1 (Modifié par Surd 25/10/2016 à 17:11)

Quel master pour se réorienter après une licence de lettres classiques ?

Bonjour,

Je suis en 2ème année de licence de lettres classiques après avoir effectué une année d'hypokhâgne particulièrement éprouvante qui a émoussé ma passion pour la littérature. Je ne sais plus si je veux devenir enseignant-chercheur, le parcours pour l'être étant long, difficile et incertain, je soupire à l'idée de devoir lire et de chercher du temps pour cette activité, je ne sais plus faire de commentaire, je suis bloqué avant même d'en avoir commencé un, la dissertation, sans être devenu un déplaisir, n'est plus un plaisir pour moi, n'a plus de saveur aucune. Ne sachant pas si je veux être professeur, la rédaction de mémoires me décourageant car fastidieuse, ma mère ne me soutenant pas dans mes études universitaires qu'elle désapprouve ainsi que le métier de professeur, je cherche à savoir si un master qui mènerait vers un domaine professionnel sans entrave, avec un emploi à la clef, existe après une licence de LC, ou si je devrais tout recommencer en licence de droit pour avoir la certitude d'avoir un emploi et celle de faire taire ma mère.

Cordialement,

Quel master pour se réorienter après une licence de lettres classiques ?

Bonsoir

J'ai beaucoup aimé le ton de ta lettre "faire taire ma mère!"

Bon qu'une année intensive d'hypokhâgne t'ai découragé ...je crois que d'autres étudiants sont passés par là!

Pars de ce qui ne t'a pas plu et voit le comme une indication: si cette année ne t'a pas plue et que tu es bloqué à l'idée de faire de longues études de recherches ,c'est un indicateur que sans doute tu as besoin "d'action"

Quels sont tes points forts (même si en ce moment la littérature ne te dit plus rien ,c'est sans doute un point fort)

Qu'aime -tu faire ? Aime tu les langues étrangères ?Maîtrise -tu l'informatique ?

Cherche un métier qui te plaise à toi car c'est ton avenir qui compte .Il ne s'agit ni de plaire ni de déplaire à ta mère . Sache que si tu suis une trajectoire à l'université ,elle n'est intéressante que si tu vas jusqu'au Masters (mais que le temps que tu as passé n'est absolument pas du temps perdu)

Il existe des centres où des personnes compétentes peuvent t'orienter :le CRIJ par exemple . Tu peux aussi acheter le guide de l'étudiant sur les études après tel ou tel bac . Reste à l'écoute de ce qui se passe autour de toi ,fais des rencontres en-dehors de la fac (j'ai eu mon premier métier en remplaçant une amie rencontrée à la chorale !)

Il y a toujours de la place dans les entreprises pour des personnes à l'orthographe impeccable ;
Un métier dans la communication?
Si tu aimes "creuser" la langue ,un métier difficile mais sans chômage: orthophoniste.
ne vas pas vers  le droit par dépit , et sache que si la première année est assez facile à passer ,le barrage se fait en seconde année;

tu peux demander à tes ami(e)s quelles qualités ils te trouvent . De vrais ami(e)s ,cela te remontra le moral et permettra d'envisager un métier plutôt qu'un autre.

Ne t'inquiète pas ,on est souvent pris dans le "vouloir tout, tout de suite" Mais un métier t'attend ,c'est sûr!

Tu vas certainement recevoir d'autres avis qui vont éclairer ton chemin . Une dernière chose : en France on prend peu le temps de se connaître (contrairement dans d'autres pays d'Europe où les jeunes avant leurs études font un ou deux ans de "gap year " ,année sabbatique où ils voyagent dans d'autres pays :tu peux partir vivre dans une famille à l'étranger et t'occuper d'enfants par exemple;Peu importe ton niveau en langues :tu apprendras vite! 

Tu seras indépendant, tu apprendras une foule de choses et tu auras une vue moins focalisée sur l'immédiat .Il faut juste quitter parfois et pour un temps "une zone de confort"(en apparence du moins)

3 (Modifié par Ascagne 26/10/2016 à 15:52)

Quel master pour se réorienter après une licence de lettres classiques ?

