1

À quel point est-ce s'illusionner que de vouloir être chercheur ?

Bonjour camarades littéraires,

Me voilà horrifié devant les révélations rencontrées sur ce forum. J’ai toujours été inconscient de mon avenir professionnel, étant pris dans l’euphorie philosophique qui a accompagné mes deux premières années, bientôt et demie. Je ne vis que pour la philosophie, je ne me vois que dans ce domaine, j’aimerais qu’elle continue à occuper pleinement ma vie comme c’est le cas actuellement. Cependant, diverses crises existentielles angoissantes m’ont menées à calmer mes ardeurs et à regarder plus objectivement, si l’on peut dire, mon avenir. Mon rêve est évidemment d’être professeur-chercheur, pour continuer mon inclination naturelle, peu importe le domaine. Vous devez probablement connaître la suite : c’est bien un rêve, au sens strict du terme. Je ne m’attendais pas à une telle violence présente dans les prérequis permettant d’arriver à obtenir un poste dans la recherche, confirmé après avoir consulté le parcours des professeurs de l'université, cumulant toujours deux licenses avec la plus grande distinction. Ni du gouffre entre l’obtenir ou ne pas l’obtenir. En effet, je ne me vois pas faire autre chose, devant les faibles possibilités qui l’entourent. Je m’imagine avec horreur enseigner dans le secondaire, à faire rouler mon rocher pendant le peu de temps que nous avons à vivre, à tourner indéfiniment sur ma roue, attaché par des serpents, je le fais bien assez au quotidien. L’ivresse philosophique me sert à oublier l’absurdité de la vie, sans quoi je tombe rapidement dans l’angoisse. Autant dire que j’ai l’impression d’être sur un pic, au milieu d’un gouffre juste en ce moment.
Je vous prie de me rassurer ou de m’achever sur place, je ne puis supporter ce tourment d’avantage. Qu’est-ce que l’avenir me réserve ? Je vais donner les éléments qui me semblent importants pour juger mon cas : je suis dans une faculté belge, en troisième année de fac philo. Je dois avoir une moyenne qui m’accordera à la fin de cette année une distinction simple, la persévérance se trouvant bien fragile face à un apprentissage universitaire aussi varié qu’incomplet, jonglant d’un Spinoza à un Machiavel à un Honneth à un Habermas en une poignée d’heures de cours. Une avidité de savoir m’habite, une sensation de vertige me prend toujours face au débordement de connaissances, de sens, présents dans la myriade d’ouvrages philosophiques poussant comme des champignons à notre époque de grande accessibilité au savoir, de démocratisation de la publication philosophique. Ainsi me voilà perdu devant Heidegger, K.-O. Appel, Schopenhauer, Stephen E. Toulmin, Platon, Saint Augustin, d’autres encore. Ce sens couvert d’un voile de brume, potentiel de connaissance possible, s’offre devant moi, me nargue, m’appelle. Un désir de découverte s’exprime en moi. Mais ce désir ne puis être assouvi que durant le temps limité de mes études, et peut-être de mon doctorat, de manière plus contenue. Cependant, reste l’après. L’après maintenant bien sombre.
Je sais, j’ai changé de sujet au milieu de mon raisonnement, trêve de divagations. Je suis incohérent, j’écris mes impressions d’une traite. J’en étais à ma demande de jugement, pour que je puisse expier. Quelles sont mes perspectives d’avenir, après les études ? Est-ce que le milieu universitaire belge est plus rassurant que le français ? Serai-je obligé de trouver un travail autre, si oui existe-il un travail qui me permette de continuer à faire de la recherche, sous une forme ou l’autre ? Existe-t-il des moyens pour être recruté avec plus de chances, ou des matières qui sont particulièrement intéressantes car plus demandées, ou avec moins d’offre (ce serait un sacrifice bien léger, si pas inexistant, ayant un intérêt pour tout) ? Parmi l’éthique, les sciences humaines, la phénoménologie, la philosophie des sciences…
Mes errances, au final, se terminent sur cette question banale de l’emploi après les études, sujet que j’abordais avec tant de distance il y a seulement deux ans de cela. Mais le fait de ne plus pouvoir me consacré à des recherches philosophiques, de ne jamais pouvoir essayer de faire ressortir l’intérêt lumineux de certains philosophes souvent ignorés universitairement (par exemple Cioran), m’attriste profondément, attristement profond, viscéral, habitant ma nuit. Je vois ce vide de sens demandant à être rempli, aspirant à être comblé, n’attendant que l’attèlement d’un esprit animé, mais me voilà bloqué par une perspective assombrie.

