1 (Modifié par lila mio 02/12/2016 à 20:02)

Dissertation sur Les Feuilles d’automne - Parce que le vent, comme on dit, n'est pas à la poésie, ce n'est pas un motif pour...

Bonsoir, merci d'avoir accepté mon inscription . Je dois realiser ma première dissertation et je ne comprends le sens du sujet. "Parce que le vent,  comme on dit n'est pas à la poésie, ce n'est pas le motif pour que la poésie ne prenne son envol. Tout au contraire des vaisseaux, les oiseaux ne volent bien que contre le vent. Or la poésie tient de l'oiseau." Victor hugo
En quoi cette affirmation éclaire-elle votre vision de la poésie?
Est ce que quelqu'un peut m'aider à comprendre le symbolisme de ce sujet?
Merci d'avance !

2 (Modifié par Gabrielle74 02/12/2016 à 20:25)

Dissertation sur Les Feuilles d’automne - Parce que le vent, comme on dit, n'est pas à la poésie, ce n'est pas un motif pour...

La première phrase est assez abstraite , on sait que le vent est versatile (et change de directions ) et volatile alors qu'on garde des traces écrites des poèmes , mais la poésie a une mission évocatrice et libératrice d'où la notion d'engagement du poète .Par contre , les vaisseaux ont besoin du vent pour voguer dans les mers alors que les oiseaux ont besoin du vent pour voler mais à contresens . Aussi , l'oiseau est le symbole de la liberté .

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Dissertation sur Les Feuilles d’automne - Parce que le vent, comme on dit, n'est pas à la poésie, ce n'est pas un motif pour...

Merci pour votre réponse.

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Dissertation sur Les Feuilles d’automne - Parce que le vent, comme on dit, n'est pas à la poésie, ce n'est pas un motif pour...

La citation est à replacer dans son contexte : la Préface des Feuilles d'automne. 1831

et pose question : pourquoi un recueil de poésie en des temps troublés ? ("contre le vent")


Le moment politique est grave .../...

Ici se présente une objection d'une autre espèce : - Sans contredit, dans le moment même le plus critique d'une crise politique, un pur ouvrage d'art peut apparaître à l'horizon; mais toutes les passions, toutes les attentions, toutes les intelligences ne seront-elles pas trop absorbées par l'œuvre sociale qu'elles élaborent en commun, pour que le lever de cette sereine étoile de poésie fasse tourner les yeux à la foule ? Ceci n'est plus qu'une question de second ordre, la question de succès, la question du libraire et non du poëte. Le fait répond d'ordinaire oui ou non aux questions de ce genre, et, au fond, il importe peu. Sans doute il y a des moments où les affaires matérielles de la société vont mal, où le courant ne les porte pas, où, accrochées à tous les accidents politiques qui se rencontrent chemin faisant, elles se gênent, s'engorgent, se barrent et s'embarrassent les unes dans les autres. Mais qu'est-ce que cela fait ? D'ailleurs, parce que le vent, comme on dit, n'est pas à la poésie, ce n'est pas un motif pour que la poésie ne prenne pas son vol. Tout au contraire des vaisseaux, les oiseaux ne volent bien que contre le vent. Or la poésie tient de l'oiseau. Musa ales, dit un ancien.

Et c'est pour cela même qu'elle est plus belle et plus forte, risquée au milieu des orages politiques. Quand on sent la poésie d'une certaine façon, on l'aime mieux habitant la montagne et la ruine, planant sur l'avalanche, bâtissant son aire dans la tempête, qu'en fuite vers un perpétuel printemps. On l'aime mieux aigle qu'hirondelle.

Hâtons-nous de déclarer ici, car il en est peut-être temps, que dans tout ce que l'auteur de ce livre vient de dire pour expliquer l'opportunité d'un volume de véritable poésie qui apparaîtrait dans un moment où il y a tant de prose dans les esprits, et à cause de cette prose même, il est très loin d'avoir voulu faire la moindre allusion à son propre ouvrage. Il en sent l'insuffisance et l'indigence tout le premier. L'artiste, comme l'auteur le comprend, qui prouve la vitalité de l'art au milieu d'une révolution, le poëte qui fait acte de poésie entre deux émeutes, est un grand homme, un génie, un œil comme dit admirablement la métaphore grecque. L'auteur n'a jamais prétendu à la splendeur de ces titres, au-dessus desquels il n'y a rien. Non; s'il publie en ce mois de novembre 1831 Les Feuilles d'Automne, c'est que le contraste entre la tranquillité de ces vers et l'agitation fébrile des esprits lui a paru curieux à voir au grand jour. Il ressent, en abandonnant ce livre inutile au flot populaire qui emporte tant d'autres choses meilleures, un peu de ce mélancolique plaisir qu'on éprouve à jeter une fleur dans un torrent, et à voir ce qu'elle devient.

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Dissertation sur Les Feuilles d’automne - Parce que le vent, comme on dit, n'est pas à la poésie, ce n'est pas un motif pour...

En complément des judicieuses remarques de floreale, tu peux élargir ta compréhension du sujet en examinant l'extrait hors de son contexte :
- la poésie doit-elle être utile ? (contrairement au vent qui meut les bateaux)
- la poésie est-elle affaire de mode ? (être dans le vent)
- la poésie est-elle exercice de la liberté ? (l'oiseau qui n'est pas soumis à la pesanteur)
- la poésie doit-elle voir le monde de haut ? Doit-elle prendre de la hauteur ? (comme l'albatros de Baudelaire)
- la poésie est-elle jeu ? (comme l'oiseau qui virevolte)