1 (Modifié par Michel BACKELJAU 13/08/2017 à 07:40)

Prosodie et farniente, quand faire la césure ?

Pour composer quelques alexandrins, je me pose la question de la place de la césure à l’hémistiche quand il est question du mot « farniente ».

Faut-il écrire :

En un mot comme en cent, nous fûmes en vacances,
Laissés au farniente || bien loin des contingences.

ou bien la version ci-dessous est-elle préférable ?

En un mot comme en cent, nous fûmes en vacances,
Adeptes du farnien||te loin des contingences.

Je remercie qui renoncera à l’oisiveté pour lever mon incertitude avant la rentrée.

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Prosodie et farniente, quand faire la césure ?

Laissés au farniente || bien loin des contingences.

Le vers a bien une césure à l'hémistiche, mais celui-ci se termine par un e qu'il faut accentuer ; or c'est impossible en français. Il faut donc admettre qu'il n'a pas de césure, mais sa diction est disgracieuse. Il est donc à proscrire si voulez suivre les règles classiques.

Adeptes du farnien||te loin des contingences.

L'accentuation du premier hémistiche est correcte, mais le second, débutant par -te, est peu heureux.

Je propose :

Adeptes du farnien /t(e) et loin des contingences.

3 (Modifié par Michel BACKELJAU 13/08/2017 à 11:31)

Prosodie et farniente, quand faire la césure ?

jacquesvaissier a écrit :

Je propose :
Adeptes du farnien /t(e) et loin des contingences.

Vous pensez donc qu’il ne faut pas prononcer à l’italienne « farnie-n-tè » et vous optez donc pour la prononciation à la française : l’e de farniente s’élide alors en effet avec le mot suivant dans le second hémistiche.
Est-ce votre dernier mot ? Vous ne tranchez pas seulement pour prendre congé ?

4 (Modifié par jacquesvaissier 13/08/2017 à 11:52)

Prosodie et farniente, quand faire la césure ?

Le fait qu'on puisse prononcer farnienté ne résout pas le problème posé par le premier vers puisque la dernière syllabe, qu'elle comporte un e ou un é, n'est accentuée ni en italien ni en français. Très différent serait le cas des mots français cité, liberté, etc...
Votre seconde proposition, en revanche, est envisageable, la diction en étant moins disgracieuse.

5 (Modifié par Michel BACKELJAU 01/09/2017 à 05:10)

Prosodie et farniente, quand faire la césure ?

Là, votre réponse exclut définitivement en effet la première version de mon alternative. Je vous remercie à la fois de votre réponse rapide et de sa pertinence.
Ce sera donc la seconde version qui sera retenue pour la mise en ligne du poème complet ce premier septembre, que chacun pourra lire à la page des Commentaires ou travailler en exercice à la page Sans crise et sans armes.

Bonjour à toutes et à tous
Le double douzain à l’origine de ma question posée ici est dès aujourd’hui mis en ligne pour saluer la rentrée, que je souhaite à chacun excellente.
http://users.skynet.be/courstoujours/an … #refrain33
http://users.skynet.be/courstoujours/Stances/P122.htm

6 (Modifié par Jehan 01/09/2017 à 13:52)

Prosodie et farniente, quand faire la césure ?

Comme jamais personne ne pût y songer ?

Le subjonctif imparfait n'est pas correct ici, il faut le passé simple :

Comme jamais personne ne put y songer ?

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Prosodie et farniente, quand faire la césure ?

Jehan a écrit :

Le subjonctif imparfait n'est pas correct ici, il faut le passé simple :
Comme jamais personne ne put y songer ?

Si vous transposez la phrase au présent, vous obtenez :

« (…) Pouvez-vous paresser
   Comme jamais personne ne peut y songer ? »

ou bien, me semble-t-il (car « jamais personne » invite au subjonctif) :

« (…) Pouvez-vous paresser
   Comme jamais personne ne puisse y songer ?

8 (Modifié par Jehan 01/09/2017 à 14:27)

Prosodie et farniente, quand faire la césure ?

On emploierait plutôt le conditionnel, il me semble.

Pouvez-vous paresser
Comme jamais personne ne pourrait y songer ?

Pûtes-vous paresser
Comme jamais personne n'aurait pu y songer ?

Mais c'est vrai que comme ça, l'alexandrin deviendrait un vers de treize syllabes...

Dans ce cas, pour réparer ça, c'est le subjonctif plus-que-parfait  (équivalent littéraire du conditionnel passé) qui conviendrait, à la rigueur :

Pûtes-vous paresser
Comme jamais personne n'eût pu y songer ?

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Prosodie et farniente, quand faire la césure ?

Jehan a écrit :

On emploierait plutôt le conditionnel, il me semble.
Pûtes-vous paresser
Comme jamais personne n'aurait pu y songer ?
Mais c'est vrai que comme ça, l'alexandrin deviendrait un vers de treize syllabes...

Non, avec le conditionnel passé deuxième forme, le vers reste régulier :
« (…) Pûtes-vous paresser
  Comme jamais personne n’eût pu y songer ? »
Mais je ne vois guère le supplément syntaxique que cette version apporte…

L’accent circonflexe vous rend perplexe et vous voudriez que j’ôtasse mon chapeau !

Que faites-vous toutefois, car j’en appelle à elle, de la licence poétique ?

10 (Modifié par Jehan 01/09/2017 à 16:56)

Prosodie et farniente, quand faire la césure ?

Michel BACKELJAU a écrit :

Non, avec le conditionnel passé deuxième forme, le vers reste régulier

Eh bien, c'est  justement ce que j'ai dit, même si je n'ai pas employé l'expression désuète et sujette à caution "conditionnel passé deuxième forme". C'est le vrai conditionnel passé, dit "première forme", qui créerait un vers faux.

Jehan a écrit :

Dans ce cas, pour réparer ça, c'est le subjonctif plus-que-parfait  (équivalent littéraire du conditionnel passé) qui conviendrait, à la rigueur :
Pûtes-vous paresser
Comme jamais personne n'eût pu y songer ?

Michel BACKELJAU a écrit :

Mais je ne vois guère le supplément syntaxique que cette version apporte…

Contrairement à ce plus-que-parfait du subjonctif (eût pu), l'imparfait du subjonctif (pût) n'a jamais une valeur de conditionnel passé, mais seulement une valeur de conditionnel présent.
Or, la principale au passé me semble nécessiter un verbe à valeur de conditionnel passé dans la principale.

(Si pour vous la licence poétique peut justifier de menues irrégularités, je me demande alors pourquoi vous vous faisiez plus haut du souci  au sujet de la diérèse de "farniente"... )