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Rousseau, Émile, ou De l’éducation - Quand on dit que l’homme est faible, que veut-on dire ?...

Quand on dit que l’homme est faible, que veut-on dire ? Ce mot de faiblesse indique un rapport, un rapport de l’être auquel on l’applique. Celui dont la force passe les besoins, fût-il un insecte, un ver, est un être fort : celui dont les besoins passent la force, fût-il un éléphant, un lion ; fût-il un Conquérant, un Héros ; fût-il un Dieu, c’est un être faible. L’Ange rebelle qui méconnut sa nature était plus faible que l’heureux mortel qui vit en paix selon la sienne. L’homme est très fort quand il se contente d’être ce qu’il est : il est très faible quand il veut s’élever au-dessus de l’humanité. N’allez donc pas vous figurer qu’en étendant vos facultés vous étendez vos forces ; vous les diminuez, au contraire, si votre orgueil s’étend plus qu’elles. Mesurons le rayon de notre sphère, et restons au centre comme l’insecte au milieu de sa toile : nous nous suffirons toujours à nous-mêmes, et nous n’aurons point à nous plaindre de notre faiblesse ; car nous ne la sentirons jamais.

J'ai des difficultés à comprendre ce passage "Quand on dit que l’homme est faible, que veut-on dire ? Ce mot de faiblesse indique un rapport, un rapport de l’être auquel on l’applique. Celui dont la force passe les besoins, fût-il un insecte, un ver, est un être fort : celui dont les besoins passent la force, fût-il un éléphant, un lion ; fût-il un Conquérant, un Héros ; fût-il un Dieu, c’est un être faible."

Le "c'est un être faible" se rapporte bien à ceux dont la force passe les besoins ?

Merci d'avance !

2 (Modifié par Jehan 17/07/2017 à 17:02)

Rousseau, Émile, ou De l’éducation - Quand on dit que l’homme est faible, que veut-on dire ?...

Bonsoir.

Le "c'est un être faible" se rapporte bien à ceux dont la force passe les besoins ?

Non, c'est le contraire.

Celui dont la force passe les besoins, fût-il un insecte, un ver, est un être fort :

celui dont les besoins passent la force, fût-il un éléphant, un lion ; fût-il un Conquérant, un Héros ; fût-il un Dieu, c’est un être faible.

3 (Modifié par Penseuse 17/07/2017 à 17:16)

Rousseau, Émile, ou De l’éducation - Quand on dit que l’homme est faible, que veut-on dire ?...

Bonsoir.

Il affirme donc que les désirs/besoins de ces êtres (éléphants, lions, Conquérants, Héros, Dieu) sont plus grands que leurs facultés/force ? Il prend pour exemple les Conquérants, Dieu et les Héros car ce sont des êtres dits "surhommes" et contraire à la notion de nature humaine ?

Je ne comprends pas pour les lions et les éléphants ?
Et encore moins lorsqu'il dit que les insectes sont des êtres forts ?

Quelqu'un pourrait m'éclairer, s'il vous plaît ?
Merci.

Rousseau, Émile, ou De l’éducation - Quand on dit que l’homme est faible, que veut-on dire ?...

En citant ces exemples extrêmes (il emploie "fût-il") Rousseau veut surtout faire ressortir que la "force" et la "faiblesse" dont il parle ne dépendent pas de la force en soi, mais de sa mise en balance avec les besoins.

Même un être d'apparence chétive peut être considéré comme fort si ses petites forces dépassent ses besoins. Ce qui ne veut évidemment pas dire que tous les êtres d'apparence chétive comme les vers soient forcément forts au sens où l'entend Rousseau.

Même un être d'apparence robuste peut être considéré comme faible si ses énormes besoins dépassent  ses grandes forces.
Ce qui ne veut évidemment pas dire que tous les êtres d'apparence robuste comme les lions et les éléphants soient forcément faibles.

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Rousseau, Émile, ou De l’éducation - Quand on dit que l’homme est faible, que veut-on dire ?...

Oh ! En effet, ça rejoint ce qu'il affirme plus tard sous forme plus simplifiée.

Diminuez donc les désirs, c’est comme si vous augmentiez les forces ; celui qui peut plus qu’il ne désire en a de reste : il est certainement un être très fort.

Merci beaucoup.