En lisant ton message, Surd, je pense qu'on peut se demander si le manque d'appui parental n'est pas influent dans ta situation. Il ne faudrait pas que tu t'engages dans une voie susceptible de peu t'intéresser, juste parce que cela correspondrait aux attentes de ta mère. Peut-être devrais-tu t'interroger aussi sur l'influence de ce manque de soutien par rapport à ta situation actuelle ?

Je suis un peu surpris aussi par ton doute sur la recherche alors que tu es seulement en deuxième année, c'est-à-dire précisément à un niveau où le cursus habituel (et surtout l'année précédente en prépa !) ne t'a sans doute pas confronté à ce qu'est la recherche. Tu fais d'ailleurs précisément référence aux exercices universitaires, le commentaire et la dissertation, avant tout, ce qui est assez révélateur. Quelle expérience as-tu eu en matière de "mémoires" ?
Comme d'autres, je suppose, j'ai eu ma période où les exercices traditionnels me lassaient (la L3, mais dans le contexte particulier de l'après-khâgne), mais le master recherche m'a pleinement remotivé et même si les devoirs habituels sont revenus pour la préparation de l'agrégation, les enjeux étaient différents.

Ton expression "qui mènerait vers un domaine professionnel sans entrave" me laisse pensif. Je n'ai pas l'impression qu'il existe un quelconque domaine qui ne présente pas d'entrave ! L'emploi à la clef, en réalité, est davantage offert à mon avis dans le domaine de l'enseignement (primaire et secondaire), à condition de passer avec succès l'un des concours (et d'avoir un profil un tant soit peu adapté). Il y a bien sûr d'autres domaines en lien avec le monde de la littérature (métiers du livre par exemple, pour quelque chose de relativement proche), mais ce n'est pas un univers "protégé" où un emploi est garanti.

Ce qui est certain, en revanche, c'est que la voie pour devenir enseignant-chercheur ne propose aucune garantie. Si l'on a le niveau, rien n'empêche de se lancer, si l'on peut obtenir un contrat doctoral ou un financement pour sa thèse, à condition d'avoir un filet de sécurité (qui est souvent l'agrégation ou un concours) qui d'autre part est souvent requis officieusement pour ce type de contrat ou d'aide.
Que l'on veuille continuer en doctorat ou non, le master recherche propose une première approche à ce qu'est la recherche en lettres, donc c'est une expérience intéressante et un bon moyen de se tester en la matière ; c'est aussi la voie recommandée pour préparer l'agrégation.

Bref, essaie de réfléchir aux diverses options qui se présentent. Un dernier conseil : les périodes de déprime, voire de dépression, ou plus largement de doute, existent.
Petite anecdote : Quand j'ai passé l'agrégation de LC pour la première fois, arrivé en février, je continuais à préparer le concours, mais j'en étais à me demander s'il ne valait mieux pas penser à une réorientation, un deuxième M2, dans un autre domaine, alors que ma directrice de recherche m'avait déjà "réservé" pour le doctorat !
Aujourd'hui, je suis agrégé, doctorant en quatrième année, j'enseigne à la fac et je suis ATER, et je me dis qu'il valait le coup de dépasser ce "coup de mou" passager qui aurait pu m'entraîner vers une situation correspondant moins à mes goûts.
La morale est assez évidente, je pense. 

Enfin, en ce qui concerne le goût pour la littérature, même si l'on adore, par exemple, les œuvres classiques, il est assez souvent atteint à quelques moments par la nature des travaux et des exercices demandés dans les études. Il faut se confronter à ce sentiment, qui n'est pas fatal et peut être dépassé. Cette confrontation peut déterminer, certes, si l'on est fait pour la voie littéraire proprement dite ou si l'on préfère aller vers un autre horizon professionnel.

4 (Modifié par Surd 27/10/2016 à 23:42)

Quel master pour se réorienter après une licence de lettres classiques ?

