Couleur locale dans la poésie romantique, le vague des passions

Bonjour. je suis polonais qui se prepare pour l'examen de la litterature du XIX siecle. Il me faut quelques informations sur la couleur locale dans la poesie romantique, commemnt definir le vague des passions, comment comprendre le mal du siecle.En Pologne des bons manuels sur la litterature n'existent pas alors c'est puorquoi je demande de votre aide

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Couleur locale dans la poésie romantique, le vague des passions

Bonjour Dandi,

1 - Pour la couleur locale, je t'invite à regarder ces deux liens, surtout le second.
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2 - Vague des passions et mal du siècle

Le  mal du siècle romantique volontiers grandiloquent est l'enfant de l'extrême sensibilité de la fin du XVIIIe siècle en même temps que des troubles révolutionnaires et de l'épopée napoléonienne qui les suivit et fit rêver toute une génération (voir Musset et sa Confession d'un enfant du siècle). "Je suis venu trop tard dans un monde trop vieux."

Il a été développé par Chateaubriand dans René.

Ce roman de quarante pages est dans la lignée du Werther de Goethe, il a été reçu comme le manifeste du « mal de vivre » ou « mal du siècle ».

René est un cyclothymique qui a d'abord cherché  l'oubli dans le « vaste désert d’hommes » de la cité. En vain, car une « surabondance de vie » (le vague des passions), en alternance avec un « profond sentiment d’ennui », le fait passer de méditations morbides à de puissantes exaltations : « Levez-vous vite, orages désirés… »

Sa mélancolie a été le signe de ralliement de toute une jeunesse : ce récit délétère a préparé la voie au Chatterton de Vigny, à Hernani d'Hugo et à la Confession d’un enfant du siècle de Musset . Ce court roman peut être considéré comme l’acte de naissance du romantisme.

Pour Chateaubriand, il s'agit d'un destin marqué par le malheur, la tristesse, l'appel de l'infini, ce « vague à l'âme » que Sainte-Beuve appellera « mal du siècle ».

Il évoluera vers le spleen baudelairien  dans la seconde moitié du XIXe siècle. Il est une réaction contre l'idéologie du siècle des Lumières fondée sur un rationalisme excessif et une croyance optimiste dans un progrès scientifique continu censé apporter le bonheur au genre humain. En fait quelques esprits exigeants vivent mal une crise des valeurs religieuses, la révolution industrielle, le triomphe d'une bourgeoisie étriquée, le matérialisme étouffant, l'absence d'idéal : cette crise des valeurs touche Flaubert, Baudelaire, les symbolistes, Laforgue, Huysmans...

VAGUE DES PASSIONS
Le vague des passions est cette propension à ne pas se satisfaire d'un monde borné. C'est lui qui constitue le fondement du mal du siècle.
Chateaubriand lui-même nous donne, dans le Génie, une définition du vague des passions :
" Il reste à parler d'un état de l'âme qui, ce nous semble, n'a pas encore été bien observé ; c'est celui qui précède le développement des passions, lorsque nos facultés, jeunes, actives, entières, mais renfermées, ne se sont exercées que sur elles-mêmes, sans but et sans objet. Plus les peuples avancent en civilisation, plus cet état du vague des passions augmente (...) On est détrompé sans avoir joui ; il reste encore des désirs, et l'on n'a plus d'illusions (...) On habite, avec un coeur plein, un monde vide ; et, sans avoir usé de rien, on est désabusé de tout.
Chateaubriand, Génie du christianisme, II, 3, chap. 9, 1802

Bonne chance pour l'examen !