1 (Modifié par floreale 06/01/2017 à 09:04)

Gaudé, Eldorado - Le commandant Salvatore Piracci déambulait dans ces ruelles...

Bonsoir, j'aimerais savoir si quelqu'un a déjà étudier le roman eldorado en tant que lecture analytique et oeuvre intégrale, et si quelqu'un aurait un cours sur l'incipit (page 12 à page 14)

Merci

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Gaudé, Eldorado - Le commandant Salvatore Piracci déambulait dans ces ruelles...

Ton extrait est sans doute plus long ...

A Catane, en ce jour, le pavé des ruelles du quartier du Duomo sentait la poiscaille. Sur les étals serrés du marché, des centaines de poissons morts faisaient briller le soleil de midi. Des seaux, à terre, recueillaient les entrailles la mer que les hommes vidaient d'un geste sec. Les thons et les espadons étaient exposés comme des trophées précieux. Les pêcheurs restaient  derrière leurs tréteaux avec l'oeil plissé du commerçant aux aguets. La foule se pressait, lentement, comme si elle avait décidé de passer en revue tous les poissons, regardant ce que chacun proposait, jugeant en silence du poids, du prix et de la fraîcheur de la marchandise. Les femmes du quartier remplissaient leur panier d'osier, les jeunes gens, eux, venaient trouver de  quoi distraire leur ennui. On s'observait d'un trottoir à l'autre. On se saluait parfois. L'air du matin enveloppait les hommes d'un parfum de mer. C'était comme si les eaux avaient glissé de nuit dans les ruelles, laissant au petit matin les poissons en offrande. Qu'avaient fait les habitants de Catane pour mériter pareille récompense ?  Nul ne le savait. Mais il ne fallait pas risquer de  mécontenter la mer en méprisant ses cadeaux. Les hommes et les femmes passaient devant les étals avec le respect de celui qui reçoit. En ce jour, encore, la mer avait donné. Il serait peut-être un temps où elle refuserait ouvrir son ventre aux pêcheurs. Où les poissons seraient retrouvés morts ans les filets, ou maigres, ou avariés. Le cataclysme n'est jamais loin. L'homme a tant  fauté qu'aucune punition n'est à exclure. La mer, un jour, les affamerait peut-être. Tant qu'elle offrait, il fallait honorer ses présents. Le commandant Salvatore Piracci déambulait dans ces ruelles, lentement, en se laissant porter par le mouvement de la foule. Il observait les rangées de poissons disposés sur la glace, yeux morts et ventre ouvert. Son esprit était comme happé par  ce spectacle. Il ne pouvait plus les quitter des yeux et ce qui, pour toute autre personne, était une profusion joyeuse de nourriture lui semblait, à lui, une macabre exposition.

En ce jour, encore, la mer avait donné. Qu'a donné la mer ? Que va-t-elle rejeter ?

La description réaliste du port de Catane et le marché.
Un narrateur omniscient. La foule et un personnage : le commandant Salvatore Piracci.
La mer et ce qu'elle apporte. La métaphore du poisson. Un réseau d'attente : cataclysme/punition/affamerait/macabre exposition ...

Gaudé, Eldorado - Le commandant Salvatore Piracci déambulait dans ces ruelles...

Merci d'avoir répondu .
Ma lecture analytique commence à partir de "Le commandant déambulait dans ces ruelles, lentement en se laissant porter par le mouvement de la foule (...) Il quitta les ruelles engorgées du marché sans s'aperçevoir que la femme, comme une ombre, le suivait."

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Gaudé, Eldorado - Le commandant Salvatore Piracci déambulait dans ces ruelles...

Tu aurais dû être plus précis.
On peut adapter le plan.


L'incipit ou la manière d'entrer dans le roman. Un incipit dans la norme ou dans  l'écart ? Le où ? Le qui ?

Déambulation dans un décor réaliste de marché.
Un personnage à la croisée des regards qui en font LE personnage. Ce que l'on apprend de lui.
Un incipit qui crée un réseau d'attente : qui est la femme ? Que veut-elle ?

5 (Modifié par Fuyuzz 06/01/2017 à 16:52)

Gaudé, Eldorado - Le commandant Salvatore Piracci déambulait dans ces ruelles...

Merci pour ta réponse qui m'a aidée !
J'ai rédigée une introduction, quelqu'un pourrait-il me dire si elle convient ?

Laurent Gaudé, né en 1972 est un écrivain français et auteur de pièce de théâtre. C'est aussi un romancier et reçoit des prix pour ses oeuvres. En 2006, il écrit Eldorado dont nous allons en étudier l'incipit. Tout d'abord le roman est d'époque contemporaine et traite le sujet très actuel de l'immigration clandestine. Deux destins vont se croiser : celui du commandant piracci chargé d'intercepter les navires d'immigrés et de Soleiman,qui décide de quitter l'Afrique pour rejoindre l'Europe.

