1 (Modifié par emma21 08/03/2017 à 23:26)

La Bruyère, Les Caractères - L’on se donne à Paris, sans se parler...

Bonjour je suis en seconde et j'ai un commentaire à rendre pour vendredi et je suis complètement perdue ! Je ne vous demande évidemment pas de le faire à ma place mais est ce que vous pourriez me donner des pistes pour me mettre sur la voie?
Ce commentaire traite d'un texte de la Bruyere : "les caracteres ".


L’on se donne à Paris, sans se parler, comme un rendez-vous public, mais fort exact, tous les soirs au Cours ou aux Tuileries, pour se regarder au visage et se désapprouver les uns les autres.

(I) L’on ne peut se passer de ce même monde que l’on n’aime point, et dont l’on se moque.

(VII) L’on s’attend au passage réciproquement dans une promenade publique ; l’on y passe en revue l’un devant l’autre : carrosse, chevaux, livrées, armoiries, rien n’échappe aux yeux, tout est curieusement ou malignement observé ; et selon le plus ou le moins de l’équipage, ou l’on respecte les personnes, ou on les dédaigne.

2 (V)

Tout le monde connaît cette longue levée qui borne et qui resserre le lit de la Seine, du côté où elle entre à Paris avec la Marne, qu’elle vient de recevoir : les hommes s’y baignent au pied pendant les chaleurs de la canicule ; on les voit de fort près se jeter dans l’eau ; on les en voit sortir : c’est un amusement. Quand cette saison n’est pas venue, les femmes de la ville ne s’y promènent pas encore ; et quand elle est passée, elles ne s’y promènent plus.

3 (V)

Dans ces lieux d’un concours général, où les femmes se rassemblent pour montrer une belle étoffe, et pour recueillir le fruit de leur toilette, on ne se promène pas avec une compagne par la nécessité de la conversation ; on se joint ensemble pour, se rassurer sur le théâtre, s’apprivoiser avec le public, et se raffermir contre la critique : c’est là précisément qu’on se parle sans se rien dire, ou plutôt qu’on parle pour les passants, pour ceux même en faveur de qui l’on hausse sa voix, l’on gesticule et l’on badine, l’on penche négligemment la tête, l’on passe et l’on repasse.


J'ai trouvé des choses mais je ne sais pas si ça a réellement du sens , pour le coup je suis vraiment perdue:
- il y a la répétition de "l'on" et du son "on"
-il y a un vocabulaire négatif: "naime point" , "se moque" , "dédaigne"
- le texte donne une impression de lassitude , d'habitude et de routine (la ponctuation y aide peut etre?)
-il y a une description picturale et précise : avec le nom des lieux
-il y a le champ lexical de la vue

Merci d'avance

2

La Bruyère, Les Caractères - L’on se donne à Paris, sans se parler...

Bonjour,

La Bruyère brosse un portrait critique de la noblesse :
- la comédie des apparences,
- le "théâtre" mondain,
- la vacuité, les contradictions, les peurs intérieures, le mensonge social,
- la stupidité de la mode,
- exister non pour soi-même mais par le regard d'autrui,
- un spectacle pitoyable et ridicule.

La Bruyère, Les Caractères - L’on se donne à Paris, sans se parler...

Merci beaucoup ! Vous m'avez indiqué le chemin à suivre :-)

4 (Modifié par floreale 09/03/2017 à 10:18)

La Bruyère, Les Caractères - L’on se donne à Paris, sans se parler...

Cet extrait comme une scène d'exposition ... pour ouvrir le chapitre : De la ville.
Un rendez-vous public comme au théâtre ...

Où ?
Qui ?
Quoi ?


Un lieu  : le Cours-la-Reine, les Tuileries.
"Cette promenade, dit Germain Brice dans sa Description de Paris, amène en été tout ce qu'il y a de beau monde à Paris ; on y compte souvent jusqu'à sept ou huit cents carrosses qui se promènent dans le plus bel ordre du monde et sans s'embarrasser les uns des autres".

Qui ?

Quoi ? : lieu d'observation et du paraître.
("se regarder au visage"/"se désapprouver ..."/"l'on n'aime point ... on se moque"/ "Rien n'échappe aux yeux"/"malignement observé" ...)