atmosphère
La cour
La pluie
Hospice de la vieillesse
Les tours de Notre -Dame

II. Les réactions du narrateur : la focalisation interne
(Retrouver les divers sentiments éprouvés)

III. Un homme et les autres
spectacle
communication impossible
la fonction de la narration : émouvoir