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Zola, Nana, chapitre 12 - Vers une heure du matin, dans le grand lit drapé...

Bonjour à tous !
J'aurais besoin de votre aide.
Je dois rédigé un commentaire littéraire sur un extrait du roman Nana d'Emile Zola

Rappel des règles
Seuls les élèves ayant effectué un travail personnel préalable sur leur sujet peuvent obtenir une aide ponctuelle. Vous devez donc indiquer vos pistes de recherches personnelles.

Vers une heure du matin, dans le grand lit drapé de point de Venise, Nana et le comte ne dormaient pas encore. Il était revenu le soir, après une bouderie de trois jours. La chambre, faiblement éclairée par une lampe, sommeillait, chaude et toute moite d’une odeur d’amour, avec les pâleurs vagues de ses meubles de laque blanche, incrustée d’argent. Un rideau rabattu noyait le lit d’un flot d’ombre. Il y eut un soupir, puis un baiser coupa le silence, et Nana, glissant des couvertures, resta un instant assise au bord des draps, les jambes nues. Le comte, la tête retombée sur l’oreiller, demeurait dans le noir.

— Chéri, tu crois au bon Dieu ? demanda-t-elle après un moment de réflexion, la face grave, envahie d’une épouvante religieuse, au sortir des bras de son amant.

Depuis le matin, elle se plaignait d’un malaise, et toutes ses idées bêtes, comme elle disait, des idées de mort et d’enfer, la travaillaient sourdement. C’était parfois, chez elle, des nuits où des peurs d’enfant, des imaginations atroces la secouaient de cauchemars, les yeux ouverts. Elle reprit :

— Hein ? penses-tu que j’irai au ciel ?

Et elle avait un frisson, tandis que le comte, surpris de ces questions singulières en un pareil moment, sentait s’éveiller ses remords de catholique. Mais, la chemise glissée des épaules, les cheveux dénoués, elle se rabattit sur sa poitrine, en sanglotant, en se cramponnant.

— J’ai peur de mourir… J’ai peur de mourir…

Il eut toutes les peines du monde à se dégager. Lui-même craignait de céder au coup de folie de cette femme, collée contre son corps, dans l’effroi contagieux de l’invisible ; et il la raisonnait, elle se portait parfaitement, elle devait simplement se bien conduire pour mériter un jour le pardon. Mais elle hochait la tête ; sans doute elle ne faisait de mal à personne ; même elle portait toujours une médaille de la Vierge, qu’elle lui montra, pendue à un fil rouge, entre les seins ; seulement, c’était réglé d’avance, toutes les femmes qui n’étaient pas mariées et qui voyaient des hommes, allaient en enfer. Des lambeaux de son catéchisme lui revenaient. Ah ! si l’on avait su au juste ; mais voilà, on ne savait rien, personne ne rapportait des nouvelles ; et, vrai ! ce serait stupide de se gêner, si les prêtres disaient des bêtises. Pourtant, elle baisait dévotement la médaille, toute tiède de sa peau, comme une conjuration contre la mort, dont l’idée l’emplissait d’une horreur froide.

Il fallut que Muffat l’accompagnât dans le cabinet de toilette ; elle tremblait d’y rester une minute seule, même en laissant la porte ouverte. Quand il se fut recouché, elle rôda encore par la chambre, visitant les coins, tressaillant au plus léger bruit. Une glace l’arrêta, elle s’oublia comme autrefois, dans le spectacle de sa nudité. Mais la vue de sa gorge, de ses hanches et de ses cuisses, redoublait sa peur. Elle finit par se tâter les os de la face, longuement, avec les deux mains.

— On est laid, quand on est mort, dit-elle d’une voix lente.

Et elle se serrait les joues, elle s’agrandissait les yeux, s’enfonçait la mâchoire pour voir comment elle serait. Puis, se tournant vers le comte, ainsi défigurée :

— Regarde donc, j’aurai la tête tout petite, moi.

Alors, il se fâcha.

— Tu es folle, viens te coucher.

