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Accord avec le mot "aucun"

Bonjour, doit-on dire "je n'ai aucun cerne" ou bien "je n'ai aucuns cernes" ?
Cerne étant un mot (quasiment ?) toujours utilisé au pluriel mais le mot étant au singulier dans les dictionnaires le doute m'est venu.

Merci d'avance.

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Accord avec le mot "aucun"

Aucun est toujours au singulier, sauf avec un nom qui ne  s'emploie qu'au pluriel.

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Accord avec le mot "aucun"

Ok merci

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Accord avec le mot "aucun"

Anne345 a écrit :

Aucun est toujours au singulier, sauf avec un nom qui ne  s'emploie qu'au pluriel.

... et comme cerne s'emploie aussi au singulier, "aucun cerne" est correct. 

Accord avec le mot "aucun"

Bonjour,

Un cas me chiffonne, celui de "nouvelles". Si l'on s'en tient à l'expression figée "recevoir des nouvelles de quelqu'un", où nouvelles ne me semble exister qu'au pluriel, ne faudrait-il pas écrire "n'avoir aucunes nouvelles de Machin" ? Je suis perplexe.

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Accord avec le mot "aucun"

Nouvelle existe bien au singulier, avec un sens différent de l'utilisation au pluriel : http://www.cnrtl.fr/definition/nouvelle 
Donc : je n'ai aucune nouvelle de Machin.

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Accord avec le mot "aucun"

Si l'on emploie le mot dans le sens de Pollo, c'est bien le pluriel qui convient, comme le dit l'Académie dans sa dernière édition, à la rubrique "nouvelle" :

☆3. Au pluriel. Renseignements sur l'état d'une personne ou d'une chose dont on n'était pas informé depuis quelque temps. Demander à une personne des nouvelles de sa santé. Prendre, recevoir des nouvelles d'un proche. Envoyer quelqu'un aux nouvelles, envoyer quelqu'un prendre des informations et, spécialement, en termes militaires, envoyer quelqu'un s'instruire de la position des ennemis. Être sans nouvelles d'une expédition.

L'on écrira donc n'avoir aucunes nouvelles dans la lignée d'être sans nouvelles.
En effet, comme le rappelle Hanse, cité par le TLFi :

Toutefois on mettra aucun au pluriel devant des noms qui ne s'emploient qu'au pluriel ou qui changent de sens au pluriel (Hanse 1949)

Accord avec le mot "aucun"

On aimerait bien avoir des nouvelles de Machin. Beaucoup de nouvelles, oh, ce serait l'idéal.
Mais on n'en a même pas une. On n'en a aucune.
On n'a aucune nouvelle de Machin.

Aucun devant un subst. au plur. prend lui aussi la marque du plur. Cet emploi est correct mais un peu insolite. Toutefois on mettra aucun au pluriel devant des noms qui ne s'emploient qu'au pluriel ou qui changent de sens au pluriel`` (Hanse 1949). Cet emploi légitime, selon Littré, est cependant assez peu répandu

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Accord avec le mot "aucun"

gabiana a écrit :

Cet emploi légitime, selon Littré, est cependant assez peu répandu

Ce n'est pas tout à fait ce que je lis dans Littré :

Quelques personnes doutent si aucun, aucune, avec la négation, peuvent être employés au pluriel. Il est plus ordinaire de mettre le singulier ; mais comme rien n'empêche de nier la pluralité aussi bien qu'on nie l'unité, rien non plus ne peut faire condamner les phrases où aucun est au pluriel. On voit par les exemples que les meilleurs auteurs, en prose comme en vers, se sont servis d'aucun au pluriel. Cet emploi est donc pleinement légitime.

