"Car en effet", "comme par exemple"

Bonjour à tous!


J'aimerais bien connaître vos avis sur deux "tournures" que l'on entend souvent blâmer: "(...) car, en effet, (...)" et "(...) comme, par exemple, (...)".

Ces deux "expressions" (d'autres exemples m'échappent peut-être) ne sont généralement pas très bien acceptées des enseignants, perçues comme inutilement redondante, et cetera. Mais ce blâme est-il vraiment justifié?

Formellement, il me semble que "car" est une conjonction de coordination, "comme", un adverbe, "en effet", un adverbe, "par exemple", un adverbe (si je ne me trompe pas). "Car en effet" ne serait donc pas une redondance formelle. Au niveau du sens, est-ce vraiment des redondances inutiles? L'adverbe complétant le premier mot n'apporte-t-il pas une précision sémantique?

Vous-même, avez-vous déjà eu (éventuellement, à l'école) une réprimande à ce sujet? Êtes-vous gênés d'entendre un journaliste utiliser une de ces expressions? Les utiliseriez-vous? Les blâmeriez-vous?

Qu'en pensez-vous?

"Car en effet", "comme par exemple"

Université de Montréal, Centre de Communication :

4.2.1 La langue moderne utilise la locution en effet pour confirmer ou accentuer une affirmation. La locution signifie alors assurément ou effectivement considéré comme une synonyme de assurément.

[…]

4.3 *Car en effet

L’expression car en effet se justifie dans le cas très rare où en effet signifie dans les faits ou en réalité (Péchoin et Dauphin, p. 97).

Nicolas connaît bien le problème, car en effet (car en réalité) il l’a déjà vécu.

Dans tous les autres cas la formule fait pléonasme puisque car et en effet ont la même valeur sémantique et signifient parce que. Il faut donc remplacer *car en effet par car, en effet, parce que ou par la juxtaposition de deux phrases.

[…]

Office québécois de la langue française:

Comme par exemple

Je sais, je sais, on ne vit pas au Canada.....

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"Car en effet", "comme par exemple"

Car en effet m'énerve, comme par exemple également et ne parlons pas de voire même !
Je trouve normal que les enseignants insistent.
Par contre, blâmer les journalistes... jeter des coussins contre la radio oui, râler tout haut certes, mais je ne blâme pas ! De toute manière, s'ils essayaient de parler leur langue maternelle correctement avant de diffuser leur prose, ça se saurait
"Arrêtez de parler le journaleux !", disait un de mes vieux profs de version.
Et non, je ne les utilise jamais

"Car en effet", "comme par exemple"

Je ne les emploie pas non plus, et si j'étais prof je réprimanderais.

"Car en effet", "comme par exemple"

Bonjour !

CAR (conjonction) + EN EFFET (locution adverbiale)

Cette tournure est généralement condamnée et proscrite comme étant un pléonasme, puisque « en effet » a pris le sens de « car ». L’Académie a d’ailleurs fait une « mise en garde » à ce propos en 1969.
* ° Il joua très bien, CAR EN EFFET il était en pleine forme ce soir-là.

Toutefois, elle est acceptable si l’on donne à « en effet » son sens propre et premier : « en réalité, réellement, effectivement ».
Mais, le plus souvent, le locuteur ne pense pas à cette signification « archaïque » et donne à « en effet » la même signification que celle de « car », à savoir l’explication et la justification de ce qu’il vient de dire ; c’est là que se trouve le pléonasme.

Après tout, on admet bien « mais toutefois ». [Ceci est de moi.]

La locution se trouve déjà chez les classiques :

  • CAR EN EFFET, chrétiens, la seule immensité de cette douleur lui aurait donné le coup de la mort. (Bossuet)

  • Je suis tentée de lui dire : basta la metà [la moitié suffit] ; CAR EN EFFET, si tous les fidèles suivaient les idées là-dessus, il ne faudrait plus penser à l’exercice extérieur de la religion. (Sévigné)

Depuis lors et aujourd’hui, elle est fréquente et appartient surtout à la langue parlée, même chez des intellectuels.

  • CAR EN EFFET il n’y a que deux états dans la vie : le célibat et le mariage. (Chateaubriand)

  • Un jour, il m’a été donné d’assister à une exécution, je ne peux pas dire de la voir, CAR EN EFFET c’est un spectacle intolérable. (Barrès. Discours à la Chambre)

  • Descartes apercevait un bout de fil, et tirait dessus, faisant de hasard pensée [sic]. CAR EN EFFET, comme il aimait à dire, je ne dois pas oublier que je suis un homme. (Alain)

La conclusion :
1. on doit l’éviter quand elle n’exprime rien d’autre que « car » ou « en effet » ;
2. elle est acceptable si « en effet » signifie « effectivement, réellement ».

Sources : Grevisse, Hanse, Petit Robert, Robert des difficultés, Robert méthodique, Thomas (Larousse) et Riegel.

"Car en effet", "comme par exemple"

En ce qui concerne "comme par exemple", je pense qu'il est difficile dans un discours tel qu'il soit d'amener "par exemple" sans utiliser "comme", cela reste correct mais pour moi il manque une partie de la structure logique...
A vérifier avec des connaisseurs et des exemples!!

"Car en effet", "comme par exemple"

Les compositeurs nationalistes du XXème s., par exemple Bartok, Kodaly, Vaughan Williams, Elgar......

Les fleurs de mon jardin, par exemple les capucines, manquent d'eau.

Les interventions d'edy, par exemple celle qui concerne 'car en effet', sont pleines de bon sens et érudition.


Combien d'exemples faut-il, par exemple, afin d'illustrer mon point de vue?

"Car en effet", "comme par exemple"


Oui...
Mais enfin j'aurai eu tendance à mettre "comme" pour appuyer les affirmations...

"Car en effet", "comme par exemple"

Ce qui ne saurait pas être la règle.....

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"Car en effet", "comme par exemple"

Bonjour,

Pour « comme par exemple » et « voire même », voyez la discussion ouverte par Edy :
https://www.etudes-litteraires.com/foru … -meme.html