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"Pendant" et imparfait

Bonsoir,

je trouve cette phrase : "Pendant des années, je me déplaçais à quatre pattes…"
Je pense que l'imparfait est inapproprié ici et qu'il faut écrire "je me déplaçai" ou "je me suis déplacé".
"Pendant" et l'imparfait me semblent non conciliables, mais je ne trouve rien dans Grevisse.
Quelqu'un peut-il me dire :
1 - si j'ai raison
2 - quelle est la règle de grammaire qui s'applique ici ?

Merci

2 (Modifié par Laoshi 09/08/2016 à 19:59)

"Pendant" et imparfait

Tu as raison.
Ce début de phrase laisse supposer une succession de faits avant un changement. Pendant longtemps longtemps, j'ai fait ceci, j'ai fait cela, et un jour, eh bien il s'est passé quelque chose...

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"Pendant" et imparfait

oui, Laoshi, mais alors pourquoi l'imparfait ne colle-t-il pas ?

"Pendant" et imparfait

L'imparfait n'est sans doute pas absolument interdit, mais il me semble qu'il exprime alors une habitude, une action répétitive, et qu'il faudrait rajouter une expression comme "d'ordinaire", "tous les jours". Pendant des années, il allait tous les jours à la boulangerie, il achetait son journal, s'asseyait sur un banc, sans sembler las de cette routine.
"Pendant des années" tout seul ne me semble pas très heureux avec ce temps dans la mesure où l'on attend autre chose. "Il a fait cela pendant des années mais maintenant c'est fini. Il est passé à autre chose."

5 (Modifié par Jehan 09/08/2016 à 23:35)

"Pendant" et imparfait

J'ai fait une remarque sur le pendant obligatoire ou pas dans une précédente question (diverses questions de français post 8254). Déjà, je trouvais sans le dire que dans les deux phrases où le pendant ne s'imposait pas l'imparfait collait mal. Personne n'a cru bon de réagir.
Pendant des années, j'ai marché à quatre pattes.

6 (Modifié par Jehan 10/08/2016 à 00:22)

"Pendant" et imparfait

Pendant la nuit, je marchais sur les toits, car j'étais somnambule...

http://i66.tinypic.com/nqwq2q.jpg

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"Pendant" et imparfait

Merci à tous de vos avis.
Il apparaît qu'il y a (au moins) 2 sens à la préposition pendant, selon l'épithète (?) attaché :
- pendant des années exprime le long temps indéterminé
- pendant la nuit décrit un intervalle de temps plus précis et borné.
L'usage ou non de l'imparfait tient peut-être à cette distinction.

8 (Modifié par Jehan 10/08/2016 à 13:15)

"Pendant" et imparfait

Il apparaît qu'il y a (au moins) 2 sens à la préposition pendant, selon l'épithète (?) attaché :
- pendant des années exprime le long temps indéterminé
- pendant la nuit décrit un intervalle de temps plus précis et borné.
L'usage ou non de l'imparfait tient peut-être à cette distinction.

Regardez mieux : ce changement de sens n'est pas un changement du sens de  préposition,mais un effet induit par le sens  du terme qu'elle régit : des années sont en effet un temps indéterminé, la nuit un intervalle borné.

Ici nous avons  un conflit entre l'emploi d'un circonstant de temps et l'aspect sécant de l'imparfait. Relisons Riegel et alii :

Avec l'aspect sécant, l'intervalle de référence du procès est envisagé sans limites.

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"Pendant" et imparfait

j'ai été voir sur ggl ce que voulait dire "l'aspect sécant de l'imparfait".
J'ai trouvé et j'ai compris mon problème.
Merci.

10 (Modifié par paulang 11/08/2016 à 13:56)

"Pendant" et imparfait

Jehan a écrit :

Pendant la nuit, je marchais sur les toits, car j'étais somnambule...

Effectivement, dans cette phrase, l’imparfait ne froisse pas l’oreille bien que pendant puisse être supprimé. Je dirais même qu’il est plus approprié que le passé composé qui lui ne sonne bien que si l’on écrit :
Pendant la nuit, j’ai marché sur les toits, car j’étais je suis somnambule...
A quoi est dû ce ressenti ? Je pense que l’imparfait fonctionne ici parce que la nuit est une fraction définie d’une quantité déterminée (la journée = jour + nuit) et que le somnambulisme ne peut se passer que pendant la fraction indiquée (sommeil).

Rien de tel dans :
Il était technicien de surface pendant 2 ans.
Il travaillait dans une usine pendant la moitié de sa vie.
Dans ces phrases, le passé composé et le passé simple sonnent bien mais pas l’imparfait.
On me dira que les durées indiquées constituent une fraction de la vie active. C’est vrai, mais une fraction impossible à situer  dans un temps d’activité indéterminé ?
Le cerveau sait ces choses, et c’est sans doute ce qui fait qu’inconsciemment, parce qu’il cherche à situer les événements dans le temps, que l’imparfait est bien ou mal ressenti selon les phrases. (une phrase bien lourde que je n'ai pas réussi à simplifier)
Cela n’a rien de grammatical, je le sais. Mais la grammaire ne saurait tout expliquer, et surtout pas le ressenti qui est souvent bon conseiller.
Le circonstant et l’aspect sécant mentionné par Délia sont peut-être un début d’explication, mais pour l’heure, contrairement à Olivedence, l’aspect sécant n’imprègne pas mon ciboulot  après plusieurs lectures du sujet.