31 (Modifié par Jehan 12/11/2016 à 23:20)

Demande de correction d'un texte

Imparfait de répétition / d'habitude
C’était le jeudi, comme d’habitude, elle se levait, etc.

Imparfait sécant
– une seule action
C’était le jeudi, elle était en train de se lever, etc.

Passé simple = pas de choix, c’est forcément une action unique.
Pour indiquer la répétition / l'habitude, il faudrait l'exprimer explicitement :

> C'était le jeudi. Comme à son habitude, elle se leva, et elle s'habilla silencieusement, etc.

Je réponds dans l’absolu, sans avoir été lire le passage de Flaubert dans un contexte plus large ; je ne sais donc décider s’il s’agit d’un imparfait de répétition ou sécant.

32 (Modifié par Jehan 12/11/2016 à 23:36)

Demande de correction d'un texte

Vu la phrase suivant immédiatement ces lignes, je pencherais pour l'imparfait d'habitude/répétition.
La monotonie de l'existence d'Emma...

Quand la pendule marquait sept heures et un quart, elle s’en allait au Lion d’or, dont Artémise, en bâillant, venait lui ouvrir la porte.

33

Demande de correction d'un texte

En effet !

34 (Modifié par gerardmontreal 13/11/2016 à 04:54)

Demande de correction d'un texte

C'est l'imparfait de répétition, parce qu'Emma et Léon se donnaient rendez-vous chaque jeudi.
Si un enseignant demande aux élèves de réécrire ces passages, en supposant que les deux amoureux eussent fixé un rendez-vous pour le jeudi d'une semaine quelconque, doivent-ils mettre au passé simple certains verbes (par exemple les verbes soulignés), ou s'ils peuvent garder tous les verbes tels quels (mais comme à l'imparfait sécant)?

C’était le jeudi. Elle se levait, et elle s’habillait silencieusement pour ne point éveiller Charles qui lui aurait fait des observations sur ce qu’elle s’apprêtait de trop bonne heure. Ensuite elle marchait de long en large ; elle se mettait devant les fenêtres, elle regardait la Place. Le petit jour circulait entre les piliers des halles, et la maison du pharmacien, dont les volets étaient fermés, laissait apercevoir dans la couleur pâle de l’aurore les majuscules de son enseigne.
Quand la pendule marquait sept heures et un quart, elle s’en allait au lion d’or, dont Artémise, en bâillant, venait lui ouvrir la porte. Celle-ci déterrait pour Madame les charbons enfouis sous les cendres. Emma restait seule dans la cuisine. De temps à autre, elle sortait. Hivert attelait sans se dépêcher, et en écoutant d’ailleurs la mère Lefrançois, qui, passant par un guichet sa tête en bonnet de coton, le chargeait de commissions et lui donnait des explications à troubler un tout autre homme. Emma battait la semelle de ses bottines contre les pavés de la cour.

35 (Modifié par fidji45 13/11/2016 à 08:54)

Demande de correction d'un texte

Bonjour !

Je crois en effet que pour un non francophone d'origine ,la différence entre le passé simple et l'imparfait peut se révéler assez complexe

Il me semble que si j'avais un conseil à donner à votre enfant c'est ,en effet,  de ne pas essayer de faire un tri entre des actions courtes ou longues . C'est bien trop aléatoire et confus.

le passé simple (qui est beaucoup remplacé dans la langue par le passé composé, on ne dis plus "hier ,j'allai au marché" mais "hier, je suis allé au marché") donc ce passé simple je le rapprocherais d'une action révolue et aussi lorsque les actions sont séquentielles, liées les unes au autres ,soutenues par la vivacité de l'action.

je reprends  les actions citées plus haut:

Il voyagea pendant de nombreuses années (c'est fini)
Il perdit sa vie à la gagner
Il vécut heureux avec sa femme et ses nombreux enfants.

Puis la notion d'action principale (par rapport à une action qui installe le décor)

Pour l'utilisation de l'imparfait et bien l'exemple de Madame Bovary qui fait des escapades le jeudi, l'action est une habitude ,une routine . Et utiliser aussi l'imparfait lorsque l'action s'étire dans le temps (les marqueurs de temps aident à choisir): j'attendais mon rendez-vous depuis plus d'une heure et quand l'imparfait est utilisé en second plan de l'action principale : j'attendais mon rendez-vous depuis plus d'une heure quand enfin il arriva!

Attention au "quand" qui est trompeur car il "sert" les deux temps

Quand il arriva ,nous partîmes
Quand ma mère rentrait de son travail, elle jouait avec nous.

