1

Jean de La Ville de Mirmont, Vaisseaux, nous vous aurons aimés en pure perte...

Bonjour j'ai un commentaire à faire sur ce poème et je n'arrive pas à trouver de plan ou une problématique (peut être: En quoi le registre lyrique met en avant le désir contradictoire du voyage de LA VILLE DE MIRMONT.) Merci de bien vouloir m'aider

"Vaisseaux, nous vous aurons aimés en pure perte ;
Le dernier de vous tous est parti sur la mer.
Le couchant emporta tant de voiles ouvertes
Que ce port et mon cœur sont à jamais déserts.

La mer vous a rendus à votre destinée,
Au-delà du rivage où s’arrêtent nos pas.
Nous ne pouvions garder vos âmes enchaînées ;
Il vous faut des lointains que je ne connais pas.

Je suis de ceux dont les désirs sont sur la terre.
Le souffle qui vous grise emplit mon cœur d’effroi,
Mais votre appel, au fond des soirs, me désespère,
Car j’ai de grands départs inassouvis en moi."

2

Jean de La Ville de Mirmont, Vaisseaux, nous vous aurons aimés en pure perte...

Bonsoir,

C'est cette contradiction qu'il faut creuser.
La métaphore filée du vaisseau est peut-être une allégorie de la condition humaine.
Quant au lyrisme, il faut remarquer qu'il est élégiaque.
Et si ce poème était une demande de pardon à soi-même ? une tentative de rachat par la magie du vers ?

3 (Modifié par floreale 29/11/2016 à 19:50)

Jean de La Ville de Mirmont, Vaisseaux, nous vous aurons aimés en pure perte...

Le recueil l'Horizon chimérique est habité par le thème de l'ailleurs, du voyage, des océans ... Chimère tragique puisqu'il meurt au front à 28 ans.

Entre mer et terre ?

https://www.leducation-musicale.com/mirmont.pdf

Mis en musique par Fauré :

Ce poème est dédié aux derniers bateaux ayant quitté la terre, qu’on ne reverra plusOn quitte l’univers de la mer, des désirs inassouvis et des élans enflammés pour une ode calme et méditative dédiée à la lune.


Eléments littéraires:

Deux quatrains d’alexandrins - Rimes croisées - Pas de répétition de vers


Rapport musique/texte:

* Retour à la tonalité initiale de ré majeur, bouclant le cycle, de ce point de vue.
* On retrouve un certain balancement ternaire qu’on avait déjà dans la deuxième pièce
* Un caractère plus lyrique et emporté
* Même si on observe une certaine stabilité harmonique dans les premières mesures, autour de ré majeur, la courbe mélodique reste mouvante par la suite
* Aucune similitude mélodique au chant
* Ambitus vocal plutôt restreint (octave), pas de registres extrêmes
        * Une mélodie aux notes plutôt conjointes, pas de grands intervalles vocaux sauf à la fin où une belle octave fait ressortir «[inassou-]vis en moi»


Le rôle du piano:

* Soutien rythmique par la régularité du rythme ternaire
* Comme toujours une grande richesse harmonique, de très fréquents changements d’harmonies

http://www.musique-millet.com/2008_09/o … erique.htm

4 (Modifié par Gabrielle74 29/11/2016 à 19:50)

Jean de La Ville de Mirmont, Vaisseaux, nous vous aurons aimés en pure perte...

Pour la problématique , on pourrait donc dire :

Doit-on lire ce poème comme une demande de pardon ou un désir de voyage ?

Doit-on lire ce poème comme une apologie de la mer ou de la terre ?    Mais je pense que le mot "apologie" est trop fort , ce serait mieux d'utiliser éloge .


@Jean-luc  Que veut-dire "élégiaque " pour le lyrisme ?

Jean de La Ville de Mirmont, Vaisseaux, nous vous aurons aimés en pure perte...

Mélancolique, triste, plaintif, exprimant une souffrance, une douleur...

6 (Modifié par Mathilda23 29/11/2016 à 20:18)

Jean de La Ville de Mirmont, Vaisseaux, nous vous aurons aimés en pure perte...

Jean-Luc a écrit :

Bonsoir,

C'est cette contradiction qu'il faut creuser.
La métaphore filée du vaisseau est peut-être une allégorie de la condition humaine.
Quant au lyrisme, il faut remarquer qu'il est élégiaque.
Et si ce poème était une demande de pardon à soi-même ? une tentative de rachat par la magie du vers ?

Bonsoir, oui en effet je n'avais pas vu ça sous cet angle. Pour le registre élégiaque je l'avais repérer puisque avant ce commentaire j'avais un corpus de texte à faire.
J'ai pu voir que l'auteur était un grand dépressif, qui a tenté de mettre fin à ses jours, le pardon aurait-il un rapport avec cela? Ou seulement le pardon de ne pas être parti?

7 (Modifié par floreale 30/11/2016 à 09:10)

Jean de La Ville de Mirmont, Vaisseaux, nous vous aurons aimés en pure perte...

Où as-tu trouvé "cette information" ?

J'ai pu voir que l'auteur était un grand dépressif, qui a tenté de mettre fin à ses jours


Je suis né dans un port et depuis mon enfance, j’ai vu passer par là des pays bien divers. Attentif à la brise et toujours en partance, mon coeur n’a jamais pris le chemin de la mer…

8 (Modifié par Laoshi 30/11/2016 à 11:50)

Jean de La Ville de Mirmont, Vaisseaux, nous vous aurons aimés en pure perte...

Interprétation  de cet article ?
http://bibliobs.nouvelobs.com/romans/20 … ernel.html
ou là ?
"Les départs inassouvis de Jean de la Ville de Mirmont (1886-1914)", article de Jean-Noël Cordier, revue de l'AMOPA, n° 207, janvier, février, mars 2015, p. 5-8 ...


Je suis né dans un port et depuis mon enfance
J’ai vu passer par là des pays bien divers.
Attentif à la brise et toujours en partance,
Mon cœur n’a jamais pris le chemin de la mer.

Je connais tous les noms des agrès et des mâts,
La nostalgie et les jurons des capitaines,
Le tonnage et le fret des vaisseaux qui reviennent
Et le sort des vaisseaux qui ne reviendront pas.

Je présume le temps qu’il fera dès l’aurore,
La vitesse du vent et l’orage certain,
Car mon âme est un peu celle des sémaphores,
Des balises, leurs sœurs, et des phares éteints.

Les ports ont un parfum dangereux pour les hommes
Et si mon cœur est faible et las devant l’effort
S’il préfère dormir dans de lointains arômes,
Mon Dieu, vous le vouliez, je suis né dans un port.



Jean de LA VILLE DE MIRMONT,
L’Horizon chimérique.

9

Jean de La Ville de Mirmont, Vaisseaux, nous vous aurons aimés en pure perte...

Mais c'est un roman :  Les dimanches de Jean Dézert.

Mais l'aventure tourne court. Il ne reste plus à Jean Dézert qu'à rater, un dimanche, son suicide. Ce petit livre sinistre, où l'existence est envisagée comme «une salle d'attente pour voyageurs de troisième classe», est très drôle

Jean de La Ville de Mirmont, Vaisseaux, nous vous aurons aimés en pure perte...

Extrapolation, alors...