Hypokhâgne, santé mentale et trouble de la personnalité borderline

Bonsoir tous le monde.

Alors voilà en faite je voulais vous demander si vous pensez que c'est possible de réussir en hypo tout en étant borderline. Donc pour ce qui ne savent pas ce que c'est donc un trouble de la personnalité qui se caractérise par une impulsivité importante, une très très grande instabilité de l'humeur, un mode de pensée en noir et blanc, ça peut aussi entraîner parfois la déréalisation et la dépersonnalisation. Les personnes borderlines ont aussi une grande tendance à l'automutilation, à avoir des TCA et aussi ils sont plus susceptibles de se suicider.  Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez aller regarder wikipédia ou d'autre site, désolée si je m'exprime mal j'ai encore du mal avec tout ça.

Du coup voilà, normalement je suis censé aller en hypo à la rentrée et j'en suis vraiment très heureuse, je suis vraiment très intéressé par les langues, l'histoire, la géo, etc. Mais le fait est que je suis borderline, et que déjà l'année de terminal a été très très dure pour moi, j'ai loupé des cours parce que j'étais vraiment au fond du gouffre, le bac m'angoissait énormément, bref j'étais vraiment pas bien du tout. Mais alors pourquoi aller en hypo si déjà en term je ne me sentais pas bien? Eh bien j'étais en fillière S, ce qui ne me correspondait pas du tout et je me disais que au moins en hypo je pourrai faire ce que j'aime.

Sauf que plus la rentrée approche, plus je me dis que c'était une erreur surtout depuis qu'on m'a dit que si je pleurais en cours les profs ne verraient pas ça d'un bonne yeux et ça m’empêcherait surement d'aller en khagne parce que je suis trop faible. Le truc c'est que je peux juste pas m'empecher de pleurer, ou si je m’empêche de pleurer je vais surement finir par me gratter jusqu'au sang ou me frapper parce que je suis stressé et que j'arrive pas à gérer mes émotions, du coup c'est un peu la merde. Un peu beaucoup en faite, je me dis que je devrais même pas tenter, que ça sert à rien, que si c'est pour me faire jarter à la fin de l'année ou si c'pour que j'arrête parce que je tiens pas psychologiquement ça sert à rien. Mais d'un autre coté j'ai pas envie que le fait que je sois borderline dicte ma vie. J'ai pas envie de passer à coté d'une formation comme celle ci juste parce que j'arrive pas à gérer mes émotions.

Du coup je voulais demander est ce qu'il y a certaine personne ici qui ont fait une hypokhagne tout en étant borderline ou en étant atteint d'une autre pathologie? Merci d'avance

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Hypokhâgne, santé mentale et trouble de la personnalité borderline

Bonsoir, c'est assez délicat comme situation.
Il y a plusieurs facteurs à prendre en compte: tout d'abord, le type d'hypo dans laquelle tu vas. Il est clair que tu ne vivras pas cette année de la même manière , que ce soit dans un petit lycée sans grosse pression à proximité de chez toi, de ta famille - ou alors si tu pars vivre loin de chez toi, dans une grande ville, dans un grand lycée où tu seras tout de suite "dans le bain" avec des exigences d'emblée très importantes. Dans les deux cas, le soutien extérieur est toujours très important - et je dirais même indispensable si tu es d'une nature excessivement angoissée .
Si tu es sûre que cette formation peut mettre en péril ta santé, je te déconseille de la faire passer devant.
Si tu as peur d'avoir des regrets, rien ne t'empêche en revanche de faire ta rentrée, de voir au fur et à mesure comment ça se passe pour toi, et si tu ne supportes vraiment pas cette pression - de faire autre chose.
Mais surtout ne te détruis pas la santé à cause de la prépa, ça n'en vaut vraiment pas la peine! Et il n'y a aucune honte à arrêter si tu vois que ça ne te convient pas.

Bonne continuation!

Hypokhâgne, santé mentale et trouble de la personnalité borderline

Bonsoir,
Si vos résultats vous permettent d'atteindre vos objectifs,  je ne vois pas pourquoi vous soucier de votre maladie,  étant donné que dans toutes les institutions scolaires existent un professionnel de la psychologie,  qui pourra vous guider tout au long de votre parcours.
Ceci dit, ôtez moi un doute. Hypokhâgne revient à enseigner par la suite ? Si oui, c'est à vous de savoir si vous serez capable de supporter le rythme de travail,  les élèves qui peuvent parfois être virulents dans leur propos. Car il faut retenir que quelque soit la maladie que vous avez,  c'est tout de même qui savez comment vous réagissez face à ce "problème" lorsqu'il intervient.
En bref, ne vous souciez guère de ce que peuvent vous dire vos camarades, qui ne sont là pour la plupart que pour vous déstabiliser. La décision vous revient.
De plus, essayez de voir du côté de spécialistes dans ce genres de maladies. Renseignez vous, que ce soit sur un blog internet ou par déplacement,  mais selon moi, tout est possible lorsqu'on y tient vraiment...