Je vous remercie du courage employé à m'avoir lu.

2 (Modifié par Artz 17/11/2016 à 12:17)

À quel point est-ce s'illusionner que de vouloir être chercheur ?

Bonjour Paralipomena,

Disons le d'emblée : je ne vais pas soulager ton angoisse.

Alors, que te répondre... Oui, le monde de la recherche est extrêmement concurrentiel, donc à aucun moment de ton parcours, pas même au niveau de ton doctorat, tu ne pourras être sûr d'avoir un poste, parce que, d'une part, il y a toujours des gens brillants, quelque part, qui peuvent te passer devant, d'autre part, ça repose beaucoup sur le réseau, et sur la chance (le fait qu'on ouvre un poste à tel endroit avec un profil qui te correspond... Ca n'est pas tout à fait de la chance, en réalité, puisque ça suppose une certaine capacité à savoir dénicher un sujet à la fois original et d'époque, mais enfin...).

Cela dit, le bachelier n'a, en réalité, pas vraiment d'importance pour ta carrière de chercheur. Ce qui va en avoir, c'est ton master. C'est à ce moment qu'il faut savoir produire un sujet de mémoire qui te permette de placer les fondements qui vont ensuite te permettre de faire un projet de thèse qui sera soutenu par quelqu'un et qui sera reconnu, globalement, par la communauté comme suffisamment intéressant. Par ailleurs, si tu fais des demandes de thèse ou de bourses, ce sont généralement les notes de master auxquelles on apporte le plus d'attention. Donc la distinction ou la grande distinction, pour le bachelier, ça n'est pas sur ça que tout va se jouer, même si, évidemment, c'est toujours un petit plus si tu peux décrocher la timbale.

La différence entre la Belgique et la France, me semble-t-il, est que la France fonctionne en circuit fermé : pour être chercheur en philosophie en France, il faut avoir des concours franco-français, comme l'agrégation ou l'ENS. Il est assez rare, donc, d'avoir des chercheurs étrangers. La Belgique me semble plus ouverte sur le monde (même si c'est sans doute moins vrai que d'autres pays comme le Royaume-Uni ou les Pays-Bas), ce qui veut dire que, même si tu peux avoir une stratégie "localiste" (faire ta thèse à l'ULG pour obtenir un poste là grâce au réseau que tu auras développé), il est aussi possible que tu sois amené à bouger pour faire un post-doc (donc apprendre une langue étrangère ou plus est sans doute un plus, sachant que la France ne propose pas beaucoup de post-doc). A contrario, ça veut aussi dire que tu seras en concurrence avec des gens qui viennent d'ailleurs. Je me trompe peut-être dans mon analyse, je ne connais le monde de la recherche en Belgique que de façon indirecte, mais je dirais que c'est là que réside la principale différence.

Pour résumer, tu vas devoir t'habituer à cette angoisse, parce qu'elle ne s'apaisera pas dans les 5 ou 6 ans d'études qu'il te reste, et trouver des plans B, C, D au cas où tu ne puisses pas faire de recherche. Te dire autre chose serait t'induire en erreur... Cependant, certains finissent chercheurs.

Bon courage contre vents et marées !

3

À quel point est-ce s'illusionner que de vouloir être chercheur ?

