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Demande de correction d'un texte

Je te/vous en prie.

La succession de passés simples permet de donner un sentiment d’accélération : après l’assoupissement, la torpeur, la vie reprend et les actions s’enchaînent (succession rapide de diapositives).
A contrario, les imparfaits calment l’action et mettent l’accent sur son déroulement (film à vitesse normale, voire arrêt sur image).

S'agit-il ici aussi d'une seule action vs une répétition d’action?

Non ou en tout cas pas de façon déterminante, puisque dans ce cas, comme pour le premier imparfait du précédent passage, on aurait pu mettre des passés simples sans que le sens ne change fondamentalement (en effet, les passés simples peuvent en l’occurrence tout à fait signifier la répétition*) ; donc, là encore, le choix entre imparfait et passé simple est une question non de sens, mais d’effet.

On peut comprendre ces imparfaits de deux façons, soit comme des imparfaits de description/explication (quels tours fit-on ?), soit comme des imparfaits à valeur sécante (si on avait eu des passés simples, l’impression aurait été globale).


* C’est fonction notamment du contexte (linguistique et extralinguistique), du sens des verbes.
Par exemple si on reprend le précédent passage :

Si quand est associé au passé simple, alors il signifie forcément le moment ponctuel, et donc quand + passé simple = une action.

S’il est associé à l’imparfait, alors il peut signifier (ça n’a rien de systématique. Par exemple : ils arrivèrent quand elle prenait son petit-déjeuner ; ici, quand = moment ponctuel) la répétition, et alors quand + imparfait = à chaque fois que = répétition d’actions.

22 (Modifié par gerardmontreal 12/11/2016 à 06:24)

Demande de correction d'un texte

Merci pour avoir mentionné l'aspect sécant!
''Aspect sécant/non-sécant''(expliqué sur Wikipédia) me semble tout expliquer!
https://fr.wikipedia.org/wiki/Aspect_s% … %C3%A9cant

1. L'imparfait ou le passé simple pourraient s'employer dans la phrase suivante, selon ce qu'on dit dans cet article (Une action de durée très courte peut ainsi être perçue sans limite finale précise (il n'en finissait pas de mourir) et inversement une action longue peut être perçue comme un événement sans conséquence.)

À mi-chemin, juste après le Musée d'art contemporain, je m'arrêtai (m'arrêtais) devant de larges marches qui menaient à l'esplanade de la Place de Arts.

Avec l'imparfait, l'action ''m'arrêter'' est perçue à un moment précis de son déroulement ou elle indique la répétition ou l'hésitation.

2. On pourrait mettre au passé simple les verbes soulignés dans le passage d'en bas, parce que ''quand l'aspect itératif est porté par un passé simple, la répétition est saisie de manière globale, ce qui implique qu'elle est parvenue à son terme''.

Quand elle s'arrêta d'elle-même devant ces trous entourés d'épines que l'on creuse au bord des sillons, Charles se réveillant en sursaut, se rappela vite la jambe cassée, et il tâcha de se remettre en mémoire toutes les fractures qu'il savait.

3.

* C’est fonction notamment du contexte (linguistique et extralinguistique), du sens des verbes.
Par exemple si on reprend le précédent passage :
Si quand est associé au passé simple, alors il signifie forcément le moment ponctuel, et donc quand + passé simple = une action.
S’il est associé à l’imparfait, alors il peut signifier (ça n’a rien de systématique. Par exemple : ils arrivèrent quand elle prenait son petit-déjeuner ; ici, quand = moment ponctuel) la répétition, et alors quand + imparfait = à chaque fois que = répétition d’actions.

À mon avis, ''prenait'' est perçu à un moment précis (c.-à-d. au moment de l'action arrivèrent)  de son déroulement. Ce n'est pas la répétition.

Demande de correction d'un texte

C'est plutôt l'aspect descriptif que je retiendrais pour ma part, ou l'aspect duratif.
J'espère qu'ils n'arrivent pas tous les jours au moment où il prend son petit déjeuner.

24 (Modifié par fidji45 12/11/2016 à 12:55)

Demande de correction d'un texte

Oui ,je suis d'accord avec vous
Ils arrivèrent quand  =tandis qu'elle  prenait son petit déjeuner: l'imparfait =action en cours ,non terminée.
Je ne vois pas de valeur de répétition dans cette phrase.
"elle prenait son petit déjeuner " est une action en arrière plan.

Pour ce qui a été souligné dans le 1) et qui constituerait des "exceptions": action "longue" mise au passé simple et action courte mise à l'imparfait, il me semble que l'on peut aussi les voir sous un autre angle (qui n'en ferait pas tant des "exceptions")

Pour ce qui est d'une action longue qui est mise au passé simple (pour en montrer l'inanité ): on peut aussi souligner l'idée que "il voyagea  (...) il revint" est une action terminée . Le périple entrepris( même s'il narre une action longue ) est vue dans sa globalité et on en connaît la fin.

Dans le texte de votre enfant "je m'arrêtai" est un maillon d'une suite d'actions.

Par ailleurs dans l'exemple évoqué "il n'en finissait pas de mourir" l'imparfait porte sur "n'en finir pas" donc oui, une action qui s'inscrit dans une durée. Ce n'est pas une action courte qui est mise à l'imparfait.
Si on veut retenir le verbe "mourir" ; ce n'est pas toujours une action rapide ,non plus :il se mourrait , évoque une agonie.
Il serait plus confortable de "mourir" rapidement mais cette action est généralement plus longue et prend un certain temps.
On trouve assez fréquemment : il mourrait à petit feu (lentement).