Il dit que le singulier est plus ordinaire mais que le pluriel est pleinement légitime. Et attention, on ne parle même pas là des mots qui ont un sens différent au singulier et au pluriel, ou un emploi privilégié au pluriel, mais des mots "normaux", comme dans les exemples suivants qu'il donne et qui montrent que ce n'est pas si "peu répandu" que ça :
   

Au plur.
      LA BRUY., 5: C'est une petite ville qui n'est divisée en aucuns partis
      DESC., Méth. II, 1: N'ayant aucuns soins ni passions qui me troublassent
      LA FONT., Fab. VII, 2: J'ai vu beaucoup d'hymens, aucuns d'eux ne me tentent
      MONTESQ., Lett. pers. 8: Je ne me mêlai plus d'aucunes affaires
      J. B. ROUSS., Od. I, liv. III: Tel que le vieux pasteur des troupeaux de Neptune, Protée à qui le ciel père de la fortune Ne cache aucuns secrets
      VOLT., S. de Louis XIV, 5: Le parlement défendit en même temps qu'on prît aucuns deniers dans les recettes publiques pour les soudoyer
      VOLT., S. de Louis XV, 21: La république n'avait ni aucunes troupes régulières aguerries, ni aucun officier expérimenté
      PASC., Pens. part. II, art. 4: Aucuns tourments n'ont pu empêcher les martyrs de la confesser [la religion]
      MASS., Confér. Commun.: Ne se permettre aucunes démarches que celles qui peuvent compatir avec l'usage de ce sacrement adorable
      CORN., Hor. I, 1: Je ne me satisfais d'aucunes conjectures
      CORN., Sertor. IV, 3: Et quand nous n'en craindrons aucuns ordres sinistres
      CORN., Pomp. V, 3: Aucuns ordres ni soins n'ont pu le secourir
      RAC., Phèd. I, 1: Aucuns monstres par moi domptés jusqu'aujourd'hui Ne m'ont acquis le droit de faillir comme lui
      BERN. DE ST-P., Paul et Virg.: Ils sont à leur tour usés sur tous les plaisirs, par cela même qu'ils ne leur coûtent aucunes peines
      ANQUET., Ligue, III, 330: Il défendit qu'ils fussent jamais recherchés pour aucunes intelligences....
      VOLT., Microm. chap. 2: Je n'ose faire aucuns projets
      MONTESQ., Rom. 74: Rome n'imposant aucunes lois générales
      MONTESQ., Esp. XXVI, 25: Des gens qui n'ont aucuns besoins, puisque le prince y pourvoit
      LAMART., Harm. I, 9: Jamais sans doute aucunes larmes N'obscurciront pour eux [mes frères les hommes] le ciel
      BOSSUET, Var. 7: Il ne garda aucunes mesures
      VOLT., Moeurs, 145: Cet homme [Améric Vespuce] ne méritait certainement aucuns honneurs

Il va de soi que la bénédiction de Littré, déjà acquise pour le pluriel des mots ordinaires, est sans réserve pour les mots qui, comme nouvelles, ont un emploi particulier préférentiel au pluriel.
Néanmoins, il est amusant de constater que le pluriel, fréquent au XVIIe et XVIIIe siècles, a subi par la suite des revers sous la pression de grammairiens qui pensaient pouvoir incarcérer la langue dans une fausse logique mathématique. Même l'Académie a été prise de doute. Dans la 4e édition du dictionnaire, elle écrit à la rubrique "rembarquement" :

REMBARQUEMENT. s.m. Action de rembarquer. On n'a aucunes nouvelles de lui depuis son rembarquement. Le rembarquement des marchandises.

et passe au singulier à partir de la 5e édition :

REMBARQUEMENT. s. m. Action de rembarquer. On n'a aucune nouvelle de lui depuis son rembarquement. Le rembarquement des marchandises.

L'une et l'autre forme restent possibles et il n'y a pas à craindre d'enfreindre la grammaire en écrivant "aucunes nouvelles", comme l'ont d'ailleurs fait avant nous Baudelaire, Flaubert ou Simenon, et comme continuent de le faire bien des gens !

Accord avec le mot "aucun"

L'une et l'autre forme restent possibles

Soit.
Je choisis donc dans ce cas précis le singulier.