Merci pour ces clarifications!

Cela rajoutera donc une angoisse de plus à ma liste. Ma vie risque de me sembler bien fort absurde, notamment quant aux efforts fournis sur mes lectures "forcées" sur des auteurs importants mais que je considère comme des monuments systématiques vétustes un peu trop baroques, pour lesquelles j'ai négligé mes auteurs fétiches (ou lus dans une perspective beaucoup trop technique), qui seront retournées au néant n'obtiendrais-je pas de poste par la suite. Tout cet effort s'érodant dans l'oubli, cela donne des frissons. Enfin, assez d’apitoiement sur moi-même, l'absurde ne serait pas absurde s'il pouvait être un critère de jugement.

Les professeurs restent majoritairement belges en Belgique selon mon impression, des exceptions italiennes et encore moins de français, je doute que cette concurrence soit un facteur décisif. Il me reste deux questions. D'abord, à quel point est-il difficile de décrocher décrocher un post-doc (et, soyons fous, un autre par la suite)? (Apprendre un langue était dans mes projets, j'ai une bonne main sur l'anglais et je comptais me diriger sur l'allemand). Cela me permettrait de continuer mes recherches encore un peu, et d'augmenter mes chances avec de nouvelles publications. Je suppose que c'est un milieu devenu lui même concurrentiel? Ensuite, est-ce que le titre de docteur possède une valeur si l'on publie une recherche faite de manière individuelle (sous forme de crédibilité)? Un sujet m'habite depuis le début de mes études en philosophie, mais il ne semble présenter aucun intérêt actuellement (en tout cas en Belgique), et ce serait me tirer une balle dans le pied. Reste que cela me satisferait probablement en partie, me contenterait dans ma trajectoire individuelle, mais serait un suicide en tant que sujet de thèse.

Reste que je vais exploiter mon potentiel autant que possible, ce qui est probablement un potentiel en soi. L'avenir en en reste très sombre, se donner au hasard n'étant pas des respectives les plus rassurantes. Dans le pire des cas je continuerai des études en travaillant sur le côté, pourquoi pas après tout, j'ai encore du temps. Bien qu'en réalité je risque de consommer en boucle du Cioran. Encore une fois, merci de ces précieuses informations me permettant d'être pragmatique par rapport à mon cas!

4

À quel point est-ce s'illusionner que de vouloir être chercheur ?

Je ne connais pas du tout le monde de la recherche en Belgique, donc je ne peux pas te répondre précisément. Cela dit, ça ne sert à rien de s'inquiéter ou de se faire des montagnes trop tôt, tout ça se construit étape par étape. En France, quand on est en L3, c'est quasiment impossible de pronostiquer les chances de chacun d'être chercheur. Il faut d'abord faire ses preuves en M1 et en M2, dans la recherche : voir si tu es bon, voir si ça te plait. Car c'est très différent d'aimer lire de la philo, d'aimer passionnément un ou plusieurs philosophes, et d'aimer le quotidien de la recherche. Ensuite, il faut obtenir un concours de l'enseignement. Après tout ça, dans plus de trois ans minimum donc, tu pourras tranquillement réfléchir à une thèse.

Certes, il y a des "modes", des philosophes moins étudiés que d'autres, pas étudiés du tout. Mais tout n'est pas tout noir ; quand on a une idée précise en tête, il faut toujours en parler. Peut-être qu'un professeur sera intéressé, même si pour le moment ça ne te parait pas présent dans le monde universitaire ; on a l'impression, en le regardant de l'extérieur, que le monde de la recherche a quelques marottes et rejette tout le reste, mais se plongeant vraiment dedans c'est loin d'être le cas. Comme dans tous les métiers, il faut être malin, s'adresser à plusieurs personnes et plusieurs institutions pour trouver le bon lieu; regarder largement ce qu'il se passe pour voir s'il n'y aurait pas un programme de recherche dans lequel ton idée pourrait prendre place, même s'il n'y a pas eu d'appel à projet pour travailler sur Cioran.