25 (Modifié par Katioucha 12/11/2016 à 16:14)

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gerardmontreal a écrit :

1.  À mi-chemin, juste après le Musée d'art contemporain, je m'arrêtai (m'arrêtais) devant de larges marches qui menaient à l'esplanade de la Place de Arts.
Avec l'imparfait, l'action ''m'arrêter'' est perçue à un moment précis de son déroulement ou elle indique la répétition ou l'hésitation.

Avec le passé simple
Imaginons que le passé se trouve en arrière.
La personne raconte son histoire ici et maintenant – le 12/11/2016 ; c’est une histoire passée, donc pour la raconter, elle se retourne à partir « d’ici et maintenant » et elle regarde sans bouger du présent, de façon extérieure, détachée ce qu’il s’est passé à l’époque, et elle raconte de façon neutre, en se rappelant cet événement de façon totale/globale, mais sans le revivre, sans le ressentir véritablement.
> je m'arrêtai

Avec l’imparfait

La personne raconte son histoire toujours à partir d’ici et maintenant, mais cette fois-ci, elle prend une machine à remonter le temps imaginaire, et par l’imagination elle se transporte dans le passé, et elle revient à l’intérieur du moment passé, comme si elle le revivait, elle se sent s'arrêter, elle revit les sensations, les émotions perçues à l’époque.
> je m'arrêtais

2.

On pourrait mettre au passé simple les verbes soulignés dans le passage d'en bas, parce que ''quand l'aspect itératif est porté par un passé simple, la répétition est saisie de manière globale, ce qui implique qu'elle est parvenue à son terme''.

Non, là ce ne marche pas, comme je l’ai indiqué précédemment, dans le cas de cette phrase, le passé simple ne peut pas indiquer l’aspect itératif.
Passé simple et imparfait ne sont pas toujours substituables sans que le sens ne change. Quand ils le sont, la différence est souvent à chercher dans l’opposition sécant / global.

3.

À mon avis, ''prenait'' est perçu à un moment précis (c.-à-d. au moment de l'action arrivèrent)  de son déroulement. Ce n'est pas la répétition.

Oui, c’est en effet ce que j’ai dit.

Je change de place les éléments de la phrase et rajoute quelques précisions, ce sera peut-être plus clair.

Si quand est associé à l’imparfait, alors il peut signifier la répétition, et alors quand + imparfait = à chaque fois que = répétition d’actions.
Cependant ce n’est qu’une possibilité (possibilité qui se trouve réalisée dans Quand elle s’arrêtait d’elle-même), et cela n’a rien de systématique (contrairement à quand + passé simple qui signifie toujours le moment ponctuel). Ainsi, dans la phrase Ils arrivèrent quand elle prenait son petit-déjeuner, quand ne signifie pas la répétition, mais le moment ponctuel.
Ils arrivèrent au moment où / pendant qu’elle prenait son petit déjeuner.
Ils arrivèrent à chaque fois qu'elle prenait son petit déjeuner

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Merci à vous tous!

Je vais dire à mon enfant d'employer le passé simple pour les actions de courte durée, non répétée dans le passé, pour éviter d'éventuelles pertes de points dans sa production écrite.

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C’est vrai que c’est un sujet complexe, et il est sans doute bon de le simplifier s’il s’agit de donner des premiers repères à un enfant.
Cependant, je signale que l’équation passé simple = action de courte durée est très (trop) simplificatrice :

Il voyagea pendant de nombreuses années.
Il perdit sa vie à la gagner.
Il vécut heureux avec sa femme et ses nombreux enfants.

etc.

28 (Modifié par Jehan 12/11/2016 à 23:30)

Demande de correction d'un texte

J'ai compris vos explications sur ' m'arrêtais '' et ''m'arrêtai''.
Et je ne pense pas que tous les enseignants puissent les expliquer, de cette façon, jusqu'à ce point. Alors il vaut mieux éviter d'utiliser ''m'arrêtais'' dans le texte de mon enfant.

Quant aux trois phrases que vous avez données, faut-il éviter de les employer de cette manière?  Je n'ai pas bien compris.

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En effet, le passé simple convient bien dans le texte de votre enfant.

Quant aux trois phrases que vous avez données, faut-il éviter de les employer de cette manière?  Je n'ai pas bien compris.

Non, ces trois phrases sont parfaitement correctes, je voulais montrer qu'elles sont des contre-exemples de passé simple = action courte.
Dans ces trois phrases, les actions sont longues et le passé simple est tout à fait correct.

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Bien sûr!
Le passé simple peut être employé pour les actions répétées, ou de longue durée. Mais il est donc préférable à un élève de mettre au passé simple toutes les actions de courte durée, puisque tous les enseignants ne comprennent pas ''m'arrêtais'' de la façon que vous avez montrée en haut.
Puis, dans le chapitre V de la troisième partie de Madame Bovary, une grande partie s'écrit sans employer le passé simple. Je comprends que c'est l'imparfait de répétition. Si, par exemple, cette partie était pour conter l'histoire ''d'un seul jeudi'', faudrait-il utiliser le passé simple pour des verbes comme se lever, s'habiller?

C’était le jeudi. Elle se levait, et elle s’habillait silencieusement pour ne point éveiller Charles, qui lui aurait fait des observations sur ce qu’elle s’apprêtait de trop bonne heure. Ensuite elle marchait de long en large ; elle se mettait devant les fenêtres, elle regardait la Place. Le petit jour circulait entre les piliers des halles, et la maison du pharmacien, dont les volets étaient fermés, laissait apercevoir dans la couleur pâle de l’aurore les majuscules de son enseigne.
...
- Vous êtes tous des infâmes!