1 (Modifié par Yvain 30/08/2016 à 16:08)

Espace poétique

Bonjour,

Ne serait-il pas possible d'inscrire ici :

1/ les poèmes des internautes

2/ les poèmes de nos auteurs préférés

plutôt que de les trouver au hasard du site, répartis un peu partout ?

Merci.

Espace poétique

Normalement, cette rubrique est consacrée à l'historique et au fonctionnement du site.
Il me semble que nos poèmes personnels seraient mieux placés en "Sujets variés".

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Bonjour,

En effet, la rubrique "sujets variés", mal intitulée, regroupe entre autres les textes littéraires écrits par les internautes.

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OK. Donc, on pourra désormais trouver dans "Sujets variés", la rubrique "Poèmes divers".

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En hommage à Yves Bonnefoy :

La salamandre surprise s'immobilise
Et feint la mort.
Tel est le premier pas de la conscience dans les pierres.
Le mythe le plus pur,
Un grand feu traversé, qui est esprit.

La salamandre était à mi-hauteur
Du mur, dans la clarté de nos fenêtres.
Son regard n'était qu'une pierre,
Mais je voyais son cœur battre éternel.

O ma complice et ma pensée, allégorie
De tout ce qui est pur,
Que j'aime qui resserre ainsi son silence
La seule force de joie.

Que j'aime qui s'accorde aux astres par l'inerte
Masse de tout corps,
Que j'aime qui attend l'heure de sa victoire,
Et qui retient son souffle et tient au sol.

           
Du mouvement et de l'immobilité de Douve,
                                           éd. Mercure de France

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Un hommage à Christine de Pisan, première femme de lettres française (même si elle est née en Italie) d'une part, à vivre de sa plume d'autre part. En son temps, c'est remarquable. 

Seulette suis, sans amis demeurée

Seulette suis, sans amis demeurée
Seulette suis et seulette veux être,
Seulette m'a mon doux ami laissée.
Seulette suis, sans compagnon ni maître, Seulette suis, dolente et
courroucée,
Seulette suis, en langueur malaisée,
Seulette suis, plus que nulle égarée,
Seulette suis, sans ami demeurée.
*
Seulette suis à huis ou à fenêtre,
Seulette suis en un anglet muciée,
Seulette suis pour moi de pleurs repaître, Seulette suis, dolente ou apaisée,
Seulette suis, rien qui tant messiée,
Seulette suis, en ma chambre enserrée,
Seulette suis, sans ami demeurée.
*
Seulette suis partout et en tout aître,
Seulette suis, que je marche ou je siée, Seulette suis, plus qu'autre rien
terrestre, Seulette suis, de chacun délaissée,
Seulette suis, durement abaissée,
Seulette suis, souvent toute éplorée,
Seulette suis, sans ami demeurée.
*
Princes, or est ma douleur commencée
Seulette suis, de tout deuil menacée,
Seulette suis, plus teinte que morée,
Seulette suis, sans ami demeurée.
*
Seulette suis, sans amis demeurée.

7 (Modifié par floreale 03/07/2016 à 18:33)

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Extrait de Dans le leurre des mots ...

Ô poésie,

Je ne puis m'empêcher de te nommer

Par ton nom que l'on n'aime plus parmi ceux qui errent

Aujourd'hui dans les ruines de la parole.

Je prends le risque de m'adresser à toi, directement,

Comme dans l'éloquence des époques

Où l'on plaçait, la veille des jours de fête,

Au plus haut des colonnes des grandes salles,

Des guirlandes de feuilles et de fruits.


Je le fais, confiant que la mémoire,

Enseignant ses mots simples à ceux qui cherchent

À faire être le sens malgré l'énigme,

Leur fera déchiffrer, sur ses grandes pages,

Ton nom un et multiple, où brûleront

En silence, un feu clair,

Les sarments de leurs doutes et de leurs peurs.


Yves Bonnefoy

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fandixhuit a écrit :

Un hommage à Christine de Pisan, première femme de lettres française (même si elle est née en Italie) d'une part, à vivre de sa plume d'autre part. En son temps, c'est remarquable.

Sans oublier Marie de France, dont on connaît bien les lais et de nombreuses autres femmes troubadours. J'ai cité Christine car vivre de sa plume, donc être une "femme publique" me paraît fort courageux à cette époque.

9 (Modifié par Yvain 15/08/2016 à 16:51)

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Dans les jardins les grands lis se referment
une puis deux puis trois
pauvres fleurs tombées en pâmoison
dans une mer de brume et de sanglots
fleurs qui naissez des larmes
tendez votre corolle.

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Tu te coucheras sur la terre simple,
De qui tenais-tu qu'elle t'appartînt ?

Du ciel inchangé l'errante lumière
Recommencera l'éternel matin.

Tu croiras renaître aux heures profondes
Du feu renoncé, du feu mal éteint.

Mais l'ange viendra de ses mains de cendre
Etouffer l'ardeur qui n'a pas de fin.

Y.B.