Bref, on ne peut vraiment connaitre le monde de la recherche et appréhender ses possibilités et ses non-possibilités qu'en étant dedans, en thèse, et en ayant toutes les cartes en mains ; en étant en troisième année de fac, tu n'en n'as presque aucune, à part ta passion pour la philo, et c'est tout à fait normal Mais il faut, à mon avis, garder une attitude positive : mettre toutes les chances de son côté dans le projet de devenir chercheur, en se disant que c'est possible (et c'est le cas) puis préparer un plan B. Tu ne te vois pas enseigner dans le secondaire ; essaye donc de réfléchir aux métiers du journalisme (dans le domaine de la philo), de la culture, etc. Certes, c'est un peu éloigné, mais il n'y a malheureusement qu'avec l'enseignement que tu pourras rester proche de ta matière, et surtout que tu pourras au bout de quelques années te dégager beaucoup de temps pour continuer à lire de ton côté.

5

À quel point est-ce s'illusionner que de vouloir être chercheur ?

Car c'est très différent d'aimer lire de la philo, d'aimer passionnément un ou plusieurs philosophes, et d'aimer le quotidien de la recherche.

Rien n'est plus clair à ma conscience. La philosophie universitaire, ce n'est pas la philosophie, j'ai déjà lu un certain nombre de travaux et de thèse, j'ai donc déjà une certaine idée qualitative de la chose. Cela fait par ailleurs un certain temps maintenant (depuis mes débuts dans l'apprentissage de la philosophie universitaire, peut-être) que je ne consomme plus la philosophie en esthète. De toute façon, le problème est posé à l'envers: seule une occupation employant toute mon attention, mes pensées, sur un questionnement m'étant extérieur peut me satisfaire, car m'allouant la grâce de fatiguer les autres questionnements, peut être les seuls véritablement philosophiques. “Il n'y a qu'un problème philosophique vraiment sérieux: c'est le suicide", n'est-ce pas? Mais soit, il faut savoir maintenant si je dois prendre le risque de finir journaliste (autant mourir, littéralement), ou autre métier éloigné (peu d'options enrichissantes?). Vu mon manque d'amour pour les cours, aliments prémâchés, je ferais peut-être bien de commencer une licence parallèle (en droit?), qui m'offrirait plus d'options professionnelles dans le futur, tout en signifiant un sacrifice total de ma personne (et par ailleurs probablement tout espoir d'un mémoire de grande qualité, par manque de temps). Mais si je ne fais pas de recherche, autant oublier littéralement la philosophie, elle ne ferait que me hanter (ce qu'elle fait déjà assez) sous l'aspect d'un monstre difforme. Peut-être que mener une vie banale en toute connaissance de cause serait ma meilleure option existentielle, forme de fuite moins sophistiquée mais peut-être plus efficace.
Je vous remercie en tout cas, cela aura permis de faire ma catharsis tout en apportant des éléments de clarifications quant à l'avenir. Ma confusion est encore bien trop grande que pour prendre une décision ferme, mais j'ai encore un quadrimestre pour me décider, ce qui devrait être, je l'espère, suffisant.

Ps: en Belgique, l'agrégation n'est pas nécessaire, c'est une absurdité bien franco-française, fort heureusement.

À quel point est-ce s'illusionner que de vouloir être chercheur ?

L'agrégation peut être qualifiée d'outil de sélection, non d'absurdité.
PS. Si tu veux éviter de te regarder le nombril toute ta vie, tu peux toujours te suicider tout de suite, ou redescendre sur terre et décider de vivre ta vie au lieu de l'écrire.

7 (Modifié par sandm77 18/11/2016 à 18:34)

À quel point est-ce s'illusionner que de vouloir être chercheur ?