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Hypokhâgne, santé mentale et trouble de la personnalité borderline

Sauf que plus la rentrée approche, plus je me dis que c'était une erreur surtout depuis qu'on m'a dit que si je pleurais en cours les profs ne verraient pas ça d'un bonne yeux et ça m’empêcherait surement d'aller en khagne parce que je suis trop faible.

Alors c'est vrai et pas vrai.
Disons qu'il n'est pas question d'un bon oeil, le plus souvent iels pensent d'abord à toi en prenant des décisions. Et effectivement lorsqu'iels voient des étudiant.e.s en vraie souffrance psychologique même si le niveau est présent, ils ont tendance à refuser le passage en khâgne.
Mais comme le suggérait une réponse plus haut : tu bénéficieras d'une inscription à la fac en parallèle, rien ne t'empêche d'arrêter l'hypokhâgne n'importe quand, de n'y rester qu'un an, un semestre, une semaine. Il ne faut pas voir ça comme une honte, des personnes sans aucune maladie n'y arrivent déjà pas alors avec de tels troubles cela peut compliquer les choses, et c'est déjà énorme que tu te lances dans un tel défi pour lequel tu peux être fière ! Et ne surtout pas vivre comme une honte le fait d'arrêter, sur une classe de 50 beaucoup arrêtent avant sans que ce soit de la lâcheté, la formation ne correspond juste pas à tout le monde et ce n'est absolument pas grave.

Bref, bon courage, n'oublie pas que rien n'est irréversible et que tu peux changer d'avis mi-septembre si cela te chante !

5 (Modifié par Laoshi 15/08/2017 à 21:13)

Hypokhâgne, santé mentale et trouble de la personnalité borderline

Bonsoir,
Je suis entièrement de l'avis de Serdaigle.
Tu as été pris(e) en hypokhâgne, vas-y voir, tout en acceptant de te faire suivre par un médecin pour réguler ton humeur.
Tu verras bien. On trouve dans les classes préparatoires et ailleurs des personnalités multiples.
Si tu pleures dans ton coin, personne ne le verra ou ne fera mine de le voir, si tu montes sur les tables, tu te feras sortir.
C'est à savoir.

6 (Modifié par Hippocampe 15/08/2017 à 21:58)

Hypokhâgne, santé mentale et trouble de la personnalité borderline

Bonsoir Lana,

Dans un livre de souvenirs, un ancien détenu dans un camp nazi raconte qu’il y avait eu l’impression d’être dans un asile de fous mais où c’étaient les gardiens qui étaient les fous.
Je n’ai pas connu ça mais j’ai fait maths sup dans une classe où la prof de maths (quinze heures de cours par semaine) était folle. Folle dans le genre cruel, grossier, injurieux. Nous passions à tour de rôle sur l’estrade pour faire (ou tenter de faire) un exercice chacun à notre tour or, pour une raison que j’ignore, les filles pleurent plus facilement que les garçons. Toutes les filles de la classe ont, au moins une fois dans l’année, pleuré à chaudes larmes, sur l’estrade, tellement elles se faisaient injurier, même des filles douées qui par la suite ont bien réussi. Je résume. Cette femme était complètement dingue mais avait fait Normale sup. Tu parles de borderline, cette prof était bien au-delà de la border et bien au-delà de la line, elle avait pourtant excellemment terminé sa prépa. De nombreuses personnes ayant un souci d’ordre mental ont réussi des études difficiles.

Si tu vas en HK, tu bosseras beaucoup, si tu vas à la fac, tu bosseras moins. Enfin ça dépend, à la fac on peut bosser beaucoup comme on peut se la couler douce mais quand on se la coule douce on progresse moins. En HK, tu bosseras beaucoup parce que de toute façon on y bosse beaucoup (on bosse ou on s’en va). Dans les deux cas, tu resteras borderline. Vivre une HK n’enlève pas ce souci mental, vivre une L1 ne l’enlève pas davantage. A contrario, une HK ou une L1 aggrave-t-elle ce souci ? Je n’ai jamais lu, vu ou entendu que oui.

