Littérature et cinéma : Malraux et l'écriture cinématographique.

Ce que je partage avec vous est une réflexion personnelle. J'aimerais bien qu'on discute ensemble cette réflexion dans le but de la développer éventuellement. 

Dans la condition humaine, Malraux utilise une procédure langagière intéressante. Il s'agit de la juxtaposition des phrases sans connecteurs logiques entre elles, mais seulement des ponctuations. Ce genre d'écriture a plusieurs effets, dont l'accélération de la narration semblerait le plus important et voulu par l'auteur. On commençant à lire, le lecteur se trouve face un rythme véloce, et assiste alors à une consécution preste des actions grâce à ces phrases juxtaposées qui l'assujettit à une cadence envisagée par l'auteur. Ainsi, le lecteur qui subi l'histoire en devient une partie insécable, car c'est par son acte même de lecture que cet effet est produit. Comme on subi le film dans le cinéma, on subi l'histoire dans la condition humaine. Le lecteur ne trouve guère le temps de respirer ou de réfléchir - à moins qu'il détourne son regard ou qu'il ferme le livre. Face au film comme face à ce genre d'écriture, le lecteur ne fait que subir.

Sur quoi je parle, à savoir l'écriture cinématographique, ne comble pas la totalité de l'oeuvre, cependant elle est présente dans tous les chapitres du roman.


PS : C'est un rapprochement que j'ai remarqué à l'issu de ma lecture de la condition humaine et en regardant directement un film.

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Littérature et cinéma : Malraux et l'écriture cinématographique.

Vous parlez de parataxe. C'est un procédé stylistique que l'on retrouve souvent en littérature, surtout à partir du XXe siècle, mais pas seulement.