Les contributions précédentes ont tout dit, ou presque. Je rajouterai qu'un bon philosophe doit écrire clairement : jamais un style ampoulé ne sera considéré élégant, surtout s'il n'apporte rien, dans le fond.

Pensez peut-être à faire un stage (en administration par exemple ?). Cela vous permettrait sûrement de dédramatiser votre situation (somme toute banale si l'on s'en tient aux faits), et qui sait, de trouver une voie professionnelle acceptable, si toutefois vous deviez exercer un autre métier que celui de chercheur.

À quel point est-ce s'illusionner que de vouloir être chercheur ?

"Chercheur", c'est très souvent enseignant-chercheur...

À quel point est-ce s'illusionner que de vouloir être chercheur ?

Le post-scriptum de Laoshi paraît peut-être un peu agressif, mais il montre bien le problème à mon avis : un manque de pragmatisme (manque dans le sens où je spécule qu'en acceptant de voir les choses plus pragmatiquement tu souffrirais moins). Je veux parler de ceci :

Paralipomena a écrit :

J’ai toujours été inconscient de mon avenir professionnel

Tu l'exprimes toi-même mieux que personne, tu es angoissé par l'incertitude sur ton avenir après tes études. Soit, mais cette incertitude peut être réduite parce que le système est partiellement prévisible : tu peux te renseigner auprès de ton université, dans certaines bibliothèques et surtout en discutant avec des gens pouvant te faire part de leur expérience, concernant des parcours qui t'intéresseraient mais aussi concernant des parcours qui à priori ne t'intéressent pas. Puisqu'il semble probable que tu doives tôt ou tard trouver un travail autre puisqu'il faut bien gagner sa vie, autant faire en sorte que ça se passe le mieux possible non ? Quels sont les prérequis actuels et pour faire quoi ?

Sur la philosophie maintenant.
Tu dis que la philosophie universitaire (mémoires, thèses, articles) n'est pas de la philosophie. Mais c'est ton rêve professionnel. Et tu préfèrerais soi-disant mourir que d'arrêter tes "recherches". Et la philosophie est une ivresse qui t'aide à oublier l'absurdité de la vie. Mais tu en arrives à détester les cours tels qu'ils sont donnés.
Il y a quelque chose qui me paraît très peu clair : qu'appelles-tu "philosophie" et qu'en penses-tu ?

Tu évoquais au début l'éthique et l'épistémologie, puis Cioran, et d'après ce que je lis, ce qui semble te plaire, c'est davantage l'ivresse de la philosophie, c'est-à-dire une dimension esthétique (très importante chez Cioran en effet), que la recherche d'une vérité philosophique. Autrement dit, ce qui t'intéresse c'est plus la beauté de ce qui est dit que son contenu. Ce sera peut-être plus clair avec un exemple : Popper ou Wittgenstein proposent en épistémologie des points de vue très intéressants, mais qui ne produisent pas vraiment de raisonnement esthétique chez le lecteur ; j'aurais tendance à penser que tu n'as pas particulièrement d'attrait pour leur pensée.

En tout cas, si ce qui t'intéresse, c'est la recherche (d'une vérité ou de quelque chose d'esthétique, d'artistique), alors tu as toute ta vie : rien n'interdit à un cuisiner ou encore moins à un journaliste par exemple de réfléchir, de lire, de commenter, de penser ! Si tu veux absolument devenir enseignant-chercheur et spécifiquement à l'université, ce n'est donc pas par amour de la philosophie, tu devrais méditer là-dessus...

10 (Modifié par Laoshi 18/11/2016 à 20:11)

À quel point est-ce s'illusionner que de vouloir être chercheur ?

Le post-scriptum de Laoshi paraît peut-être un peu agressif

Mais non. Je ne ferais pas de mal à une mouche. Il se veut seulement réaliste.

rien n'interdit à un cuisinier ou encore moins à un journaliste par exemple de réfléchir, de lire, de commenter, de penser !

Eh bien, voilà qui me plaît !