1 (Modifié par Warashibe 16/05/2017 à 20:28)

Proust, Combray - Combray de loin, à dix lieues à la ronde...

Bonjour,

Je fais actuellement des études de langues et j'ai malheureusement (sans vouloir en vexer plus d'un) des cours de littératures française.

J'ai un travail sur Proust à rendre ; j'ai envoyé le principal de mon travail mais ma professeur m'a seulement répondu pour dire que ce n'était pas ce qu'elle attendait (elle est vraiment exigeante).

Je recherche donc une (ou plusieurs) âmes charitables pour m'aider pour ce travail, qui compte pour 40% de la note totale de l'année.
J'ai réussi à avoir 10/20 au premier travail (20% de l'année) et 14/20 (20% de l'année ; je me suis fait aider par les autres de mon groupe). Je suis donc "bien parti" pour réussir ce cours, qui est vraiment ma bête noire (car j'ai un raisonnement plus « cartésien »).

Si vous souhaitez donc bien m'aider, voici l'extrait à analyser :

"Combray de loin, à dix lieues à la ronde, vu du chemin de fer quand nous y arrivions la dernière semaine avant Pâques, ce n'était qu'une église résumant la ville, la représentant, parlant d'elle et pour elle aux lointains, et, quand on approchait, tenant serrés autour de sa haute mante sombre, en plein champ, contre le vent, comme une pastoure ses brebis, les dos laineux et gris des maisons rassemblées qu'un reste de remparts du moyen âge cernait çà et là d'un trait aussi parfaitement circulaire qu'une petite ville dans un tableau de primitif."


Et voici mon texte (il manque encore l'introduction.. dont je cale complètement) ; les parenthèses avec les lignes ne concordent pas avec celles sur le forum, donc ne y tenez pas compte.


"Tout est question de repères de lieux et de temps ; Combray a été construite pendant le Moyen-Age.
Beaucoup de villes médiévales fut entourées par des remparts (l. 6) et isolées (dix lieues à la ronde, l. 2) par des champs ou des prés, typique des anciens villages français. Il précise que c'est durant la dernière semaine ava-nt Pâques qu'il se rend à Combray, ce qui réfère au début du printemps.
Proust utilise l'antithèse pour créer un contraste entre son village isolé et figé par le temps, et le chemin de fer, qui représente le mouvement et cette avancée technologique.
Il créer ensuite une carte du village en utilisant la gradation progressive ; il commence par nous parler de l'église – clé de voûte de Combray – pour ensuite nous décrire les maisons tout autour (l. 6) et finir par décrire sa muraille qui l'englobe (l. 6-7).  Il utilise la comparaison comme figure de style pour décrire l'église : « comme une pastoure » (l. 5) ; « tenant serrés autour de sa haute mante sombre […] le dos laineux et gris des maisons rassemblées » (l. 4-6). Cette comparaison scinde le paragraphe en deux parties distinctes : « Combray, de loin, […] contre le vent » (l. 2-5) et « comme un pastoure […] tableau de primitif ». (l. 5-7)
Dans cette même phrase peut être interprété une autre figure de style : la métaphore ; « haute mante sombre » peut, en effet, être perçue comme le vêtement ample que porte les femmes mais aussi par la mante religieuse (l'insecte).
Les remparts de Combray sont mis en hyperbole par le narrateur : « d'un trait aussi parfaitement circulaire […] tableau de primitif » (l. 7) ; on peut dans un même temps remarquer l'impact probable qu'a pu avoir la guerre franco-prussienne (1870-1871) sur Marcel Proust (1871-1922). Combray, ayant subi les ravages de la guerre, ne peut donc pas être « parfaitement circulaire » comme énoncé par le narrateur.
En plus des aspects temporels et géographiques, Proust aime aussi jouer avec les sonorités ; on dénote par exemple l'utilisation des allitérations en « l » et de « d » dans : « de loin, à dix lieues à la ronde » ou encore dans « ce n'était qu'une église résumant la ville, la représentant, parlant d'elle et pour elle aux lointains » (l. 2-3).

Ainsi, en seulement quelques lignes dans ce paragraphe, Marcel Proust à réussi à nous décrire Combray en utilisant toute une palette de figures de style, aussi bien dans les répétitions, l'analogie, l'exagération, la construction ou encore dans les sonorités. Sa description – presque parfaite – de Combray, permet au lecteur de visualiser et contextualiser l'ensemble de son village en le replaçant dans son époque. Il a aussi permis au lecteur de pouvoir identifier de quelle ville il faisait référence : Illier. La ville lui a par ailleurs rendu hommage en ajoutant -Combray à son nom."


Je sais que j'en demande sûrement beaucoup trop.. mais étant un peu désespéré.. je tente ce que je peux pour réussir à passer ce cours... je serais même prêt à payer si nécessaire :'D

2 (Modifié par Jean-Luc 16/05/2017 à 22:33)

Proust, Combray - Combray de loin, à dix lieues à la ronde...

Bonsoir,

La description de Combray est organisée autour de la notion de repère
- géographique : un clocher qui se voit de loin, nous sommes aux confins de la Beauce, un plat pays,
- culturel : un village rassemblé autour d'une église, lieu qui unit une communauté et en même temps la distingue des autres. Il faut noter l'aspect visuel et sonore (qui parle d'elle et pour elle aux lointains). La mention de Pâques est importante, c'est la fête principale des chrétiens, elle marque aussi le renouveau printanier qui va donner des couleurs à la grisaille.
- protecteur : métaphore du berger (pastoure) et de son troupeau de brebis (renvoie à l'image évangélique du Bon pasteur), mention des remparts en cercle.

Un lieu donc où s'enracine l'auteur qui le retrouve avec plaisir et surtout émotion. Un lieu intemporel et esthétique dans sa simplicité (tableau de primitif).

3 (Modifié par Warashibe 16/05/2017 à 23:03)

Proust, Combray - Combray de loin, à dix lieues à la ronde...

Merci pour votre réponse, ça me sera utile pour avoir des pistes en plus pour rédiger mon travail

Peux-tu m'expliquer quel est le rapport entre le troupeau de brebis et l'image des remparts en forme de cercle ? C'est sensé représenter la forme du troupeau ?