Bonjour,

Merci beaucoup de m'avoir donné vos avis. J'espère que ce n'est qu'un coup de mou, comme vous dites, même si je doute que ce soit le cas.
Je suis lassé en fait de me mettre la pression en pensant à avoir la plus grande mention recommandée à la fin de la licence pour pouvoir prétendre à la maîtrise à laquelle je voulais accéder quand j'étais en hypokhâgne (il y a un domaine littéraire et historique qui me passionne à chaque fois que je m'y suis plongé, la littérature médiévale). Je suis si fatigué, si exaspéré par les exigences de qualité...

Quel master pour se réorienter après une licence de lettres classiques ?

Alors je te conseille de ne pas aller vers cette direction, parce que ni le master (encore que), ni l'agrégation, ni la thèse ne sont reposants... Jouissifs, parfois, passionnants, c'est à espérer, mais terriblement exigeants.

Sincèrement, si la pression te pèse déjà ("déjà", non au sens où ça ne serait pas légitime, mais au sens où ça n'est que le début et que, si tu t'engages dans une carrière encore académique, tu peux estimer que tu en as encore pour une bonne grosse dizaine d'années ainsi), il vaut mieux bifurquer.

Bon courage.

6 (Modifié par Surd 28/10/2016 à 17:17)

Quel master pour se réorienter après une licence de lettres classiques ?

Artz a écrit :

Il vaut mieux bifurquer.

Vers quoi ? C'est bien tout mon problème.
Merci de m'avoir répondu.

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Quel master pour se réorienter après une licence de lettres classiques ?

Le plus logique serait le monde de la culture, du patrimoine, ou de l'édition (tu peux voir pas mal d'exemples en tapant "métiers de la culture et du patrimoine" sur google). Souvent, la bifurcation ne se fait qu'au niveau du master, avec des formations plus spécialisées. Les personnes viennent d'une licence de LC, de LM, d'Histoire... Au niveau licence, il existe la licence de médiation culturelle.

Après ce ne sont pas des filières où tout est évident. On demande une rigueur moindre au niveau universitaire, mais il faut y mettre beaucoup du sien pour faire son trou, trouver des stages, etc. : et dans un stage, il faut se montrer efficace. Partout il y a donc une exigence de performance.... A la limite, c'est étant professeur, et ayant pris tes marques au bout de quelques années, que tu seras le plus tranquille au niveau exigence de performance, jugement au jour le jour par des pairs.

C'est un peu vertigineux quand on vient de commencer ses études post-bac, mais c'est la réalité. Il faut apprendre à relativiser, à voir au jour le jour (il y a des jours, des semaines, des mois, plus tranquilles que d'autres ; et quand on réussit quelque chose, on est fier de soi). Je suis sûre que la majorité des personnes sur le forum ont eu des gros coups de mous et des incertitudes, et ont cherché sur internet de nouvelles idées de métier, qui leur paraissaient moins exigeants. Moi la première. Mais le plus souvent ça passe tout seul, quand on arrive à se raccrocher à ce à quoi on est vraiment passionnés. Tu aimes la littérature médiévale ? Lis un maximum sur le sujet, essaye de trouver des interlocuteurs qui partagent cet intérêt

Quel master pour se réorienter après une licence de lettres classiques ?

et ont cherché sur internet de nouvelles idées de métier, qui leur paraissaient moins exigeants

Il y a quelques mois, j'ai postulé pour apprendre à devenir marionnettiste. Bon, ça n'était que pour l'été, mais s'ils m'avaient pris, qui sait ce qu'il serait advenu !

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Quel master pour se réorienter après une licence de lettres classiques ?

Qu'est-ce que ça a de passionnant la littérature médiévale ?

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Quel master pour se réorienter après une licence de lettres classiques ?

Le principal n'est pas de savoir ce "qu'il y a de passionnant dans la littérature médiévale "qui n'aide pas notre interlocuteur mais bien le commentaire précédent de Sohanelle qui a relevé que c'était une source d'intérêt fort pour cette personne (qui nage en plein doute) et que c' est une bonne idée (et une possible orientation de spécialisation)pour ce dernier.

C'est vrai que cela va lui donner du courage et un but pour continuer.
Je crois qu'il ne faut pas perdre de vue que le forum est là pour "aider" celui qui pose une question soit sur une correction de copie ,soit sur une orientation.