Il la voyait dans une fosse, avec le décharnement d’un siècle de sommeil ; et ses mains s’étaient jointes, il bégayait une prière. Depuis quelque temps, la religion l’avait reconquis ; ses crises de foi, chaque jour, reprenaient cette violence de coups de sang, qui le laissaient comme assommé. Les doigts de ses mains craquaient, il répétait ces seuls mots, continuellement : « Mon Dieu… mon Dieu… mon Dieu. » C’était le cri de son impuissance, le cri de son péché, contre lequel il restait sans force, malgré la certitude de sa damnation. Quand elle revint, elle le trouva sous la couverture, hagard, les ongles dans la poitrine, les yeux en l’air comme pour chercher le ciel. Et elle se remit à pleurer, tous deux s’embrassèrent, claquant des dents sans savoir pourquoi, roulant au fond de la même obsession imbécile. Ils avaient déjà passé une nuit semblable ; seulement, cette fois, c’était complètement idiot, ainsi que Nana le déclara, lorsqu’elle n’eut plus peur. Un soupçon lui fit interroger le comte avec prudence : peut-être Rose Mignon avait-elle envoyé la fameuse lettre. Mais ce n’était pas ça, c’était le trac, pas davantage, car il ignorait encore son cocuage.

Deux jours plus tard, après une nouvelle disparition, Muffat se présenta dans la matinée, heure à laquelle il ne venait jamais. Il était livide, les yeux rougis, tout secoué encore d’une grande lutte intérieure. Mais Zoé, effarée elle-même, ne s’aperçut pas de son trouble. Elle avait couru à sa rencontre, elle lui criait :

— Oh ! monsieur, arrivez donc ! madame a failli mourir, hier soir.

Et, comme il demandait des détails :

— Quelque chose à ne pas croire… Une fausse couche, monsieur !

Nana était enceinte de trois mois. Longtemps elle avait cru à une indisposition ; le docteur Boutarel lui-même doutait. Puis, quand il se prononça nettement, elle éprouva un tel ennui, qu’elle fit tout au monde pour dissimuler sa grossesse. Ses peurs nerveuses, ses humeurs noires venaient un peu de cette aventure, dont elle gardait le secret, avec une honte de fille-mère forcée de cacher son état. Cela lui semblait un accident ridicule, quelque chose qui la diminuait et dont on l’aurait plaisantée. Hein ? la mauvaise blague ! pas de veine, vraiment ! Il fallait qu’elle fût pincée, quand elle croyait que c’était fini. Et elle avait une continuelle surprise, comme dérangée dans son sexe ; ça faisait donc des enfants, même lorsqu’on ne voulait plus et qu’on employait ça à d’autres affaires ? La nature l’exaspérait, cette maternité grave qui se levait dans son plaisir, cette vie donnée au milieu de toutes les morts qu’elle semait autour d’elle. Est-ce qu’on n’aurait pas dû disposer de soi à sa fantaisie, sans tant d’histoires ? Ainsi, d’où tombait-il, ce mioche ? Elle ne pouvait seulement le dire. Ah ! Dieu ! celui qui l’avait fait, aurait eu une riche idée en le gardant pour lui, car personne ne le réclamait, il gênait tout le monde, et il n’aurait bien sûr pas beaucoup de bonheur dans l’existence !

Cependant, Zoé racontait la catastrophe.

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Zola, Nana, chapitre 12 - Vers une heure du matin, dans le grand lit drapé...

Un lieu clos  : la chambre
Nana, un personnage naturaliste
Du plaisir aux remords. La jouissance et l'enfer. La vie, la mort.

Zola, Nana, chapitre 12 - Vers une heure du matin, dans le grand lit drapé...

Bonsoir,
Le texte est très long. Dois-tu analyser tout l'extrait ?
J'aimerais savoir quel genre de commentaire littéraire tu es censé(e) faire et à quel niveau d'études.
L'ensemble du texte présente évidemment une évocation de Nana, une évocation plutôt inquiétante, (mais également de Muffat.)
Si c'est tout d'abord dans le décor de la chambre que nous pouvons observer les deux personnages, l'extrait se prolonge Deux jours plus tard...à travers le récit de Zoé qui n'est pas non plus à négliger et qui présente cette fois l'héroïne de façon indirecte.

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Zola, Nana, chapitre 12 - Vers une heure du matin, dans le grand lit drapé...

bonjour, je dois analyser seulement la partie que j'ai écrit dans le forum. je suis une étudiante universitaire et je cherche un commentaire composé que parle du personnages,  l'action, le lieu, tout le chose necessaire pour analyser correctement l'extrait.
merci