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Gaudé, Eldorado - Le commandant Salvatore Piracci déambulait dans ces ruelles...

Tu vas déjà trop loin ... Ta présentation de l'auteur n'est pas précise. Présente bien le titre et ce qu'il connote.  L'incipit ne dit pas tout cela. Annonce l'incipit, formule une problématique et annonce les axes qui y répondent.

Gaudé, Eldorado - Le commandant Salvatore Piracci déambulait dans ces ruelles...

J'ajouterais qu'un incipit comprend la première phrase du texte. Ce passage au découpage aléatoire est un début, pas un incipit. AMHA

Gaudé, Eldorado - Le commandant Salvatore Piracci déambulait dans ces ruelles...

Bonjour,

Je dois rédiger un commentaire de texte pour problématique : En quoi ce passage créé-t-il de l'attente chez le lecteur ?

Texte : Laurent Gaudé,  Eldorado, chap I "l'ombre de Catane" (extrait)

Je ne comprends pas trop la question, je confonds avec le terme suspens et j'ai besoin d'une explication pour cette problématique. C'est un devoir pour mardi. Merci beaucoup si vous m'aider ❤

Si vous êtes plutôt à l'aise en commentaire, pouvez-vous me donner un plan pour ce commentaire svp. Merci encore, je vous aiderai à mon tour avec plaisir.

9 (Modifié par floreale 10/03/2018 à 19:06)

Gaudé, Eldorado - Le commandant Salvatore Piracci déambulait dans ces ruelles...

Catane, en ce jour, le pavé des ruelles du quartier du Duomo sentait la poiscaille. Sur les étals serrés du marché, des centaines de poissons morts faisaient briller le soleil de midi. Des seaux, à terre, recueillaient les entrailles la mer que les hommes vidaient d'un geste sec. Les thons et les espadons étaient exposés comme des trophées précieux. Les pêcheurs restaient  derrière leurs tréteaux avec l'oeil plissé du commerçant aux aguets. La foule se pressait, lentement, comme si elle avait décidé de passer en revue tous les poissons, regardant ce que chacun proposait, jugeant en silence du poids, du prix et de la fraîcheur de la marchandise. Les femmes du quartier remplissaient leur panier d'osier, les jeunes gens, eux, venaient trouver de  quoi distraire leur ennui. On s'observait d'un trottoir à l'autre. On se saluait parfois. L'air du matin enveloppait les hommes d'un parfum de mer. C'était comme si les eaux avaient glissé de nuit dans les ruelles, laissant au petit matin les poissons en offrande. Qu'avaient fait les habitants de Catane pour mériter pareille récompense ?  Nul ne le savait. Mais il ne fallait pas risquer de  mécontenter la mer en méprisant ses cadeaux. Les hommes et les femmes passaient devant les étals avec le respect de celui qui reçoit. En ce jour, encore, la mer avait donné. Il serait peut-être un temps où elle refuserait ouvrir son ventre aux pêcheurs. Où les poissons seraient retrouvés morts ans les filets, ou maigres, ou avariés. Le cataclysme n'est jamais loin. Tomme a tant  fauté qu'aucune punition n'est à exclure. La mer, un jour, les affamerait peut-être. Tant qu'elle offrait, il fallait honorer ses présents. Le commandant Salvatore Piracci déambulait dans ces ruelles, lentement, en se laissant porter par le mouvement de la foule. Il observait les rangées de poissons disposés sur la glace, yeux morts et ventre ouvert. Son esprit était comme happé par  ce spectacle. Il ne pouvait plus les quitter des yeux et ce qui, pour toute autre personne, était une profusion joyeuse de nourriture lui semblait, à lui, une macabre exposition.

Un incipit entre tradition et écart.

Où ? Un lieu : le marché, Catane  mais le lecteur situe mal.
Quand ? On l'ignore, pas de vrai indice temporel.
Qui ?  Le commandant Salvatore Piracci. Il déambule mais son regard diffère de celui des femmes du quartier.
Quoi ? Voilà ce que se demande le lecteur intrigué. Des indices troublants :



Il serait peut-être un temps où elle refuserait ouvrir son ventre aux pêcheurs. Où les poissons seraient retrouvés morts ans les filets, ou maigres, ou avariés. Le cataclysme n'est jamais loin.

une profusion joyeuse de nourriture lui semblait, à lui, une macabre exposition.

La mer, comme une menace diffuse. Des lendemains incertains. Sorte de pressentiment.