L'imparfait met parfois une pointe de nostalgie dans l'habitude : quand nous étions enfants, ma grand-mère nous fabriquait des couronnes de fleurs sauvages entrelacées.

Puis-je vous demander ,comme vous me dites que vous n'êtes pas francophones d'origine ,quelle est votre langue natale? merci!

36 (Modifié par Laoshi 13/11/2016 à 08:26)

Demande de correction d'un texte

Si, par exemple, cette partie était pour conter l'histoire ''d'un seul jeudi'', faudrait-il utiliser le passé simple pour des verbes comme se lever, s'habiller?

Oui. Flaubert aurait sans doute utilisé le passé simple. Ce jeudi-là, elle se leva plus tôt que d'habitude, elle s'habilla...
Mais dans le passage que tu cites, l'imparfait indique clairement l'habitude : tous les jeudis, c'était ainsi.
....
Je viens de voir le message précédent.
Bien évidemment, le passé simple n'indique pas forcément une action brève : Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants.

37

Demande de correction d'un texte

oui Laoshi

Je reprenais d'ailleurs vos phrases avec la même idée que vous et parce qu'elles illustraient bien le propos.

38

Demande de correction d'un texte

Je reviens sur un de mes précédents messages pour le préciser.

Passé simple = pas de choix, c’est forcément une action unique.
Pour indiquer la répétition / l'habitude, il faudrait l'exprimer explicitement

Ce qui différencie le PS de l’Imp, c’est que le second porte en lui la possibilité d’exprimer la répétition / l’habitude, ce qui n’est pas le cas du PS.
Cependant, on peut tout à fait exprimer l’habitude avec un PS, il faut simplement que le contexte apporte explicitement l’information.
Dans le texte de Flaubert, c’est le contexte narratif qui donne cette information : on sait qu’Emma et Léon se rencontrent tous les jeudis.
Par conséquent, il serait tout à fait possible d’utiliser un PS sans avoir besoin de rajouter des choses du type « comme à son habitude » : le lecteur sait déjà que c’est une habitude.

39

Demande de correction d'un texte

Merci à tous, pour votre réponse!
Je voudrais savoir vraiment comment choisir entre ces deux temps au cours d'une rédaction, pour ne pas donner de mauvais conseils à mon enfant.

À fidji45, je suis Chinois, et j'habite au Québec depuis 10 ans environ.

Je vais essayer de comprendre les commentaires de vous tous. Cependant, même si l'on connaît beaucoup de règles ou de notions sur la concordance des temps, on hésite encore souvent  devant chaque verbe, parque que l'on a l'embarras du choix.
Pour les actions de coutre durée, on peut utiliser les deux, de même pour les actions de longue durée, la répétition, la simultanéité, etc.

Et une réponse à la question que j'ai posée dans le message no. 34 pourrait m'aider à comprendre un peu plus. C’est en forgeant qu’on devient forgeron.

40 (Modifié par fidji45 13/11/2016 à 17:39)

Demande de correction d'un texte

Bonjour

Je crois que Laoshi vous a répondu à ce sujet. Il est possible de mettre le passé simple , car il ne s'agit pas d'une habitude ,s' ils ne se voient qu'un jeudi et ces verbes font bien avancer l'action.

Je crois que c'est justement parce qu'il y a beaucoup de règles , qu'il faut essayer de s'en tenir aux plus générales . Je ne sais quel âge à votre enfant mais il ne me semble pas utile de lui pointer des cas particuliers. S'il est plus âgé , ayant déjà "baigné" dans la langue française, il comprendra aussi plus instinctivement tel ou tel emploi.

Passe simple

Action terminée ,révolue
Actions successives , vives
Action de premier plan (par rapport à celle de deuxième plan qui plantent le décor) et qui fait avancer le récit


Imparfait

Action en cours ,non terminée (im-parfait)/déroulement
Action d'habitude / de répétition.
Action de deuxième plan (qui plantent le décor) et ne fait pas avancer l'action.

Je vous conseille d'abandonner l'idée d'action "courtes" ou "lentes" car ce n'est pas cela qui aiguille sur l'emploi d'un temps mais bien le "sens " que l'on veut donner.
Ex avec le verbe "mourir" qui est pour chacun un processus différent

Il mourut sur le coup ,fauché par un tir en plein cœur.
Il se mourait à petit feu.

Il est intéressant de noter ici qu'il y a des indications qui traînent dans les phrases : sur le coup: qui évoque la rapidité et la fatalité (action terminée) et "à petit feu: qui évoque la durée , la pénibilité (action non révolue)