Bon, une personne normale qui termine sa terminale avec de bonnes notes dans les matières littéraires, et qui veut continuer dans les lettres, a ce choix à faire : « HK ou L1 », c’est un choix difficile. Pour toi, c’est différent : le choix que tu as à faire est « HK + borderline ou L1 + borderline », c’est aussi un choix difficile vu que sans « borderline », ça l’est déjà. Pourquoi laisser « borderline » intervenir dans ce choix qui est, de toute façon, difficile. Qu’on soit borderline ou non.

Quand on est borderline, c’est pour un moment. Si on est conscient qu’on l’est (et heureusement c’est ton cas) on peut guérir mais ça prend du temps. Or c’est maintenant que tu dois orienter ta vie. Ça tombe mal, je sais, mais tu n’y peux rien et moi non plus. Tu ne peux pas attendre d’avoir guéri pour choisir ce que tu veux étudier. Et de toute façon, ce sera plus dur pour toi que pour d’autres. Être borderline est une tuile, cette tuile t’est tombée dessus et tu ne peux faire comme si tu n’étais pas concernée. Tu dois quand même orienter ta vie. Est-ce que le fait d’être borderline doit décider à ta place ? Tu n’es pas paranoïaque, schizophrène, oligophrène (j’aime bien ce mot) ou autres. Tu n’es que borderline. Et, comme je l’ai dit, des gens ayant des soucis mentaux ayant réussi leurs études, il y en a eu beaucoup. On a vu des cas de médecins tueurs en série !

Ne laisse pas cette maladie décider pour toi.

Encore une chose. As-tu un niveau qui te donne l’espoir d’intégrer une ENS, ou une école de commerce ou une sciences-po ou d’entrer dans telle ou telle filière accessible aux khâgneux et non aux élèves de licence (de mon temps, c’était une ENS ou rien, ça a heureusement changé) ? Si oui, et qu’une de ces filières te tente, c’est dommage d’y renoncer (borderline ou nom, d’ailleurs).

Et encore une chose. De mon temps, les élèves de prépa (prépas scientifiques en tout cas), les élèves atteints d’un handicap bénéficiaient d’un paquet de points supplémentaires aux différents concours. Le sais-tu ? T’es-tu renseignée pour savoir si tu es concernée ?

Et enfin… Je finis mon laïus un peu long. Borderline, c’est vague pour nous qui ne te connaissons pas. As-tu un médecin traitant et un psychiatre ? Leurs avis sont éminemment importants. Ces gens sont du métier et te connaissent, tu dois leur demander ce qu’ils pensent de tout ça.

Ne reste pas sans nous donner des nouvelles.

Hypokhâgne, santé mentale et trouble de la personnalité borderline

Salut,


Quelle que soit ta décision, est-ce que tu comptes parler de ta maladie aux enseignants? Surtout si tu vas en prépa. Je ne sais pas si c'est une bonne idée (je pense que oui, mais je ne sais pas), mais je crois que c'est important d'y réfléchir.

Hypokhâgne, santé mentale et trouble de la personnalité borderline

Bonjour,

Plusieurs choses : d'abord, je rejoins Laoshi, puisque tu peux aller faire un tour en hypokhâgne, fais le. Rien ne t'empêche de la quitter ensuite si ça ne te correspond pas.

Ensuite, pleurer devant les professeurs, c'est dérangeant, mais ça n'est pas grave. Cela arrive, en réalité, à de nombreux hypokhâgneux (une de mes khâmarades s'est même évanouie en cours). Personnellement, j'ai déjà fondu en larmes devant une de mes professeurs de khâgne. Les professeurs, dans leur immense majorité, savent que la prépa c'est dur, physiquement, moralement, et donc nerveusement. Si tu souhaites rester en prépa et que tu as effectivement eu des problèmes en raison de ton état, rien ne t'empêche, comme le dit mattlev, d'en parler avec le corps professoral et/ou le chef d'établissement.

En attendant, ne te censure pas.

Hypokhâgne, santé mentale et trouble de la personnalité borderline

J'ai souvenir d'avoir côtoyé quelques "borderline" quand j'étais en prépa qui finalement étaient plutôt dans leur élément, du moins plus qu'en lycée. Et en HK des gens tout à fait équilibrés jusque là peuvent très bien fondre en larmes devant un enseignant... La frontière n'est plus si évidente dans ce contexte particulier, chacun réagit différemment. Il faut donc tenter

Hypokhâgne, santé mentale et trouble de la personnalité borderline

Mais bien sûr, il faut tenter. D'ailleurs si tu as demandé une prépa, et que tu as été acceptée, ce n'est quand même pas par hasard, même si tu es instable. De toute façon, tu peux toujours, après, aller en fac voir si la vie y est plus belle.